L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

RSS Feed

"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Mots de la fin (provisoire) du Carnet de notes 2001-2010 de Pierre Bergounioux

Comments Off
Posted by ms on 28 janvier 2012 at 20:27

Et comment tout cela se termine ? A mon tour d’extraire mes lectures…

Ve 31.12.2010

Levé à six heures et quart. Oppression, anxiété. Je suis glacé, sens la vie qui s’amenuise, en moi. Cathy est montée à l’institut. M’adosse au convecteur, m’efforce de lire. C’est vers dix heures que le malaise s’estompera. Il m’en restera, jusqu’au soir, une gêne, sous l’omoplate gauche. Je termine Robbins*. Il prophétise la ruine du collectivisme, faute d’un système de prix qui indique le point de rendement maximal des ressources disponibles, auquel doit tendre une économie rationnelle.

Mitch appelle en matinée. Son état s’est amélioré. Il a pu reprendre une partie de ses activités. L’après-midi je passe à Goody** – Le vol de l’histoire, dont j’avais lu la moitié. Mais le malaise de la matinée m’a amoindri. Le ciel bas, la froide grisaille  font écho à la désolation de l’âge qui est désormais le mien.

* Il s’agit de Lionel Robbins, L’économie planifiée et l’ordre international, paru en 1938, dont Pierre Bergounioux a entamé la lecture deux jours plus tôt.

** Jack Goody est l’un des auteurs de prédilection de Pierre Bergounioux au cours de ces années 2001-2010.

Echos d’une lecture encore en cours de ce tome 3 du Carnet de notes, celle de Florence Trocmé en son Flotoir. Et celui, illustré qui plus est, de Philippe Didion en ces Notules dominicales ; c’est sur abonnement ou en compilation chez publie.net et vivement conseillé. Et beaucoup d’autres éparpillés sur twitter…

Et puisque j’ajoute des choses (dont un “u” qui manquait, merci PCH) ce dimanche matin à ce billet d’hier, encore ceci : c’est tout de même rude de songer qu’il nous faudra attendre janvier 2022 pour savoir à quelle heure Pierre Bergounioux s’est levé le 1er janvier 2011. Le suspense continue, au moins tant qu’il ne dactylographiera pas directement ses notes sur blog ! Et comme on aimerait d’ici là que s’ajoute à la version papier une version numérique permettant la recherche plein texte…

Enfin, comme de nombreux internautes arrivent ici en cherchant les lieux et dates des rencontres avec Pierre Bergounioux autour des Carnets de notes, je précise qu’on les repère sur l’agenda Verdier.

Une belle vitrine sur le boulevard du Montparnasse à Paris

PS : si vous cherchez sur ce blog d’autres articles consacrés à Pierre Bergounioux, voyez par ici :

Lui et nous : à propos du Carnet de notes 2011-2015 de Pierre Bergounioux

Jonquilles primeures à Gif-Sur-Yvette : suite des Carnets de Pierre Bergounioux

“Vies métalliques”, rencontres avec Pierre Bergounioux

Enfin visibles à Paris : des ferrailles de Pierre Bergounioux

Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2001-2010, lecture in progress

Lecture en cours : Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2001-2010

“Un concert baroque de soupapes”, Pierre Bergounioux sculpteur

Dans Les moments littéraires, Bergounioux

Histoire, littérature, sciences sociales – et Bergounioux

D’une page 48 de Bergounioux, et tout son monde est là

Couleurs Bergounioux (au couteau)

Filed under coin lecture
Both comments and pings are currently closed.

2 Comments

  • On 3 février 2012 at 18:26 Daniel Curtit said

    Beaucoup de mal à me détacher de la lecture de ce troisième tome des carnets de Bergounioux ; à se demander si je ne perds pas mon temps, comme le dit P.B. de ceux qui vont acheter le pain aux heures d’affluence et se retrouvent dans une longue file d’attente. Toutes mes autres lectures sont en attente, ainsi que mes corrections de collège (car je ne dispose pas de ce métabolisme incroyable, qui fait lire, dans un bout de matinée, un ouvrage complet, écrire un article, traiter le courrier, venir à bout d’une liasse de copies… se détendre enfin avec une lessive). J’aime les petites oeuvres bien ciselées, silex poli aux édition Fata Morgana ; et puis le journal qui offre la carrière jonchée de tous les déchets de taille. La critique que je lis dans cet autre blog, “Le clavier cannibale
    “), n’accorde aucune espèce d’importance à toute cette énumération de détails. Mais le détail ne signifie peut-être pas le déchet. Trouver quelques réponses dans l’entretien que Jean Baudrillard consacre au thème du fragment (“D’un fragment l’autre”), d’où l’importance par exemple de la photographie (fatalité de la série, acte potentiellement infini, et la collection d’images de P.B….). Oeuvre par accumulation (le journal), ou par épurement (Simples…, Un peu de bleu…, Empreinte, Le chevron… )…
    Et puis encore ces linéaments, qui me font découvrir avec grand plaisir le blog de Martine Sonnet, des intérêts qui sont aussi les miens : la famille ouvrière, la culture populaire, l’ascension sociale de certains de ses enfants (qui pourrait quand faire mentir Bourdieu, qui a raison me semble-t-il pour la période postérieure à la publication de “La Reproduction”, et peut-être moins pour celle où s’appuie son enquête ?)”L’école : mission accomplie”, encore un livre étonnant, qui me passionne encore sans emporter l’adhésion… Pensée férue de temps long, qui accorde son crédit à la sociologie, et beaucoup moins à l’histoire. Le journal, histoire en miettes, qui nous laissera toujours affamé…D. C.

  • On 3 février 2012 at 19:13 ms said

    Merci pour cet écho de votre propre lecture. Il y en a de plus en plus ces jours-ci sur les blogs, par exemple chez Norwich

Rubriques du blog

Recherche

Archives du blog depuis avril 2008

Sur Twitter

tous textes et photos copyright Martine Sonnet, sauf mention spéciale