L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Des auteurs chez Louis-Sébastien Mercier

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La lecture du texte de François Bon sur Tiers Livre Un petit souci avec Balzac et les contributions qui s’y greffent m’y font penser : reprenant le Tableau de Paris de Mercier récemment, et y vagabondant, j’en avais extrait plusieurs passages évoquant les auteurs et leur condition, notamment matérielle. Je les livre ici comme pièces rétroactives au débat et cela me permet d’étrenner la nouvelle maquette du blog (je ne savais pas quoi écrire pour le reprendre en mains dans sa nouvelle grande largeur !)

T.2 vol.1, p. 331-336. Chapitre CXXXVII Auteurs

A Paris sont ces écrivains qui moissonnent et qui vendangent avec leur plume, qui ont dans leurs écritoires toutes leurs terres et toutes leurs rentes. (…) Les pensions que le gouvernement accorde aux gens de lettres ne se donnent ni aux plus pauvres, ni à ceux qui ont le plus utilement travaillé. Les plus souples, les plus intrigants, les plus importuns, enlèvent ce que d’autres se contentent d’avoir mérité au fond de leur cabinet.

La pauvreté de l’homme de lettres est à coup sûr un titre de vertu, et une preuve du moins qu’il n’a jamais avili ni sa personne, ni sa plume. (…)

Les gens de lettres emploient ordinairement la matinée au travail, et ils ont tort ; la composition du soir a beaucoup plus de feu : mais les spectacles et les dissipations journalières tuent le génie, et l’empêchent de suivre de grands travaux. (…).

T.2 vol.1, p. 336-339. Chapitre CXXXVIII Des demi-auteurs, quarts d’auteurs, enfin métis quarterons, etc

Tels sont ceux qui versent dans les Mercures et dans les journaux, ou de petits vers innocents, ou des morceaux de prose niais, ou des critiques sans lumière et sans sel, et qui s’arrogent ensuite dans les sociétés le titre d’hommes de lettres. (…)

T.8 vol.2, p. 318-324. Chapitre DCXXII Trente écrivains en France, pas davantage

(…) de fait, il n’y a point en France plus de trente écrivains constamment livrés à leur art. Le dégoût, la sécheresse, l’indigence, la crainte des persécutions, et surtout la paresse, font sortir les trois quarts et demi de la carrière, dès qu’ils y ont fait les premiers pas. Ils se jettent dans le chemin battu de la fortune. Plusieurs écrivains, même célèbres, n’entretiennent leur renommée que par quelques ouvrages, semés à de prudents intervalles. Or qu’est-ce que trente hommes faisant profession ouverte de ces honorables travaux, au milieu d’une nation composée de plus de vingt millions d’hommes ?

Les écrivains seraient dix fois plus nombreux qu’ils mériteraient encore d’être considérés : car sous quelque rapport qu’on les envisage, ils sont utiles. (…) Tout lecteur doit de la reconnaissance à tout auteur. celui qui ne lit pas doit savoir encore que la langue, la société et les moeurs doivent infiniment à la classe des écrivains.

T.10 vol.2, p. 1009-1013. Chapitre DCXXII Femmes-auteurs

Dès que les femmes publient leurs ouvrages, elles ont d’abord contre elles la plus grande partie de leur sexe, et bientôt presque tous les hommes. (…) Une femme qui écrit doit faire exception, on en conviendra ; car les devoirs d’amante, d’épouse, de mère, de sœur, d’amie, souffrent toujours un peu de ces ingénieuses distractions de l’esprit, et l’homme tremble que les qualités du cœur ne viennent à se refroidir au milieu de l’enchantement de la renommée. (…)

Encore, si les femmes s’emparaient de la science ; mais non, elles prennent les légéretés, les finesses, le sentiment, les grâces originales de l’imagination, le peinture de nos défauts, et elles font tout cela sans études, sans collèges, et sans académie.

T.11 vol.2, p. 1260-1262. Chapitre CMXXXVIII Misère des auteurs

La plus déplorable des conditions, c’est de cultiver les lettres sans fortune, et voilà le partage du plus grand nombre des littérateurs ; ils sont presque tous aux prises avec l’infortune ; il en résulte un débat éternel entre la hauteur, la noblesse des idées, et les besoins impérieux et avilissants ; c’est un supplice journalier, un tourment insupportable ; il faut bientôt qu’il tue l’homme ou son génie. (…)  Ah ! loin de cette carrière, vous qui ne voulez pas connaître l’infortune et l’humiliation, ou arrangez vous pour ne pas vieillir, et mourez de bonne heure.

