L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Accident et incidences, “Ce matin”, Sébastien Rongier

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Posted by ms on 19 février 2009 at 13:50

 

Il restait le souvenir très fort de la lecture de Sébastien Rongier en juin 2007 lors de la deuxième nuit remue.net au Théâtre Ouvert. Cette lucidité et ce calme impressionnants pour dire la collision des jours ordinaires avec celui qui fracasse.

Il y a maintenant le livre, Ce matin, qui file sur ses 190 pages ces mêmes qualités de simplicité et de justesse qui imprégnaient si fort les dix minutes de lecture entendue.

Un récit triangulé entre trois villes, Paris, Sens et Les Sables d’Olonne et entre elles des routes, et sur une autre route un samedi matin un accident dans lequel une femme, qui en a connu des villes, rentrant chez elle sa nuit de travail au chevet d’un vieillard achevée, perd la vie.

Son fils vit à Paris, sa fille plus jeune à Sens avec leur père et la femme vivait, elle, aux Sables d’Olonne, revenue de trop de routes auprès de ses parents. A la première personne, c’est le fils qui parle, le roman dira sobrement ce qu’il advient d’eux tous, ce cynique samedi – veille de fête des mères – et les jours d’après. 

Un accident révélateur du fils en responsable légal ; lui tout à sa métamorphose récente de porteur de lunettes en porteur de lentilles, ce qu’il lui sera donné à voir, à reconnaître contre toute vraisemblance et à décider, dans l’adversité des tiraillements familiaux. Jusqu’à la fracture des cendres en deux urnes.

Les phrases courtes de Sébastien Rongier sont terriblement efficaces, posent un pied devant l’autre, dans la rue Beauséjour où se trouve le funérarium (!), comme vers l’appartement qu’il conviendra de vider et l’inconnu(e) rencontrée là.

Des phrases brèves pour avancer pas à pas dans la “réalisation” du nouveau monde qui entoure le fils. Sans le flou sur les bords que laissaient passer les verres de lunettes et sans mère, d’un seul coup. 

“Et puis après, on verra bien”.

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3 Comments

  • On 20 février 2009 at 11:07 gilda said

    Tu donnes envie. Comme je suis en période de finances basses je me le note pour après. Mais je ne pense pas que j’oublierai.

  • On 20 février 2009 at 11:13 gilda said

    Bon finalement, j’ai craqué, ce que tu en dis donnait trop envie. Je rentre dans une période dangereuse : du temps pour lire plus que je n’en ai jamais eu mais peu d’argent. aïe aïe aïe.

  • On 20 février 2009 at 11:35 ms said

    Gilda, tu fais bien

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