L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

La chance d’avoir Henri Matisse pour voisin

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Depuis quelques jours j’ai un deuxième livre sur Matisse, mais de format beaucoup plus réduit que le premier.

Le premier, celui de Pierre Schneider, je l’avais reçu en cadeau, peu après sa parution. Le nouveau, c’est le petit livre de Peter Kropmanns que je découvre parce qu’il est exposé dans une vitrine de librairie à Issy-les-Moulineaux – de l’utilité toujours de ces vitrines quand elles sont bien composées : nulle part dans la presse papier ni sur le web je n’avais repéré sa parution et pourtant j’ouvre l’oeil. Présence logique dans cette ville puisqu’il s’agit de Matisse à Issy, l’atelier dans la verdure.

J’ai plusieurs raisons d’être sensible à ce joli petit livre. Les deux principales étant, la première que Matisse est le peintre dont j’ai le plus envie d’habiter les tableaux, en familiarité spontanée et évidente avec personnages, motifs, décors. Etre celle qui converse avec l’homme en pyjama, rêver ou lire dans un fauteuil près d’une table ronde avec pot de géraniums ou bocal de poissons rouges, tapis sous les pieds, rideaux épais. Je crois que cela remonte à ma première visite (classe de 2nde C4D 1970-1971 lycée Rabelais Meudon accompagnée de notre fantastique professeure de lettres alors Annie H.), au Musée national d’art moderne d’avant Beaubourg, donc au Palais de Tokyo, et à mon émerveillement devant sa Blouse roumaine immédiatement adoptée par ma garde-robe.

La deuxième, Matisse a été quasiment mon voisin de 1909 à 1917 et le livre de Peter Kropmanns est précisément consacré à ces années où le peintre habite et travaille à Issy-les-Moulineaux tout près de la gare de Clamart ; commodité d’accès qui justifie son choix. Quand Matisse prospecte, il écrit à Albert Marquet en avril 1909 après une première visite : J’ai déjà vu quelque chose de très bien à Clamart, ou plutôt à Issy-les-Moulineaux, à 10 minutes de la gare de Clamart. Compter encore à l’époque dix bonnes minutes de train pour Montparnasse (sept aujourd’hui).

Le livre de Peter Kropmanns relève de la tentative d’épuisement des neuf années pendant lesquelles le 42, route de Clamart, – aujourd’hui 92, avenue du Général de Gaulle – sera l’adresse principale de Matisse.

Sa maison – l’atelier a été démoli, le terrain attenant sur lequel Matisse le fait construire dès son arrivée a été vendu et construit de longue date – je la connais bien. Le bus 394 passe devant (dans les deux sens) et à vrai dire c’est du bus et de sa hauteur qu’on la voit le mieux, le regard passant alors au dessus du mur qui l’enclôt. Toujours heureuse d’y voir des fenêtres ouvertes ou de la lumière le soir en hiver. Je me suis longtemps désolée de son état d’abandon et puis, fort heureusement, depuis 2007 la villa réveillée abrite les archives Henri Matisse. Archives d’où proviennent les précieuses photos nous invitant chez le peintre, grand honneur qui nous est fait.

C’est d’abord la vie de banlieusard du peintre que raconte Matisse à Issy, l’atelier dans la verdure, vie de famille et vie d’artiste, en même temps que sont évoquées les oeuvres nées de ce qu’il a sous les yeux, intérieurs de la maison ou de l’atelier, fenêtres sur jardin, jardin, et de ses promenades dans les environs, à Clamart, à l’étang de Trivaux, à Villacoublay ou à Malabry. Mais les voyages, l’Espagne, la Russie, le Maroc, et les villégiatures, Nice ou Collioure, qui entrecoupent le séjour et les toiles qui en portent souvenir sont là aussi.

Récit simple et attentif aux moindres détails domestiques de la vie isséenne du peintre avec son épouse Amélie, et les enfants Marguerite, Jean et Pierre, sans oublier les chiens et les poissons rouges.