Comme les extraits précédemment proposés sur le blog, c’est la réédition dirigée par Jean-Claude Bonnet parue au Mercure de France en 1994 que j’ai utilisée. J’ai respecté les chapitres et leurs intitulés mais pas forcément le découpage des paragraphes, pour ne pas morceler à l’extrême ; toutes les coupes sont indiquées par (…).

Filed under du XVIIIe siècle

Dans l’arbre aux kakis,

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jardin du Luxembourg,

certains se régalent,

je vois bien leur manège en passant.

Des épreuves et de la couleur des oeillets d’Antoine Doinel

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Mardi 14 décembre à 14 heures j’ouvrais l’enveloppe juste arrivée contenant les épreuves de Montparnasse monde à relire et corriger. Mercredi 15 à 16 heures 30, c’était fait, et je descendais poster l’enveloppe, pour retour à Cognac. Jeudi 16 à 15 heures 49, message de Georges Monti qui a intégré les corrections et conclut : c’est parti pour l’imprimeur, les dès sont jetés, les portières sont fermées, le train roule…

J’aime bien les échanges, ultra-pointus, qu’on peut avoir avec un correcteur ou un éditeur dans ces moments-là, aussi bien sur la forme que sur le fond du texte, ou sur ce que la forme trahit du fond. Il y a ce  beau texte de François Bon, en 2006, sur les corrections de son Tumulte.

Chapitre 12 de Montparnasse monde version papier “Dans la gare des choses apparaissent” (les chapitres sont désignés par leurs incipits dans la table), quand j’évoque les oeillets teints par Antoine Doinel dans la cour de son Domicile conjugal, Georges Monti a entouré mon teints et écrit en marge teints ou peints ? je ne vois plus la scène ; ce à quoi je réponds, du tac au tac et formelle : teints puisqu’il verse une fiole de colorant dans le seau d’oeillets – moi je la visualise très bien cette scène.

Après coup, épreuves postées, je me dis, en pensant à Antoine Doinel, que j’aurais pu joindre au livre un index des personnes citées, éclectique pour un roman de gare (petit plaisir du clin d’oeil sur la page de titre puisqu’il faut toujours des étiquettes pour aider à ranger les choses inclassables). Du coup je reviens à une copie du jeu d’épreuves gardée, la parcourt et passe un coup de fluo jaune sur les noms de personnes citées en me disant que ça servira plus tard, ailleurs ; sur le site je commence à préparer la rubrique d’accompagnement du livre.

Donc dans la gare et ses extensions plus ou moins naturelles, on croise, par ordre d’entrées en pages et pour m’en tenir aux gens connus par d’autres que par moi seule sans pour autant retenir les personnalités ayant laissé leurs noms à des voies (!) ou des édifices du quartier  : Gérard de Nerval, Victor Vasarely, Georges Pompidou, le père Noël, Marcel Proust, Harold Lloyd, Gargantua et Gargamelle, Francis Poulenc, Polichinelle, Antoine Doinel, Orphée et Euridyce, Nanni Moretti, Augustine Aguilard, Pellerin, Tippi Hedren, Javier Marias, William Shakespeare, Pierre Strobel, Fulgence Bienvenüe, Jean-Paul Belmondo, Peter Handke, Paul Gauguin, André Breton, Les Beatles, Marc Jolivet, Monsieur de Pourceaugnac, Pierre Bergounioux, Bécassine, Marcel Proust encore (mais cette fois avec sa grand-mère), Crésus, Dominique Cabrera, Christophe Tarkos et Jules Hardouin Mansard.

J’ai fait cela très vite, le train était parti, toutes mes excuses pour les oublis.

