L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Archives for Montparnasse monde

Montparnasse monde à aiguiller

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A la gare du Montparnasse monde que l’on s’active à transformer en centre commercial

(je préfère ne pas y penser, je préfère ne plus y passer)

côté Départ

la ronde des heures nouvelle attend qu’on l’aiguille.

Pour mémoire : la série Montparnasse monde existe sur ce blog depuis septembre 2008, le livre Montparnasse monde depuis janvier 2011.

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nov 19, 2018

Petite typologie illustrée des butoirs : un additif

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Du temps où rien ne m’échappait du Montparnasse monde, fréquentation bi-quotidienne aidant, j’avais dressé une typologie des butoirs visant, en bout de chaque quai, à empêcher la répétition d’un accident photogénique en diable mais fatal pour Augustine Aguilard qui remplaçait ce jour là (22 octobre 1895)  son mari vendeur de journaux place de Rennes. Paix à son âme. Je n’y reviens pas (accident raconté page 81 dans le livre).

Ce qui me fait repenser aux butoirs dans toute l’étendue de leur gamme, c’est celui-ci, depuis peu en vitrine, avec tout un attirail ferroviaire miniature un peu en vrac (et même des cheminots couchés comme on dirait des gendarmes ralentisseurs) de la boutique d’antiquité/brocante du boulevard. Si je n’ai jamais repéré ce modèle à Montparnasse, je le trouve néanmoins des plus intéressant, couleur forme et matière, et surtout ses délicats petits ressorts garantissant une certaine douceur au contact d’arrêt. Respectueux égard pour la locomotive qui justifie à mes yeux que ce butoir fasse l’objet d’un additif délocalisé à ma typologie des butoirs montparnassiens. Et qui sait, d’ailleurs à quoi ressembleront les butoirs quand la rénovation de la gare sera achevée : étaient-ils inclus dans le cahier des charges ?)

PS : Une boutique d’antiquités/brocante décidément branchée transports air/fer/mer que j’ai déjà vu proposer à la vente des rangées de sièges de boeing, un grand plan ancien du métro parisien en provenance d’une station, cet engin de marine dont j’ignore le nom que je vous avais montré, et même une antédiluvienne petite cabine d’ascenseur en bois .

juin 13, 2018

Montparnasse monde mis à nu

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La gare nouvelle qu’ils nous fabriquent – puisque toujours ils nous disent “votre gare ceci” “votre gare cela” voulant nous faire oublier notre pauvre condition d’usagers non propriétaires – commence par la mise à nu de l’ancienne. Et c’est intéressant quand on s’est toujours posé la question de ce qu’elle pouvait bien avoir dans la peau, sous les écailles céramique dont ils la dépouillent aujourd’hui précautionneusement, travaillant avec filet, côté Mouchotte. Du béton : rien d’étonnnant, élémentaire même mon cher Watson, et j’aurais bien parié que le Montparnasse monde c’était béton et rien d’autre. Parié et perdu. Parce qu’il y a aussi de la brique, et ça c’est une bonne surprise. Je n’imaginais pas la gare s’édifiant, du moins en petite partie, brique après brique, cimentées à la truelle ; fil à plomb régulièrement sorti de la poche pour ne pas rejouer le mauvais tour de Pise. J’aime la brique, j’ai grandi dans la brique et il m’en reste quelque chose, aussi suis-je sensible à ce dessous découvert de la gare. Je ne dirai rien des parpaings conjoncturels jouxtant l’empilement des briques. Ceux-ci ne ressortissent pas – à mon avis – au bâtis originel mais se trouvent là à titre de bouche-trou nécessaire à ce stade des travaux pour interdire le chantier à la curiosité du public. Si tant est que le public, L’employée aux écritures mise à part, soit tenté d’y aller voir.

Pour mémoire : la série  Montparnasse monde existe sur ce blog depuis septembre 2008, le livre Montparnasse monde depuis janvier 2011.

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déc 16, 2017

Montparnasse monde rhabillé (juste un essayage)

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Moins concernée par cette gare qu’à l’époque où je travaillais dans un bureau de l’immeuble Nord-Pont situé au-dessus du hall Pasteur, habitais une ville desservie par l’omnibus Sèvres-Rive gauche et disposais d’une résidence secondaire (des plus modeste) accessible (malheureusement sans de quoi franchir les 30 derniers kilomètres) depuis une gare de la ligne Paris-Granville, je reste néanmoins sensible à tout ce qui se passe par là et donc à sa campagne de rénovation annoncée. Sensible et pour ainsi dire moralement tenue d’en rendre compte eu égard à mes antécédents familiaux, personnels et littéraires avec la gare du Montparnasse monde.  Je ne sais pas si les explications du projet de rénovation promises pour septembre sont disponibles à l’intérieur – je n’y suis pas rentrée depuis mon retour de vacances – mais j’ai compris ces jours derniers, allant faire quelques courses à Inno devenu Monoprix, que l’écorchage de façade qui m’avait intriguée avant l’été – pourquoi ces seuls bureaux, ceux-là précisément, côté départ – et fait espérer que leurs occupants avaient été prévenus avant de prendre leur pause estivale, avait valeur de test.