C’est le train que l’on prend gare de Clamart pour aller à Paris et que l’on fait prendre aux visiteurs et acheteurs. Passent par là Pierre Bonnard, Alice et André Derain, Josette et Juan Gris, Albert Gleizes, mais aussi Serge de Diaghilev, Diego Rivera, Gertrude Stein, Pablo Picasso, entre autres.

C’est la composition du jardin, les belles heures qu’on y passe en été, mais l’isolement qu’on ressent à Issy en hiver malgré le confort de la maison – salle de bains avec baignoire, radiateurs dans chaque pièce, ligne téléphonique – quand les visiteurs se font plus rares. Le mal de Paris qui prend parfois l’artiste et la location d’un appartement 19 quai Saint-Michel pour y remédier quand il saisit trop fort.

Lecture émouvante, lecture de proximité : Matisse et moi fréquentons la même gare

Filed under coin lecture

SEBASTIEN homme BOTTIN

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Certes en ce 15 juin 2011 SEBASTIEN BOTTIN exproprié de sa rue parisienne comme un malpropre est à plaindre et nous le plaignons mais ayons aussi une petite pensée pour tous ceux que son nom célèbre cachait, le suivant à la lettre mais moins connus sortis de leur quartier, et que le déboulonnage de la plaque SEBASTIEN BOTTIN met sens dessus dessous.

Je pense en particulier à BENOIT BASSETTIN, TINO SABBET-NIEST, ANTOINE BISBETTS, TONI BEN BASSETTI, BOB SAINT-TINSENT, SOSTENE BATTIBIN, BENITO SANTIBEST, TOBIE SAINT-BENTS, BASTIEN BOSTINET, TINTIN BASTE-BESO, ANTON BISSEBETTI, STAN BENOIT-BISET et à l’ABBE SISTONNETTI.

Nous ne les oublierons pas non plus.

D’autres hommages à SEBASTIEN BOTTIN à lire sur le blog Sébastien Bottin, homme d’annuaire.

Filed under à chaud

Ile Saint-Louis emballage urbain

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Pointe Sud, ces temps-ci, l’île Saint-Louis ne se ressemble plus tout à fait

l’hôtel Lambert est emballé pour travaux

palissades bois, bâches et grue

rue Saint-Louis-en-l’Ile, perspective écorchée

pensée pour celle qui la chante.

Je photographie l’ïle Saint-Louis samedi matin 4 juin, en allant écouter Pierre Bergounioux à la bibliothèque de l’Arsenal. Je suis en avance, le café le plus proche sur lequel je comptais est fermé. La coiffeuse voisine qui ouvre son salon, il est 9 heures, auprès de qui je m’en étonne me dit qu’il ouvrira mais plus tard dans la matinée (et de fait j’y déjeunerai après le séminaire en excellente compagnie). Je retraverse un bras de Seine en quête d’un café ouvert sur l’île quasi déserte ; glacier fermé, pas encore de touristes. Troquet ouvert angle rues Saint-Louis-en-l’Ile et des Deux-Ponts, clientèle de quartier, des habitués, toilettes à la turque auxquelles on ne s’attend plus.

De ce qu’il s’est dit au séminaire Imaginaire des bibliothèques dont c’était la dernière séance avec Pierre Bergounioux pour invité, compte rendu à lire sur le blog Sédiments d’@elizaleg qui en était comme moi auditrice.

Invité : Matthieu Duperrex, 26 rue du Départ

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Dans le cadre des échanges de lieux d’écriture entre blogueurs, dits vases communicants, du premier vendredi du mois, L’employée aux écritures est heureuse d’accueillir Matthieu Duperrex, fondateur et animateur régulier, avec Claire Dutrait, du site Urbain, trop urbain, à qui rien de ce qui respire dans la ville n’échappe. Il me rend la pareille et nous avons convenu d’un thème commun pour nos billets échangés : Montparnasse. Donc à lire ci-dessous son 26 rue du Départ et chez lui ma Petite typologie illustrée des butoirs montparnassiens. Merci à lui.

