L’employée aux écritures s’intéresse, comme son nom l’indique, à l’écriture dans la pluralité de ses formes, y compris les plus brèves, et s’en félicite parce que les 12 pages du Roman réduit à ses plus simples expressions de Joachim Séné récemment paru dans la série “formes brèves” de publie.net, l’ont plongée dans une satisfaction profonde et durable – texte lu jeudi soir à effet persistant.
12 pages (et, ce nonobstant, 5 chapitres) pour vider un roman lambda qu’on aurait pris les yeux fermés sur une table à la rentrée, dans une gare même pourquoi pas, de la somme des semblants d’actions et autres avatars de personnages, qui voudraient faire croire qu’un roman n’en est pas un autre, et garder les plus petits communs dénominateurs, langagiers et circonstanciels, entre tous à partir desquels chacun rebâtira celui qui lui convient.
Mais en parfaite connaissance de cause, Joachim Séné démont(r)ant magistralement l’interchangeabilité du genre, à partir de ses “tics d’écriture”, qu’ils émaillent les dialogues ou relèvent des compléments de temps ou de postures.
Quant à la profonde satisfaction que la lecture de l’exercice, aussi salutaire que stimulant, me procure, je soupçonne mon incapacité à inventer la moindre histoire d’y être pour quelque chose. Parce que c’est rassurant, tout compte fait, de savoir que ce n’était que cela un roman.
Joachim Séné, signe par ailleurs Hapax, autre texte astucieux aux mots si bien choisis qu’il n’a pas besoin de les écrire deux fois, toujours chez publie.net, et tient blog sous le titre Journal Ecrit, un blog inclus dans son site.
Et à propos de blogs et de sites : un an tout rond que j’émettais mes premiers signaux de fumée. Un grand merci à celles et ceux qui les ont captés et sont venus souffler sur les braises…