Filed under Montparnasse monde

Etats de service

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L’employée aux écritures qui dans sa vie réelle vient de franchir aussi allègrement que ses vieux os friables le lui permettent le cap des 55 ans a, en conséquence, illico reçu de la Direction Générale des Finances Publiques, Services des Retraites de l’Etat, un récapitulatif de sa longue mais assez impressionniste carrière. Dans une enveloppe bleu azur, d’abord prise pour une pub essayant de se faire passer pour un document officiel, comme font parfois les officines de VPC et les loteries.

L’enveloppe ouverte et son contenu authentifié, tout y était, depuis mon premier mois de travail d’été, pile 16 ans et encore lycéenne. Sans une lacune, la suite continue de mes jobs sous des statuts plus improbables les uns que les autres, parfois se chevauchant, un tiers temps par ci, des vacations par là et encore des vacations ou des cours par ci, dans des bibliothèques puis dans des institutions de recherche ou d’enseignement supérieur avec détour par quelques emplois dans le privé, avant mon recrutement au CNRS de 1995.

Donc entre 1972 et 1995, j’ai été successivement employée par la Bibliothèque La joie par les livres (agent saisonnier) la Bibliothèque Sainte-Geneviève (déléguée dans les fonctions), la Bibliothèque nationale (collaboratrice occasionnelle à mi-temps), le CNRS (vacataire), l’université François Rabelais de Tours (vacataire), l’Ecole des hautes études en sciences sociales (vacataire), l’Ecole normale supérieure de Fontenay/Saint-Cloud (vacataire), l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne (vacataire), l’Institut nationale de recherche pédagogique (maîtresse auxiliaire), les éditions du Cerf (rédactrice), Malesherbes publications (documentaliste à mi-temps), la Compagnie générale des eaux (rédactrice à mi-temps), le Collège de France (vacataire), l’Institut catholique (chargée de cours) puis enfin le CNRS, à temps plein, ingénieure de recherche.

Dans cette liste d’employeurs il y en a que j’avais complètement oubliés. Et compter, tous ces emplois mis bout à bout, déjà 38 ans de travail salarié derrière moi (mais je ne les fais pas).

Filed under la vie tout venant

Montparnasse Monde 53

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L’appartement témoin de la gare est toujours à louer, cela doit bien faire maintenant deux ans. Je ne vérifie pas (j’ai la flemme mais je sais bien que c’est écrit) dans mon carnet noir à quelle date au juste j’ai vu apparaître l’affiche A LOUER 90 m2 sur la rambarde du balcon du quatrième étage de l’immeuble situé à l’angle de la rue de l’Arrivée et de l’avenue du Maine. Etage élevé, vue imprenable sur le Montparnasse monde. Je m’étonne qu’une si belle opportunité ne trouve pas preneur, même si je sais bien : la crise, la flambée de l’immobilier qui engendre l’immobilisme, vous et moi chassés du coeur de Paris. J’entends cela à la radio. Il me semble néanmoins que si l’agence en charge de la location de ce bien songeait à m’en confier la négociation, l’affaire se réglerait dans les meilleurs délais. Je ne manque pas d’arguments pour vanter les charmes du quartier, la proximité des commodités aussi bien que les beaux volumes, les parquets, les cheminées c’est si réconfortant l’hiver, la hauteur sous plafond et les doubles vitrages. Oui, bien sûr, à toutes les fenêtres vous avez des doubles vitrages.

Souvenir de gare. Ce couple non-cohabitant qui s’est tellement aimé dans l’omnibus Sèvres Rive Gauche, gare de Clamart 8h50 en direction de Paris puis aux places arrières, dites «en rotonde» du bus (double et articulé) 95, de Montparnasse à Palais-Royal, dans les années 1990.  Vraisemblablement des collègues de travail – ils quittent bras dessus bras dessous le 95 au même arrêt. Lui habite Sèvres R.G. ou Bellevue ou Meudon : il est déjà dans le train et elle le rejoint, toujours dans le deuxième wagon de tête, un peu moins chargé que le premier ; ils y sont plus à leur aise. Impatient, il attend sa belle à la porte, sourire aux oreilles et aux anges, en équilibre sur le marchepied, gênant les rares voyageurs qui souhaitent descendre et ceux, beaucoup plus nombreux, prêts à s’y engouffrer têtes baissées, indifférents aux émois voisins. Il tend la main à son élue, la soulève, l’enlève au quai chaque matin, rejouant sa scène de comédie américaine grande époque au nez et à la barbe d’un public captif, dépourvu de l’enthousiasme des deux héros et qui n’embarque pas, lui, pour Cythère.

