L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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Obsolescence des caractères

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Posted by ms on 15 mai 2011 at 4:07

Frappée ces temps derniers, à quelques jours d’intervalle et en différents lieux (oui, c’était dans des gares), par des inscriptions de service, comme on dirait d’une note, dont la typographie m’en rappelle une autre. Et si la teneur du premier message dépasse mon entendement, ce n’est pas trop grave puisque celui-ci ne m’est pas adressé et  prend sens, du moins je l’espère, pour  ses destinataires.

Les lettres ont été  – assez grossièrement pour ne pas être alignées – tracées à l’aide d’un instrument d’écriture que j’assimilerais, toutes proportions gardées, au normographe avec lequel nous nous acharnions à calligraphier certaines pages de titre de cahiers, de matières plutôt scientifiques, au temps du collège ou du lycée. Dans cette règle large de plastique jaune orangé, l’alphabet, capitales et minuscules, les chiffres et quelques signes de ponctuation étaient prédécoupés : à charge pour nous d’encrer les échancrures pour dessiner les caractères attendus. Il me semble que normographe, porte-plume et encre de chine en petits flacons oblongs allaient ensemble. Toute la difficulté consistait à soulever le normographe, une fois la lettre tracée, et à le replacer en  bonne position pour écrire la suite du mot, sans provoquer de bavure… Avoir la patience nécessaire à la propreté de l’écriture.

Un souci dont ne s’est pas embarrassé l’auteur du dernier message, dont c’est moins l’obsolescence que l’indécision caractérielle qui est remarquable : lettres d’imprimerie (romain ou léger italique) et écriture cursive se mêlent  en joyeux désordre pour annoncer que le train ne partira pas. Lointain écho à de bien plus sévères mises en gardes à propos de PARTIE DE TRAIN RESTANT EN GARE.

Il n’est pas dit si le CHEF DE SERVICE, lui-même décalé par la pause cigarette du scribe entre le I et le C  de sa pancarte personnelle, a apprécié cette liberté de ton.

Une des inscriptions à l’ancienne prétextes à ce billet a été photographiée dans le Montparnasse monde : j’en profite pour rappeler la diffusion, sur France Culture mercredi 18 mai à 23h30 de l‘émission Du jour au lendemain d’Alain Veinstein consacrée au livre ainsi que la rencontre samedi 21 à 16 heures organisée à la médiathèque Buanderie de Clamart.

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4 Comments

  • On 16 mai 2011 at 7:28 PhA said

    Et maintenant je me souviens que je n’ai jamais eu de normographe en propre et que j’enviais un peu ceux qui en possédaient.

  • On 16 mai 2011 at 14:16 PdB said

    et moi je me souviens aussi que j’enviais ceux qui en avaient – un moment, puis voici les bavures,et je me disais que finalement, ce n’était pas si bien que ça… (mais il y a quand même différence entre les deux premières-pochoirdées- et la dernière photo-manuscrite semble-t-il (il existe d’ailleurs une profession spécialisée, peintre en lettres je crois, qui vous irait comme un gant Employée aux Ecritures…)

  • On 16 mai 2011 at 18:30 ms said

    @PhA et @PdB : pas de regrets à avoir, vraiment trop de bavures…

  • On 19 mai 2011 at 0:10 jérôme W said

    A ceux qui voudront utiliser un normographe pour éviter toutes bavures d’encre, mettre des morceaux de scotch replié. Cela apporte un vide entre la feuille et l’ustensile.
    Tout cela été appris avec mon père, dessinateur industriel, qui me laissait le plaisir d’ouvrir la boite aux nombreux rotring, encre, mine longue de toutes les couleurs, perroquets… Et plus tard cette boite m’a été confié lors de mon entrée au lycée de dessin où j’appris à dessiner ces belles cursives. Tout un travail qui aujourd’hui a un peu disparu.

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