L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Archives for Montparnasse monde

Boîtes à lettres mortes

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Que je n’aime pas ces outrages, ces fins de non recevoir opposées, à grand renfort de scotch maison, à nos belles lettres ! Moi toujours à attendre le passage du facteur et déçue à chaque fois que j’ouvre une boîte vide, moi maniaque du courrier sous toutes ses formes et à titre personnel comme à celui d’historienne faisant souvent son miel d’échanges épistolaires de longue date décachetés. Je souffre avec ces deux boîtes, becs cloués, de la grande Poste du boulevard du Montparnasse que la mainmise d’un promoteur sur le bel édifice commandé à l’architecte Michel Roux-Spitz à la fin des années 1940 par  l’administration du TELEGRAPHE POSTE TELEPHONE, pour y loger sa direction parisienne, a condamné à leurs dernière levée. La cachet de la Poste n’est plus ce qu’il était.

PS  : ce mercredi un complément historique illustré de ce billet nous est gracieusement offert par Pendant le week-end.

juin 12, 2017

Signalétique du ras des pâquerettes

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Interloquée, à la mi-journée, comme je traversais le Montparnasse monde pour rejoindre Benoît Melançon, L’oreille tendue aux aguets de la vie parisienne ces jours-ci, par cette injonction à nous autres marcheurs assez inhabituelle.

Le texte et son mode impératif, pour commencer, quand le non verbal et impersonnel “Piétons traversée obligatoire” nous est malheureusement si familier. Pour ne rien dire de la notion d’ “en face”, toute relative et ne faisant pas le poids par les grands vents d’automne

Ensuite, le manque manifeste d’élévation de la mise en garde : approchez tête en l’air et vous vous prendrez les pieds dedans. Ce contre quoi est néanmoins censé vous prémunir le cône fluo avertisseur de danger, porte-pancarte de (mauvaise) fortune. D’une pierre deux coups, certes, mais il n’empêche : la voirie est tombée bien bas.

nov 21, 2016

Montparnasse monde : persistance et aggiornamento

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Soit ce que je j’écrivais ici-même le 18 avril 2009 de ce magasin, quand Montparnasse monde était le feuilleton du samedi de ce blog  :

Extension de la gare : à Inno, appellation qui proviendrait de l’abréviation d’une enseigne antérieure, “Innovation”, mais c’est sans importance et d’ailleurs depuis les travaux de l’été 2007 ils ont rebaptisé « Monoprix » ce supermarché de la rue du Départ. Manoeuvres fréquentes dans l’univers de la grande distribution. Ne plus dire aux miens que je fais les « courses à Inno en rentrant », le temps qu’il me faudra. Et penser à me faire établir la carte Monoprix pour répondre enfin « oui » au passage en caisse : à chaque client ils demandent et moi, tête baissée fourrageant dans mes sacs, un « non » contrit. Inno traversé aussi en ligne droite, sans céder à la séduction des gondoles, comme raccourci propre à gagner au plus vite la place Edgar Quinet depuis la rue de l’Arrivée et vice versa. Plaisir gratuit renouvelable à l’infini de passer la porte au tambour tournant sans altérer d’un bémol le rythme de ma marche. Aux comptoirs longés, bouffées successives et rapprochées de  soupe asiatique qui réchauffe, de viennoiseries qui cuisent et de café qu’on moud. Racourci pratiquable du lundi au vendredi de 9 h à 21 h 50,  20 h 50 le samedi.

Soit cette image saisie hier comme j’y faisais mes courses de vendredi soir,

occasion de constater (comme je l’ai signalé immédiatement sur twitter) que je n’étais pas la seule à me souvenir de ces temps anciens. Relisant sept ans après l’épisode de mon vieux feuilleton consacré au magasin, un certain nombre de mises à jour m’apparaissent indispensables :

1) Je ne dis plus jamais que je fais des “courses à Inno en rentrant” puisque depuis près de trois ans que j’habite Paris intra muros et plus précisément les confins du Montparnasse monde, j’y vais exprès et non plus en passant sur mon chemin de retour quotidien en banlieue. Quand je saisis mon cabas toilé réutilisable (aux armes d’un Proxi normand) il me suffit de dire que “je vais faire des courses à Inno”point.

2) Je réponds désormais oui quand on me demande en caisse si j’ai la carte Monoprix, puisque mon intention exprimée en 2009 s’est depuis traduite dans les faits.

