Cette vieille dame jeune d’esprit qui marche, appuyée sur sa canne, face à moi sur le trottoir de la rue Notre-Dame-des-Champs s’arrête, accote sa canne contre le mur, se baisse précautionneusement, ramasse au sol une samare (arrivée sur ce bitume je me demande bien comment : ni érables ni frênes plantés rue Notre-Dame-des-Champs) et la lance en l’air au dessus de sa tête pour la regarder, tout sourire, tourbillonner en redescendant au sol. Nous échangeons un clin d’oeil et reprenons chacune notre route. Heureux effet printanier. Je me souviens qu’on les appelait hélicoptères dans ma cité d’enfance.
Illustration : Erable sycomore à fruits rouges, par Lefèvre, gravure extraite de la Revue horticole, 1864. Fonds ancien de la Bibliothèque de la Société nationale d’horticulture de France, via Gallica (cette mine).


A l’amie silencieuse marchant à son côté, elle disait, celle qui traversait devant moi le boulevard du Montparnasse, que, dorénavant, elle ne lirait plus ses mails qu’une fois par jour – tu vois -, le soir, et éteindrait son téléphone – tu vois -, que cette vie ce n’est plus possible, qu’on ne s’appartient plus. Et je me demandais à qui à quoi elle espérait ainsi échapper, de quelles interactions personnelles ou professionnelles elle voulait se soustraire, et si sa vie s’en trouverait vraiment plus légère. Je n’ai pas souvenir que nos jours étaient plus tranquilles quand nos uniques boîtes à lettres s’ouvraient au moyen d’une clé, non d’un mot de passe, ou quand nos conversations téléphoniques ne s’engageaient qu’un fil à la patte et un toit sur la tête. Je pensais donc que la libération – tu vois – qu’elle escomptait des mesures d’abstraction technologique qu’elle s’apprêtait à mettre en oeuvre était un leurre. A l’écouter, rien que le temps de franchir ensemble ce passage clouté (j’emploie l’expression même si je sais les clous aux belles têtes luisantes chassés par les bandes de peinture thermo-collante que nos piétinements ont vite fait de fatiguer) il y avait tout lieu de penser que seule une auto-déconnection de son ego aurait pu lui procurer, ainsi qu’à son entourage, quelque répit.





Ce spam qui obstinément dans ma boîte de déception revient à la charge voulant expédier à bas coût et dans le monde entier mes palettes. Voies des eaux, des airs, et chemins de terre si nécessaire. Rien ne les arrête. Je les en remercie mais je crains que nous ne fassions jamais affaire ensemble. Certes des palettes, j’ai fini par en trouver, et de belles bleues, mais il m’a fallu courir de l’autre côté de l’Atlantique et encore, une fois là-bas, passer un 

33 tours ? 45 tours ? 78 tours ? Ce drôle de disque, qui a du cran, m’en rappelle d’autres et le petit cylindre qu’il y avait lieu d’adapter au milieu du tourne-disques, chapeautant le gros poste de radio, quand on passait d’un coûteux 33 tours à un 45, plus abordable, autorisant donc quelques choix musicaux plus audacieux que 