Je profite de cette chronique 53 pour annoncer la parution en janvier 2011 du livre Montparnasse monde aux éditions Le temps qu’il fait. Texte qui trouve son origine dans ce qui a d’abord été le feuilleton du blog, puis un livre numérique aux éditions publie.net, enfin réécrit dans une version longue et affranchie des images (même si on en garde 5, en noir et blanc). J’en reparlerai bientôt mais déjà un grand merci à celles et ceux qui m’ont accompagnée jusque là dans cette aventure d’écriture. Sur le blog, les chroniques continuent, sans périodicité établie.

Filed under Montparnasse monde

“Couteaux tirés” aux Passagers de la nuit

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Heureuse de voir programmer mardi 30 novembre par Thomas Baumgartner dans ses Passagers de la nuit, entre 23h et 23h30 (mais plutôt à la fin) mon texte Couteaux tirés, bien enrichi par la réalisation de Somany Na et l’interpétation de Tamar Baruch.

Une seule comédienne parce que contrairement aux dialogues Couture à domicile (une couture dont on pourrait bien reparler, après retouches, l’année prochaine…) et Non mais, t’as vu le tableau ? écrits déjà pour la même émission, cette fois il s’agit d’un monologue, mais mis en situation sonore. Nouveau format, adapté au nouveau format resserré de l’émission. (Mais attention quatre fois par an elle dure toute la nuit).

Quant à l’histoire, disons que, comme vous l’entendrez vous-même, la scène se passe dans une gare (mais pas celle que vous croyez) et que la voyageuse un peu énervée heureusement qu’elle prend le train et pas l’avion : avec trois couteaux dans son sac elle aurait des ennuis. Pas des couteaux de cuisine, des couteaux de spectacle, de ceux qu’elle a vus sans broncher pendant quinze ans visés sur elle par Monsieur, tous les soirs de la semaine et en matinée le dimanche. Quinze ans de couteaux, c’est long, surtout quand le partenaire vieillit mal et se permet des réflexions déplacées comme hier soir. Alors le premier train sera le bon et la remplaçante on lui souhaite bien du plaisir…

(Je ne trouve rien d’autre pour illustrer mon billet que ce coffret un peu ancien de couteaux de table)

Filed under à chaud

Montparnasse Monde 52

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Nous y revoilà, c’est la saison : les vents mauvais de novembre ont soufflé et, l’arbre* du Montparnasse monde  défeuillé, les chambres des appartements des premier, deuxième, troisième et quatrième étages de l’escalier C ont recouvré le jour. On s’aperçoit d’ailleurs à cette occasion que ces fenêtres-là sont moins souvent habillées de voilages plein jour que celles donnant directement sur les voies 365 (ou 366) jours sur 365 (ou 366). La plupart sont nues. Plusieurs mois par an, la nécessaire intimité de ces chambres est naturellement préservée par le feuillage de l’arbre et l’investissement rideaux se justifie moins ; à la mauvaise saison les volets se ferment tôt. Eté comme hiver, ce qui se passe à l’intérieur ne nous regarde pas, nous qui passons en trains. De novembre à avril, les habitants des escaliers A, B et C logent tous à la même enseigne ; plus aucun d’entre eux ne se berce d’illusion champêtre, le nez dans les frondaisons. Le paysage est de fer, uniformément. Les divergences de points de vues entre locataires s’estompent.

Sept minutes de train de banlieue et, judicieusement placée à proximité d’une conversation, j’emporte un grand pan de vie. Ainsi l’autre soir, au départ de Paris, un rang devant moi, voyageaient un couple, sans bagages, et une dame seule, avec valise, juste arrivée de Guingamp ; de ces seniors alertes et assez à l’aise financièrement pour tirer avantage d’une heureuse conjoncture – temporaire – des régimes de retraites. La dame seule arrivait en villégiature chez des banlieusards venus l’attendre à la descente du TGV, et bien aux petits soins pour elle. J’ai tendu l’oreille dès lors que je l’ai entendue dire à son amie – dont l’époux assis de l’autre côté de l’allée centrale interférait peu dans la conversation : Et puis, tricoter, pour quoi, pour qui ? Leur faire des pulls, est-ce qu’ils les mettraient seulement ? J’ai bien un canevas à finir, mais j’ai plus les yeux ni l’envie. Et comme une pelote, ses dires ont déroulé le dégoût de toutes choses et l’amertume d’une solitude récente. Rien ne trouvait grâce. Et l’invitation qui lui était faite, et ce séjour qui commençait dans l’omnibus Sèvres Rive Gauche, entourée d’affection visible pourtant, ne se réduisait pour l’heure qu’à l’effort surhumain d’avoir quitté Guingamp.