3) J’accède dorénavant au magasin le plus souvent côté Edgar Quinet, entrée dépourvue de porte à tambour. De même lorsqu’il m’arrive de l’utiliser encore comme raccourci pour gagner la gare.

4) La bonne odeur de café a disparu avec la fermeture récente de l’espace Malongo que je regrette infiniment ainsi que son personnel sympathique. Une enseigne de café américain, que je boycotte systématiquement, devrait prendre la place m’a-t-on dit à l’accueil quand je me suis inquiétée de la disparition du café Malongo.

5) Attention, les horaires d’ouverture que j’indiquais ne sont plus valables. Le magasin ferme désormais à 21h du lundi au samedi.

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avr 16, 2016

Brexit, valises et stéréotypes (ou Brexit au Montparnasse monde)

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Comme je suivais ce couple, hier à la mi-journée marchant sur le trottoir des numéros impairs du boulevard du Montparnasse, je songeais que, quoi qu’il advienne des discussions en cours, ces deux valises-là, Grande Bretagne et Petite Bretagne, au pas cadencé, avaient décidé se faire la malle.

Pour être honnête, je prenais aussi acte du fait que fusionnel dans le choix de ses bagages, ce couple n’en échappait pas pour autant aux stéréotypes de genre les plus éculés : Monsieur traînait la grande Bretagne et Madame le modèle réduit. Alors qu’ils auraient pu tout aussi bien répartir équitablement leur fardeau dans deux valises de volumes identiques égaux à la moitié de la somme des volumes d’une grande et d’une petite ; soit deux moyennes Bretagne sexuellement interchangeables.

fév 20, 2016

Montparnasse monde modernisé

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De cette gare, je ne suis plus l’usagère fervente que j’ai longtemps été – pendant les 57/60e de ma vie très précisément. Je n’ai plus l’usage routinier de l’Omnibus Sèvres Rive Gauche, au départ des voies 10 à 17, depuis que j’habite Paris intra muros ni l’usage, toujours aventureux à l’extrême, du Paris Granville, au départ des voies 25 à 28 c’est à dire en gare Montparnasse Vaugirard, depuis que j’ai vendu ma maison à la campagne. C’est pourquoi quand il m’arrive désormais de traverser la gare, même si je n’en tiens plus chronique, je demeure attentive à ses évolutions, si infimes soient-elles.

En ce qui concerne les panneaux porteurs de l’avertissement PARTIE DE TRAIN RESTANT EN GARE, de si mauvais augures aux banlieusards pressés de rentrer chez eux, j’en étais donc restée au modèle frustre, de type potence, sensible aux courants d’air.

J’ai dû me rendre à l’évidence ce matin que je n’étais pas à jour du tout, butant sur ce nouveau modèle, acier chromé, inoxydable et résistant au vent comme à la pluie, que je qualifierai de “type tablette” en référence à sa forme rectangulaire aux angles arrondis et à nos outils familiers. Voyez plutôt :

Un support plus avenant pour un message, hélas, toujours aussi désespérant.

Pour information, si vous arrivez là par hasard :  Montparnasse monde c’est une série sur ce blog depuis 2008 et aussi un livre discrètement paru en 2011.

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déc 17, 2015

Montparnasse monde aigu et grave

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Ceux de la gare ne ménagent ni leur peine ni leur imagination pour nous la faire aimer mieux. Ainsi cet escalier de passage obligé métamorphosé en clavier de piano. Il fallait y penser. Je n’ai rien contre seulement je ne sais rien jouer de mes dix doigts de pieds – des autres non plus, d’ailleurs, je ne connais pas la musique. Mais portant de longue date une attention soutenue à la variété, musicale ou non, des sols du Montparnasse monde, je ne pouvais passer sous silence cette initiative. Ce que j’aime le plus dans l’idée c’est la grande confiance accordée (mieux que le pseudo piano) à nous autres, usagers de la gare lestés de nos valises de grands voyageurs ou de nos soucis de banlieusards, mais néanmoins censés nous jouer, les sautillant en mesure, des touches noires comme des touches blanches. Et sans fausses notes s’il vous plaît. Quel optimisme et comme on nous surestime ! Glenn Gould se réveillerait-t-il d’entre les morts je crains que ce clavier-là ne soit jamais bien tempéré. Bien piétiné, en revanche il l’est, des graves aux aigus et des aigus aux graves.