26 rue du Départ

Le 26 rue du Départ, un petit immeuble précaire, pour un Mondrian qui s’y installe en 1921, l’année de son traité sur Le néoplasticisme. L’appartement du 26 entre vite dans la légende de l’angle droit, l’éphémère éternel à contourner, dont il est l’hymne pictural et la réalisation plastique et spirituelle. Michel Seuphor : « C’était une assez grande pièce, très claire et très haute de plafond, que Mondrian avait irrégulièrement divisée, utilisant à cette fin une grande armoire peinte en noir, elle-même partiellement masquée par un chevalet hors d’usage couvert de grands cartons rouges, gris et blancs. Un autre chevalet était placé contre le grand mur du fond, lequel changeait souvent d’aspect, Mondrian exerçant sur lui sa virtuosité néoplastique.

Rue du départ, j’enquête sur un hypothétique numéro 26 qui a disparu. Invariablement, mon chemin rebroussé après m’être trop avancé dans la triste promenade couverte des Galeries Lafayette, rue du Départ, et je me plante là, devant la pierre tombale de deux-cent-dix mètres. Je ne croise pas Mondrian en imper, au 26 rue du Départ inexistant, comme tu as pu croiser Pessoa. En face, l’Artisan-Boulanger-Pâtisserie, l’air un peu logé dans un « autrefois », lui seul. Les autres bâtiments reluisent d’un « demain » des années soixante. Le dur carambolage accidenté de volumes embrassés d’escaliers sales aux rambardes graisseuses que c’est devenu, le beau projet de la nouvelle gare, des hôtels, des commerces, des logements et des bureaux, et puis de l’esplanade au-dessus du centre commercial avec la Tour. Je souris. Je sais que l’Ordre des Architectes y a installé désormais ses bureaux, sans doute dans un état d’esprit voisin de Maupassant allant déjeuner au restaurant de la tour Eiffel : « Eh ! Quoi ! Il n’y a qu’ici que je ne la vois pas ! ».

Paris futuriste, Paris de l’urbanisme souterrain et de la construction sur dalle, à la Défense et à Maine Montparnasse, qui s’est étalé là, comme pour mourir en gare, avec un front bâti irrégulier, un feuilleté précaire de géométries raides qu’au débouché de la rue de Rennes j’approche encore, frissonnant au vent, comme d’un rempart bleu de béton. Je me cogne d’ailleurs dans des angles droits pour tourner fictivement autour du vieil immeuble cerné de boîtes de jazz. Je tourne derviche, cercle Dada en roue carrée, homme pythagoricien, surréaliste écorné, cubiste en débord, suprématiste baroque, architecte athénien, thuriféraire de l’Esprit nouveau, constructiviste en orbite, là, sur le plan des rues de Paris, à Montparnasse monde, où il y a Arrivées/Départs et rues qui vont avec.

Derrière le grillage des travaux Boogie-Woogie, il y a le grid de New York où il s’envolera, depuis le 26 rue du Départ, son Home éternel, qu’il voulait étendre — élastique et plastique — à la Rue puis à la Cité. Le Corbusier y donnait rendez-vous, au 26 rue du Départ, qu’il avait baptisé « Poème de l’angle droit ». Dix ans après la mort de Mondrian, l’atelier devient élégie, l’architecte publie le Poème de l’angle droit :

« On a

avec un charbon

tracé l’angle droit

le signe

Il est la réponse et le guide

le fait

une réponse

un choix

Il est simple et nu

mais saisissable

Les savants discuteront

de la relativité de sa rigueur

Mais la conscience

en a fait un signe

Il est la réponse et le guide

le fait

ma réponse

mon choix. »

Le Poème sort au moment où les politiques se prennent à rêver d’un nouveau Maine Montparnasse, tout d’angles droits. Ce sera la fin du 26, rue du Départ, son dernier souffle abstrait et géométrique, qui est aujourd’hui une grande tour ancienne de cinquante-neuf étages, 10.340 € le prix moyen du mètre carré, angle droit dévalué.