La surface dépecée est désormais revêtue d’un nouvel habillage, verre et matériau indéfinissable, destiné à nous faire oublier tous les carreaux de faïence noire qui n’étaient de longtemps plus remplacés quand ils se décollaient et c’était un crève-coeur. Si le petit plissé qu’ils leur substituent est plus seyant et tombe bien : je vous laisse juge.

Pour mémoire (et il en faudra) : la série  Montparnasse monde existe sur ce blog depuis septembre 2008.

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sept 13, 2017

Montparnasse monde Léger (Fernand)

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Il y aurait donc le Mont de Parnasse au Montparnasse monde ?  Je l’ai reçue comme un amical clin d’oeil, cette lithographie de Fernand Léger extraite d’une série “La ville” commandée au peintre en 1952 par l’éditeur Tériade, destinée à accompagner des textes de Blaise Cendrars. Mais la mort de Fernand Léger en 1955 coupe court à la réalisation de l’ouvrage et textes et gravures ne paraîtront ensemble qu’en 1987. Ce qu’explique le cartel qui jouxte la série des tirages de 1959 présentée, avec beaucoup d’autres oeuvres du peintre, dans l’exposition que lui consacre jusqu’au 30 octobre 2017 le centre Pompidou de Metz. Je l’ai visitée hier, c’était la deuxième fois que je me rendais dans ce musée (après y avoir vu en 2015 les expos Michel Leiris et Warhol undergroud) et décidément j’aime beaucoup cet endroit bien charpenté et aux volumes de belles et justes proportions.

Montparnasse monde c’est une série sur ce blog depuis 2008 et aussi un livre discrètement paru en 2011.

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juil 16, 2017

Montparnasse monde transformable

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Il faudra se souvenir de comme elle était, cette gare, puisque ils ont décidé de nous la transformer sans trop nous demander notre avis. Et de commencer par ICI, disent-ils, et ICI est un escalier enchâssé entre deux volées d’escalators ; escalier dont les marches suspendues dans le vide parfois tremblaient sous nos jambes de gens trop pressés pour nous en remettre à leurs versions mécaniques, toujours susceptibles d’entrave par deux bavards jaloux de ne pas se céder l’un l’autre un pouce de hauteur. Le chef des travaux de la gare  nous donne rendez-vous en septembre pour tout nous expliquer – soit – mais se doute-t-il qu’il entame ce faisant la quiétude de notre été ? Personnellement, un peu consolée, tout de même, à l’idée que les temps approchent de la révélation au grand jour et à la face du Montparnasse monde de l’utilité de mon entreprise solitaire d’archivage de cette gare en mots et en images, telle qu’en son état des années 1980-2000, jusqu’à sa moindre prise électrique. Dans son jus, pas partout ragoûtant certes, d’avant transformation.

Pour mémoire (et il en faudra) :  Montparnasse monde c’est une série sur ce blog depuis 2008 et aussi un livre discrètement paru en 2011.

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juil 1, 2017

Boîtes à lettres mortes

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Que je n’aime pas ces outrages, ces fins de non recevoir opposées, à grand renfort de scotch maison, à nos belles lettres ! Moi toujours à attendre le passage du facteur et déçue à chaque fois que j’ouvre une boîte vide, moi maniaque du courrier sous toutes ses formes et à titre personnel comme à celui d’historienne faisant souvent son miel d’échanges épistolaires de longue date décachetés. Je souffre avec ces deux boîtes, becs cloués, de la grande Poste du boulevard du Montparnasse que la mainmise d’un promoteur sur le bel édifice commandé à l’architecte Michel Roux-Spitz à la fin des années 1940 par  l’administration du TELEGRAPHE POSTE TELEPHONE, pour y loger sa direction parisienne, a condamné à leurs dernière levée. La cachet de la Poste n’est plus ce qu’il était.

PS  : ce mercredi un complément historique illustré de ce billet nous est gracieusement offert par Pendant le week-end.

juin 12, 2017

Signalétique du ras des pâquerettes

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Interloquée, à la mi-journée, comme je traversais le Montparnasse monde pour rejoindre Benoît Melançon, L’oreille tendue aux aguets de la vie parisienne ces jours-ci, par cette injonction à nous autres marcheurs assez inhabituelle.