(et si vous ne le savez pas :  Montparnasse monde c’est une série sur ce blog mais aussi un livre)

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mar 2, 2014

Montparnasse monde evanescent

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Certains jours, toutes ces histoires que je vous raconte à propos de Montparnasse,

je n’en vois pas le bout : leur dénouement reste nébuleux.

(Pour ne rien vous cacher, sauf le sommet, la photo n’est pas d’aujourd’hui, je la trouve en faisant un peu de ménage de début d’année)

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jan 11, 2014

Montparnasse monde plein de cailloux

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Il y en a de gros arrondis type galets à prétentions aussi démesurées que celles de certaine grenouille rêvant de faire un effet boeuf  : on s’assied dessus – au passage remarquez comme l’état du sol ne s’arrange pas depuis que je vous en parle.

Il y en a de maigres anguleux, sur lesquels je ne conseille pas de s’asseoir, fichés dans le pseudo terreau de ces végétaux dont en désespoir de cause ils ont repeint les bacs en rouge parce que plus personne ne les regardait (depuis le temps qu’ils sont là). Dans le nuancier de la gare ce rouge est un hapax.

Mais moi, les petits cailloux, dans le Montparnasse monde je n’en ai nul besoin : je connais mon chemin.

(Pour info, si vous arrivez là par hasard :  Montparnasse monde c’est une série sur ce blog mais aussi un livre)

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déc 14, 2013

Montparnasse monde controversé

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J’ouvre un livre de Jean Echenoz que je n’avais jamais lu, Un an, court roman paru aux Editions de Minuit en 1997, où d’entrée de jeu je lis (p.7-8) :

Gare Montparnasse, où trois notes grises composent un thermostat, il gèle encore plus fort qu’ailleurs : l’anthracite vernissé des quais, le béton fer brut des hauteurs et le métal perle des rapides pétrifient l’usager dans une ambiance de morgue. Comme surgis de tiroirs réfrigérés, une étiquette à l’orteil, ces convois glissent vers des tunnels qui vous tueront bientôt le tympan.

J’en conclus que Jean Echenoz et moi n’avons pas les mêmes goûts en matière de gare. Je ne lui en veux pas, je continuerai à le lire. Au moins sommes nous sensibles aux mêmes matériaux/couleurs de la gare. Moi j’avais écrit à leur propos :

Gare grise, mais de toute la gamme chromatique des gris. Unis le plus souvent, plus ou moins dégradés par l’usure générale, mais aussi granités des bordures de quais ou des marches des grands escaliers à l’ancienne du hall Maine – qui tremblent sous nos jambes par moment sans qu’on comprenne pourquoi, par quelle loi mécanique de déformation nécessaire à cette imbrication complexe d’escaliers et d’escalators suspendus dans un grand vide. Ailleurs, gris mats ciment, luisants béton, brillants métal ; sans oublier l’anthracite crasse toujours prête à rajouter sa couche ni le gris souris des souris qui traversent les traverses. Montparnasse monde gris répétitif (comme certaines musiques que je goûte assez). Nuancier de la gare dicté sans nuance par celui des matériaux qu’on ne s’est pas amusé à peindre.

(Pour mémoire ou si vous passez par là par hasard, Montparnasse monde c’est une série sur ce blog mais aussi un livre)

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nov 3, 2013

Montparnasse monde à la lavande

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Dans ce monde en perpétuel renouvellement – cherchez donc aujourd’hui dans la gare le Manhattan’Store dont je vous parlais il y a seulement deux mois – force m’a été hier de constater de haut (56e étage de la tour) que les carrés aux lavandes – rectangulaires je le concède – du jardin Atlamtique gardent année après année leur effarante désynchronisation.

Un problème dont je m’étais saisie ici même dès le 13 décembre 2008 (vous en souvenez-vous ?) et sur lequel j’avais à nouveau tenté d’alerté les autorités horticoles de la gare, du même point de vue, le 26 juin 2011. La question que je me pose aujourd’hui est celle du pourquoi un retournement de situation pareil : en 2013, contrairement à mes observations de 2008 et de 2011, c’est le carré rectangulaire de droite (quand on regarde vers la campagne) qui a une longueur de floraison d’avance.

Ce qui m’amène à cette conclusion, à défaut de toute explication rationnelle, que dans le Montparnasse monde même ce qui ne change pas change. CQFD à la lavande.

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juin 16, 2013

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