Filed under Les invités

Poubelle girl ou l’ingratitude

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C’était ce mardi soir. Je marchais de la Porte de Versailles à Corentin Celton parce que sortant du Palais des Sports (où j’avais écouté chanter Bernard Lavilliers pour qui j’ai depuis toujours un petit faible), j’avais vu sur mon téléphone que le bus, qui de Corentin Celton me ramènerait chez moi, ne passerait que dans 18 minutes. J’avais donc tout le temps de faire à pied la distance séparant les deux stations de métro. C’est presque arrivée à destination que je suis tombée sur ce morceau choisi déchu de sa vitrine et déclassé au rang d’ordure ménagère.

Photo copyright Martine Sonnet

Montparnasse monde du jour au lendemain

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Si vous n’écoutiez  pas la radio à 23h30 hier soir, grâce à nos moyens modernes de communication qui m’émerveillent tous les jours, vous pouvez néanmoins écouter l’émission d’Alain Veinstein consacrée à Montparnasse monde ou l’engranger pour quand vous aurez le temps, c’est à dire 34 minutes. J’étais dans mes petits souliers (donc pas ceux avec lesquels j’explore le monde) lors de l’enregistrement et les premières minutes ça s’entend  ; mais je prends un peu plus mes aises quand on entre dans le vif du sujet. Et pour tout vous dire c’était particulièrement important pour moi d’être invitée une deuxième fois à cette émission pour un livre aussi différent du premier, d’où cette sensible tension initiale.

Filed under Montparnasse monde

Obsolescence des caractères

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Frappée ces temps derniers, à quelques jours d’intervalle et en différents lieux (oui, c’était dans des gares), par des inscriptions de service, comme on dirait d’une note, dont la typographie m’en rappelle une autre. Et si la teneur du premier message dépasse mon entendement, ce n’est pas trop grave puisque celui-ci ne m’est pas adressé et  prend sens, du moins je l’espère, pour  ses destinataires.

Les lettres ont été  – assez grossièrement pour ne pas être alignées – tracées à l’aide d’un instrument d’écriture que j’assimilerais, toutes proportions gardées, au normographe avec lequel nous nous acharnions à calligraphier certaines pages de titre de cahiers, de matières plutôt scientifiques, au temps du collège ou du lycée. Dans cette règle large de plastique jaune orangé, l’alphabet, capitales et minuscules, les chiffres et quelques signes de ponctuation étaient prédécoupés : à charge pour nous d’encrer les échancrures pour dessiner les caractères attendus. Il me semble que normographe, porte-plume et encre de chine en petits flacons oblongs allaient ensemble. Toute la difficulté consistait à soulever le normographe, une fois la lettre tracée, et à le replacer en  bonne position pour écrire la suite du mot, sans provoquer de bavure… Avoir la patience nécessaire à la propreté de l’écriture.

Un souci dont ne s’est pas embarrassé l’auteur du dernier message, dont c’est moins l’obsolescence que l’indécision caractérielle qui est remarquable : lettres d’imprimerie (romain ou léger italique) et écriture cursive se mêlent  en joyeux désordre pour annoncer que le train ne partira pas. Lointain écho à de bien plus sévères mises en gardes à propos de PARTIE DE TRAIN RESTANT EN GARE.

Il n’est pas dit si le CHEF DE SERVICE, lui-même décalé par la pause cigarette du scribe entre le I et le C  de sa pancarte personnelle, a apprécié cette liberté de ton.

Une des inscriptions à l’ancienne prétextes à ce billet a été photographiée dans le Montparnasse monde : j’en profite pour rappeler la diffusion, sur France Culture mercredi 18 mai à 23h30 de l‘émission Du jour au lendemain d’Alain Veinstein consacrée au livre ainsi que la rencontre samedi 21 à 16 heures organisée à la médiathèque Buanderie de Clamart.

Filed under variétés

“Un concert baroque de soupapes”, Pierre Bergounioux sculpteur

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Grand bonheur le week-end dernier à Dax où je participais aux Rencontres à lire organisées par Serge Airoldi de pouvoir faire l’acquisition d’une précieuse plaquette “La deuxième fois”, Pierre Bergounioux sculpteur, texte de Jean-Paul Michel et photographies de Baptiste Belcour, publiée aux éditions William Blake & Co. il y a longtemps – le prix est encore en francs.

