L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Monthly Archives: août 2009

Images sans suite et post-scriptum

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Comme les bergers qui gardaient leurs troupeaux dans le grand vallon sous la pointe de Rasis, L’employée aux écritures n’a plus qu’à écrire, là où elle trouve support.

Le petit Olympus mu 700 bleu qui ne me quittait pas d’une semelle, sur les quais de gare, les routes de campagne, les rues des villes dans lesquelles j’allais parler de la forge et sur les sentiers de montagne refuse obstinément depuis lundi dernier de se prêter à mes vues. 

Sa toute dernière image - les moutons rencontrés en montant vers le lac Chalantiès - a été confiée au petit journal de Tiers Livre, l’avant-dernière c’était cette rosée qui persistait, la matinée bien avancée, dans le sous-bois au dessus de Valpreveyre.

 

 

Je ne montrerai donc pas les trois magnifiques lacs Malrif où nous étions hier et les ombles chevaliers dans les eaux claires du plus profond et l’idée persistante que sur ces lacs on aurait pu ramer

Retour ce soir, train de nuit et Paris-Austerlitz hagarde au petit matin. 

Post-scriptum

 

Et je prenais les campanules pour les fleurs de la passion, je n’écouterai plus non plus Ferré chanter Aragon puisque mon ipod aussi fait des siennes…

Filed under vie technologique
août 28, 2009

Face à cet arrêt de bus “Salle Polyvalente”

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où nous attendons, sur un banc à l’ombre, la navette des Escartons qui relie entre eux les villages du Queyras, une mince vieille dame solidement permanentée, vêtue bien repassé et chaussée ville, portant sac à main et valise (qui pourrait rouler mais qu’elle tient par la poignée en la soulevant bien), descendue du car en provenance de la gare de Montdauphin, se précipite sur nous.

“Je cherche un hôtel, mon docteur m’a prescrit des anti-dépresseurs, mais vous comprenez je ne veux pas les prendre et je viens ici, je préfère, dites-moi où est l’hôtel”. Nous lui répondons que l’air léger de ces montagnes lui profitera certainement et lui indiquons l’office de tourisme du village, ouvert heureusement en ce dimanche après midi.

La regardant s’éloigner, sa mise inhabituelle dans ce décor et sa valise toujours haut soutenue, comme si elle ne voulait surtout pas risquer de l’abîmer, nous restons assez interloqués par sa confidence, qui semblait lui être impérieuse, à propos de la raison de sa villégiature. Un peu perplexes aussi, à nous demander si elle ne confondrait pas un établissement local aux pensionnaires parfois un peu décalés de la vie ordinaire avec un hôtel.

Au creux de l’après-midi, l’un d’eux, était venu nous exposer ses préoccupations incompréhensibles, juste comme on s’asseyait à une terrasse pour y déjeuner enfin, à 15 h, après une longue marche en forêt, au cours de laquelle nous nous étions un peu perdus : des descentes de bois ayant brouillé les sentiers et leurs bifurcations. Mais la bonne surprise du surgissement, tout près, d’un chevreuil.

Quelques kilomètres plus loin, à un autre arrêt où nous changeons de navette pour continuer à remonter, mon oeil – et l’objectif qui le prolonge et qui tombera en panne le lendemain – irrésistiblement attirés par la trace autocollante  laissée sur le panneau d’affichage par le passage de quelque collègue.

Filed under la vie tout venant
août 26, 2009

Vert chemin de fer sans wagon

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L’employée aux écritures vous met sur la voie : celle recyclée à destination des cyclistes, sur deux roues à côté des rails, et des “vélo-raillistes“, sur quatre roues et sur les rails. Six kilomètres entre Ambrières-les-Vallées et Saint-Loup-du Gast, dans le nord de la Mayenne, aux confins de l’Orne.

De Céaucé, les anciennes voies ferrées, relayées par un chemin de halage, permettent de descendre vers le sud, à pied, à cheval ou à vélo, jusqu’à Laval. Vers le nord, au départ de Domfront on peut atteindre le Mont-Saint-Michel.

Malheureusement ces deux itinéraires ne se raccordent pas : à hauteur de Céaucé, longtemps qu’on a perdu dans les champs de maïs la trace de l’ancienne voie, bien avant qu’on songe à les réutiliser sur le mode loisir. Juste ici et là une maisonnette de garde-barrière pour nous rappeler qu’on arrivait jusque-là autrefois en train.

Avec C., à la fin des années 1980, nous avions caressé l’idée d’acheter la maisonnette de la route des Aunais qui était à vendre – malheureusement pas dans nos prix et ça ne s’était pas fait.

Pédalant vers Saint-Loup-du-Gast, en pensant à un autre Saint-Loup – bien que la selle de mon vélo ne soit pas une selle Proust homologuée par la Poste et le notulographe (le 16 août dernier) – j’ai bien aimé les assemblages fer des rails/bois des traverses avec tout ce qui poussait entre, dont une étrange figure, motus et bouche cousue. Et la touche ajoutée, violette et poison, des digitales.

 

 

 

 

 

 

Filed under variétés
août 22, 2009

Sortie de ville

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Pas mal pédalé pendant mon séjour normand ; longtemps que je n’avais pas emprunté la petite route d’Olivault qui relie celles de Loré et de Cigné, j’avais oublié comme le paysage dans ces fonds ne ressemble pas à celui qui l’entoure

 

 

regagnant le bourg par celle de Cigné, frappée par cette clôture dont les piquets donnaient l’impression d’être si faciles à assembler pour replanter l’arbre dont ils étaient tous issus,

 

 

sur la petitre transversale (dont j’ignore le nom) entre les routes de Saint-Fraimbault et de Torchamp, je me suis amusée du quadrillage rigoureux d’un potager protégé des oiseaux par des CD-rom obsolètes ou qui n’ont jamais servi à rien au jardinier 

 

 

à l’entrée de Melleray, la paille formait un mur impressionnant au bout du champ

 

 

et toujours sur le bord de la grande route, en allant vers Ambrières, juste avant le départ du chemin du Rouillon, ce tombereau abandonné, dont je me demande s’il est sorti des mains et de la boutique paternelle

 

 

boutique le long de laquelle j’ai, cette année encore, garé plusieurs fois mon vélo.