*Voir Montparnasse Monde 50

Filed under Montparnasse monde

Sophie Calle’s Mother avec girafe et soucis

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Sophie Calle avait une mère et puis n’en a plus eu. C’est la vie (de la fille), c’est la mort (de la mère) : des choses qui arrivent.

Quand ces choses arrivent chacune fait ce qu’elle peut. Sophie Calle, elle, mais c’est Sophie Calle, achète une girafe. Et explique : Quand ma mère est morte, j’ai acheté une girafe naturalisée. Je l’ai installée dans mon atelier et prénommée Monique. Elle me regarde de haut. Avec ironie et tristesse. Il faut savoir que la mère de Sophie Calle s’est appelée Monique. Rachel aussi.

Un peu avant la mort de sa mère (et tout ce qui s’en est suivi, du cercueil bien garni, du cimetière – je m’ennuie déjà – et de l’expédition de la fille avec les bijoux de la mère, par procuration, au pôle Nord), Sophie Calle était allée à Lourdes, en TGV, départ de Montparnasse, voie 1, à 14h40, voiture 12, place 12. Wagon trop bruyant, alors elle s’était déplacée : voiture 11, place 33. De son drôle de pèlerinage à Lourdes elle nous montre ses souvenirs.

La mère de Sophie Calle avant de mourir a dit aux siens : “Ne vous faites pas de souci”. Souci a été son dernier mot.

L’installation de Sophie Calle RACHEL, MONIQUE, est à voir jusqu’au 27 novembre, au sous-sol du Palais de Tokyo. Je dis bien à voir, à voir absolument, les yeux émus et tendrement amusés.

De Sophie Calle, j’avais beaucoup aimé en 2008 dans la chère vieille Bibliothèque nationale de la rue de Richelieu, l’installation “Prenez soin de vous”. Je l’avais dit dans un des tous premiers billets de ce blog Femme rompue par mail.

Sculpteur avec outils et chat dans les bras

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Dans le Montparnasse monde, il y a le musée Bourdelle

musée comme je les aime, d’abord une maison, avec un jardin et un atelier

et puis des outils qui m’en rappellent d’autres,

et dans un vitrine (excusez le mauvais reflet que j’en saisis), le sculpteur, Antoine Bourdelle

grandes mains et bras pleins de son chat (de bonne composition si l’on songe au temps de pause)

Gaupillat : fabrique à sauver

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Au Bas-Meudon, le bâtiment (murs de briques, sheds, cheminée) de la fabrique Gaupillat, est aujourd’hui le dernier témoin architectural debout de l’activité industrielle et de la vie ouvrière du Val de Seine. Sur l’île Seguin, à sa hauteur, et sur l’autre rive, les maigres lambeaux de façades Renault conservés sont dépourvus de sens. Réhabiliter la fabrique Gaupillat où l’on a produit des cartouches puis des pompes à vélo, jusqu’en 1997, c’est donc la dernière chance à saisir pour porter plus loin ce passé qu’on voudrait escamoter, constitutif pourtant des bords de Seine aux abords de Paris et, bien sûr, l’aventure humaine – moins lisse que les façades vitrées qui s’élèvent tout autour – qui lui est liée.

L’association La Fabrique se bat pour que le permis de démolir, demandé par les propriétaires, ne soit pas suivi d’effet, mais qu’au contraire le bâtiment soit classé, sauvegardé, et que le projet d’aménagement en lieu de culture et de création dont l’association est conceptrice et porteuse se réalise. Toutes les informations et la pétition à signer sur leur site internet. Merci de votre soutien, absolument nécesaire.

Lire aussi dans Le Parisien et Metro.

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