Jean-Paul Michel, à la table Willian Blake & Co., me convertit les 58 francs en 8 euros et me précise que la plaquette était parue à l’occasion de la deuxième exposition de l’écrivain “en soudeur” – là je m’autorise la formule dont Bergounioux en personne usait récemment lors de sa discussion avec Charles Juliet et Dominique Viart au Petit Palais (à écouter absolument en cliquant sur le lien : c’était magnifique).

Ce ne sont donc pas des oeuvres récentes qui y sont reproduites, mais aucune importance, ce qui comptait pour moi c’était d’en découvrir, enfin, quelques unes de plus*. Je ne connaissais guère que le Kafka de François Bon – révélé un jour d’inventaire de table de travail – et celles reproduites (en petit format) dans les marges de Pierre Bergounioux, l’héritage : rencontre avec Gabriel Bergounioux, livre d’entretiens de Messieurs Bergounioux frères paru chez Argol.

Aussi, pour ne pas égoïstement satisfaire ma curiosité que je sais partagée par d’autres lecteurs des oeuvres de papier, je  me permets de dévoiler ces quelques fortes figures toutes de tirefonds, riblons, pièces de brabants et de herses, chaînes d’attache, redondes de jougs, fers de boeufs à deux onglons, pentures de granges, coins et merlins détaille Jean-Paul Michel dans son beau texte de compagnonnage.

Et j’ouvre le Carnet de notes, le tome 2, 1991-2000 (parce que l’exposition et la publication sont de 1997), à la recherche de vacances en Corrèze, sûre que la sculpture occupera une large part de l’emploi du temps de l’homme de Gif-sur-Yvette dans sa villégiature. Je trouve sans peine. Ce sont des vacances scolaires de printemps, lundi 31 mars 1997 :

Debout à cinq heures. Courses à Meymac. L’âpre vent du nord-est est tombé. C’est une belle et tiède journée. A l’atelier à neuf heures. Je soude une chaîne d’attache torsadée en “dragon”, des personnages rectangulaires avec des chutes de chaudronnerie, dont une maternité avec un émerillon accroché au col en guise de nourrisson, des spirales de limes tiers-point, une copie d’antilope bambara dont le cou est fait d’un quadrant de charrue cranté, un concert baroque de soupapes. A quatre heures, je m’arrêterai pour éviter, comme hier, d’atteindre l’épuisement.

Nous redescendrons à Brive, avec Mam, demain matin. (page 826).

Au risque de me répéter : j’attends avec impatience de pouvoir lire la suite du Carnet de notes. Je me suis inquiétée de la date de parution du tome 3 lors du dernier Salon du livre, au stand Verdier : il est annoncé pour le début 2012, ce qui nous changera fort heureusement les idées d’une actualité lourdement électorale.

Ajout du 18 janvier 2012 : le Carnet de notes 2001-2010 est paru, c’est ma lecture en cours, je l’évoque ici.

* Les expositions sont rares mais j’en trouve néanmoins trace à Eguzon en 2006 et à Romorantin-Lanthenay en 2008.

Ajout du 15 mai : exposition Pierre Bergounioux, sculptures/Jean-Pierre Bréchet, peintures, à Nantes, aux Ateliers et chantiers de Nantes, du 9 mai au 14 juin 2011. On accède à la plaquette (illustrée) de présentation par le site de l’Université permanente de Nantes.