 

Filed under la vie tout venant
août 17, 2009

Questions d’été : pas de 15 août pour les braves

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L’employée aux écritures séjourne dans un bocage charmant mais parcimonieux en connection internet, malgré souscription à une prometteuse Option Voyageur Illimité. L’an dernier, du même endroit, à la même période et avec la même logistique je parvenais à mettre en ligne des photos de vacances qui ennuyaient tout le monde comme il se doit.

Cette année, vous y échappez (mais pas pour longtemps) puisque mon External Modem me trahit, mais ma conscience professionnelle me fait néanmoins expédier quelques réponses à des internautes qui n’ont pas besoin qu’on leur fasse un dessin et constateront ainsi la bonne continuité du service.

C’est précisément le souci de mes semblables qui m’incite en premier lieu à mettre en garde la ménagère maniaque en quête d’unecireuse pour sol inégal : un sol inégal est intrinsèquement casse-gueule, n’allez pas en plus le cirer, croyez-moi, vos invités ne vous en voudront pas.

Au coeur de l’été, la sécurité reste la règle et j’appliquerai le même principe de précaution face à deux autres requêtes. Confectionner soi même un filet de hamac : dans le registre des travaux manuels, de belles réalisations auxquelles on ne penserait pas spontanément sont possibles, nos chers bambins nous le rappellent tous les ans à l’occasion de la fête des mères. Mais le macramé, s’il a, dans les années 1970, soigné bien des vagues à l’âme, assure-t-il pour autant la solidité attendue d’un hamac ? Que l’internaute qui rêve d’une balustrade de terrasse en béton d’occasion réfléchisse bien également avant de bricoler son installation. Les gardes-fous ne supportent pas l’approximation et un accident domestique est si vite arrivé.

Mon expérience personnelle est très limitée, quant à savoir si une dent de sagesse à extraire est-ce mieux l’hiver ou l’été ?  Les deux dont on m’a délestée l’an passé, ont été délogées l’une au printemps, l’autre en été, et je n’ai pas vu grande différence si ce n’est qu’en été la glace fond plus vite. Pas la peine d’y revenir : j’en ai fini avec toutes mes sagesses et leurs comparaisons saisonnières. 

Comment se présente sur une cape de vampire la couture du col. Moi qui me rentre, les soirs d’été, au vol de la première chauve-souris, je serai bien en peine de vous en fournir le patron. Allez plutôt louer ou emprunter le DVD d’un Nosferatu (Murnau ou Herzog, au choix) et faites des arrêts sur image pour étudier l’assemblage du col quand vous visionnerez le film.

La vitesse de lecture d’une page 21/29,7 me paraît varier d’un individu et d’un texte à l’autre, je ne me hasarderai donc à avancer aucun score. Et ce d’autant moins que les temps changent et que le format A4 n’est plus, loin de là, le seul qui se dévore des yeux. Dans le même ordre d’idée, on me demande comment plier une feuille a4 pour CV question à laquelle Thierry Beinstingel qui s’y connaît en CV roman serait bien mieux à même de répondre que moi.

Enfin, la proximité de septembre et de ses rituels est bien sensible au travers de certaines de vos préoccupations. Comme celle consistant à s’enquérir d’un cartable à roulettes lumineuses, à laquelle je réponds deux fois non : non au cartable à roulettes et non aux roulettes lumineuses. Ou celle relative aux petits fours à la fête de l’huma : je me réjouis d’être invitée au village du livre cette année comme l’an dernier, mais je n’ai personnellement aucun souvenir d’y avoir vu circuler des plateaux de petits fours. A la Fête de l’Huma, les petits fours, là n’est pas la question.

août 15, 2009

Montparnasse Monde, réminiscence 2

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Samedi dernier, je venais de rater d’une poussière de seconde un train qui me ramènerait chez moi après être allée voir Sogni d’oro de Nanni Moretti, le temps d’attendre le suivant quinze minutes plus tard, j’ai rejoint et traversé le jardin, en pensant très fort à la tôle larmée (c’est le nom du motif finalement) et à

Voie 1 Voie 2. Butoirs repoussés par l’escalier d’accès au jardin Atlantique : huit volées de marches étroites sans alternative mécanique. Six volées inférieures en métal à motif grains de riz en quinquonce – récurrent au sol de la gare – et les deux dernières en bois rainuré, plus douces, absorbantes, comme une invitation au jardin. Escalier dans lequel on se croise peu, conformément au principe de dissuasion des rencontres. Essentiellement fréquenté, contre leur gré, par des voyageurs fourvoyés, valises balottées à leur suite, dans une gare qu’ils ne comprendront jamais : Montparnasse 1 main station– Montparnasse 2 Pasteur des TGV – Montparnasse 3 Vaugirard des diesels. Il existe un autre escalier, plus secret, pour monter au jardin.

Et qu’un jour j’irai filmer dans l’escalier secret (en essayant de trembler moins).

Chez Radio Marelle, j’en dis plus sur Montparnasse Monde, et Pierre Ménard propose un atelier d’écriture qui s’en inspire.

Filed under Montparnasse monde
août 1, 2009

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