Le texte et son mode impératif, pour commencer, quand le non verbal et impersonnel “Piétons traversée obligatoire” nous est malheureusement si familier. Pour ne rien dire de la notion d’ “en face”, toute relative et ne faisant pas le poids par les grands vents d’automne

Ensuite, le manque manifeste d’élévation de la mise en garde : approchez tête en l’air et vous vous prendrez les pieds dedans. Ce contre quoi est néanmoins censé vous prémunir le cône fluo avertisseur de danger, porte-pancarte de (mauvaise) fortune. D’une pierre deux coups, certes, mais il n’empêche : la voirie est tombée bien bas.

nov 21, 2016

Montparnasse monde : persistance et aggiornamento

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Soit ce que je j’écrivais ici-même le 18 avril 2009 de ce magasin, quand Montparnasse monde était le feuilleton du samedi de ce blog  :

Extension de la gare : à Inno, appellation qui proviendrait de l’abréviation d’une enseigne antérieure, “Innovation”, mais c’est sans importance et d’ailleurs depuis les travaux de l’été 2007 ils ont rebaptisé « Monoprix » ce supermarché de la rue du Départ. Manoeuvres fréquentes dans l’univers de la grande distribution. Ne plus dire aux miens que je fais les « courses à Inno en rentrant », le temps qu’il me faudra. Et penser à me faire établir la carte Monoprix pour répondre enfin « oui » au passage en caisse : à chaque client ils demandent et moi, tête baissée fourrageant dans mes sacs, un « non » contrit. Inno traversé aussi en ligne droite, sans céder à la séduction des gondoles, comme raccourci propre à gagner au plus vite la place Edgar Quinet depuis la rue de l’Arrivée et vice versa. Plaisir gratuit renouvelable à l’infini de passer la porte au tambour tournant sans altérer d’un bémol le rythme de ma marche. Aux comptoirs longés, bouffées successives et rapprochées de  soupe asiatique qui réchauffe, de viennoiseries qui cuisent et de café qu’on moud. Racourci pratiquable du lundi au vendredi de 9 h à 21 h 50,  20 h 50 le samedi.

Soit cette image saisie hier comme j’y faisais mes courses de vendredi soir,

occasion de constater (comme je l’ai signalé immédiatement sur twitter) que je n’étais pas la seule à me souvenir de ces temps anciens. Relisant sept ans après l’épisode de mon vieux feuilleton consacré au magasin, un certain nombre de mises à jour m’apparaissent indispensables :

1) Je ne dis plus jamais que je fais des “courses à Inno en rentrant” puisque depuis près de trois ans que j’habite Paris intra muros et plus précisément les confins du Montparnasse monde, j’y vais exprès et non plus en passant sur mon chemin de retour quotidien en banlieue. Quand je saisis mon cabas toilé réutilisable (aux armes d’un Proxi normand) il me suffit de dire que “je vais faire des courses à Inno”point.

2) Je réponds désormais oui quand on me demande en caisse si j’ai la carte Monoprix, puisque mon intention exprimée en 2009 s’est depuis traduite dans les faits.

3) J’accède dorénavant au magasin le plus souvent côté Edgar Quinet, entrée dépourvue de porte à tambour. De même lorsqu’il m’arrive de l’utiliser encore comme raccourci pour gagner la gare.

4) La bonne odeur de café a disparu avec la fermeture récente de l’espace Malongo que je regrette infiniment ainsi que son personnel sympathique. Une enseigne de café américain, que je boycotte systématiquement, devrait prendre la place m’a-t-on dit à l’accueil quand je me suis inquiétée de la disparition du café Malongo.

5) Attention, les horaires d’ouverture que j’indiquais ne sont plus valables. Le magasin ferme désormais à 21h du lundi au samedi.

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avr 16, 2016

Brexit, valises et stéréotypes (ou Brexit au Montparnasse monde)

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Comme je suivais ce couple, hier à la mi-journée marchant sur le trottoir des numéros impairs du boulevard du Montparnasse, je songeais que, quoi qu’il advienne des discussions en cours, ces deux valises-là, Grande Bretagne et Petite Bretagne, au pas cadencé, avaient décidé se faire la malle.

Pour être honnête, je prenais aussi acte du fait que fusionnel dans le choix de ses bagages, ce couple n’en échappait pas pour autant aux stéréotypes de genre les plus éculés : Monsieur traînait la grande Bretagne et Madame le modèle réduit. Alors qu’ils auraient pu tout aussi bien répartir équitablement leur fardeau dans deux valises de volumes identiques égaux à la moitié de la somme des volumes d’une grande et d’une petite ; soit deux moyennes Bretagne sexuellement interchangeables.

fév 20, 2016

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