PS : si vous cherchez d’autres articles sur ce blog à propos de Pierre Bergounioux, ses ferrailles et ses écrits, voyez par ici :

Art de la jonquille chez Pierre Bergounioux : mise à jour 2016-2020

Un printemps bergounien malgré tout

Ouvrir l’année à Gif-sur-Yvette avec Pierre Bergounioux

Une jonquille par temps de chrysanthèmes (offerte par Pierre Bergounioux)

Tristesse des mois en -bre (selon Pierre Bergounioux)

Compression d’étés bergouniens

Lui et nous : à propos du Carnet de notes 2011-2015 de Pierre Bergounioux

Jonquilles primeures à Gif-Sur-Yvette : suite des Carnets de Pierre Bergounioux

Enfin visibles à Paris : des ferrailles de Pierre Bergounioux

Mots de la fin (provisoire) du Carnet de notes 2001-2010 de Pierre Bergounioux

Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2001-2010, lecture in progress

Lecture en cours : Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2001-2010

Dans Les moments littéraires, Bergounioux

Histoire, littérature, sciences sociales – et Bergounioux

D’une page 48 de Bergounioux, et tout son monde est là

Couleurs Bergounioux (au couteau)

Filed under variétés

Injonction signalétique contradictoire

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Etonnant comme ce panneau apposé là pour dissuader d’avancer plus loin

produit  précisément l’effet inverse

donne grande envie de suivre sa flèche

d’y aller voir de plus près

dans le petit bois.

Rêveuse au bord du terrain

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Je sais très bien, maintenant, pourquoi ce rêve, cette nuit, qui m’a tellement étonnée au réveil, du bord du terrain de hand ball où je me trouvais attendant qu’une des deux équipes disputant le match (toutes les deux maillots très sombres à peine distincts)  fasse appel à moi comme remplaçante. Mon tour viendrait et là était bien la source d’angoisse teintant le rêve d’une ombre cauchemardesque. Je suis en effet la dernière personne à qui faire appel dans un sport collectif avec ballon. Même à dimension ludique, comme une simple partie de balle au prisonnier dans une cour d’école ou de volley ball sur une plage. A supposer que je rajeunisse et/ou que je m’expose au soleil sur une plage et à la compagnie de joueurs potentiels situations aussi improbables l’une que l’autre sorties de  ma vie onirique.

Le ballon du rêve, c’était celui (mis à part sa matière évidemment) qui avait circulé de main à main dans mon wagon d’Intercités Flers-Paris hier au soir. Wagon inconfortable : ces engins nous secouent par moment à tel point qu’il est même simplement impossible d’y écrire sur un clavier, et complet – et d’autant plus inconfortable que complet, car n’offrant aucun repli.

A côté de moi entre L’Aigle et Dreux, sur les genoux de son père au bel accent portugais,  une petite fille de 3 ou 4 ans avec ballon cadeau de quelque enseigne ou de pochette surprise, dont j’aurais été prête à parier qu’il éclaterait avant la fin du voyage, ce qui n’a miraculeusement pas été le cas.  Quelques rangs devant nous, en face, une mère et un bébé encore au sein, pleurant souvent, que ma petite voisine allait régulièrement observer. Elle voulait absolument lui donner son ballon pour calmer ses pleurs et plusieurs fois l’a donné, puis repris, puis redonné, puis repris. Le bébé bien incapable de le tenir en main lui-même, et le ballon encombrant sa mère. Mais personne, d’un côté ni de l’autre, n’expliquant à la fillette que le ballon ne convenait pas à un si jeune enfant, ce qui aurait peut-être calmé le jeu (un peu fastidieux pour le voisinage).

Voilà une partie du pourquoi, après ce voyage fatigant, je me suis rêvée cette nuit joueuse de hand ball remplaçante. Il faudrait sans doute creuser par ailleurs la question du bord du terrain, comme celle de l’état de  joueuse remplaçante, mais cela nous entraînerait trop loin.

Sur ma tablette, j’avais déposé, comme désormais pour tout voyage au départ ou à l’arrivée de Paris Montparnasse ou de son malheureux avatar Paris Vaugirard, un exemplaire de Montparnasse monde bien en évidence, avec toujours l’espoir qu’un jour une contrôleuse ou un contrôleur un peu curieux… espoir jusqu’à présent déçu.

Mais ce qui a été particulièrement appréciable pendant ces trois jours de campagne, c’est que les haies d’aubépines étaient en fleurs, moment propice chaque année à la plus heureuse complicité paysagère avec le cher pays du nom de Combray.

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