L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Montparnasse Monde 47

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Ecrivant la gare en long, en large et en traverses, je suis bien obligée d’admettre que celle-ci n’est pas symétrique, quoiqu’elle en donne au premier abord l’impression. D’un côté (arrivées) un seul angle, sensiblement droit, avec le boulevard de Vaugirard, mais de l’autre (départs) deux angles obtus – me semble-t-il – successifs, avec l’avenue du Maine puis celle du Commandant Mouchotte. Je géométrise les lieux ce glacial dimanche, dernier jour de janvier, retour de Naples via Roissy et les cars d’Air France. Stationnement le long de l’immeuble à si longue façade. Des hommes aux gilets fluo surgissent qui ouvrent la panse des cars et la vident à peine qu’ils s’immobilisent. Il me faudrait un rapporteur pour en avoir le coeur net et mesurer les angles de la gare – mais pas le petit rapporteur en plastique transparent qui rentrait dans la trousse, au moins le grand jaune en bois accroché comme l’équerre à un coin du tableau. Nantie en plus d’une chaîne d’arpenteur, et de quelqu’un qui m’aide en voulant bien tenir sa deuxième extrêmité, je pourrais aussi tenter de calculer la surface du Montparnasse monde, en oubliant pour un temps ses extensions. En attendant de disposer du matériel et du renfort humain nécessaire, la seule rapporteuse de la gare, c’est moi.

Tous ces matins, comme j’attrape mon train de banlieue au vol, par la dernière porte du dernier wagon, arrivée à Paris-Montparnasse je sors de la gare côté Pasteur, comme au temps de la pièce 2071 au dessus des voies*, et poursuis ma route au moyen du bus 91 pris à son terminus. Je constate au passage que l’environnement de l’Allée de la 2e Division Blindée (qui, je le rappelle, joint le jardin Atlantique à la place des Cinq Martyrs du Lycée Buffon) a bien changé. La chaîne TV d’info en continu qui la borde d’un côté et son vis à vis l’éditeur ont personnalisé leurs façades-verrières au moyen d’autocollants grand format. Figurant le dos de livres sur des étagères dans le cas de l’éditeur, ce qui est tout sauf original. Mais surtout, les attaches vélos/scooters/motocyclettes des gens de la comm’ ont fini par évincer la double haie de campements de misères, brics et brocs, autrefois collée aux deux façades. Je me demande ce qu’il est advenu du jeune homme qui vivait là, sa tente entourée de vieux mobilier de bureau, et recevait chaque après-midi la visite d’une très jeune femme qui venait avec un bébé dans un landau. Sa compagne et son enfant j’imagine, profitant des heures de sorties autorisées par le règlement de leur foyer. Le couple assis côte à côte, sur deux chaises désarticulées de bureaux, parlait dans une langue que je n’identifiais pas, en fumant ; souvent le bébé, dans les bras de sa mère, tétait pendant ce temps là. Dans le Montparnasse monde, pour certains, la vie n’est pas rose layette.

* Voir Montparnasse Monde 7

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Chez mélico, récapitulons : 2. des villes

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Dans la rubrique création contemporaine du site mélico (qui veut dire Mémoire de la librairie contemporaine), mise en ligne de la suite de mes Notes de voyages avec livre.

Cette fois, après les départs du mois dernier, on arrive dans les villes. Comment en aborder 36 avec un livre (toujours le même) dont on vient parler dans son sac, quand on n’est pas franchement une globe-trotteuse … (et puisque ça m’y fait penser : les Les globe-trotters du dimanche soir sur la première chaîne quand la télé est arrivée chez nous – voir Atelier 62 p. 81 de l’édition de poche pour en savoir plus sur l’arrivée de la télé chez nous et sur quoi on la pose – j’en garde un bon souvenir, lointain, mais bon – le charme des acteurs ?)

Merci à toute l’équipe mélico pour l’accueil et je me réjouis de voisiner là bas avec Anne Savelli et ses Oloé.

Philippe Annocque est Seul à voir (je sais bien de quoi il retourne)

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Premier vendredi du mois : carte blanche à Philippe Annocque (qui, à charge de revanche, m’accueille dans ses Hublots) – c’est dans le cadre des vases communicants entre blogs et je suis très fière que l’auteur de Liquide, pour sa première participation aux opérations, s’aventure sur mes terres…

Moi aussi, l’Histoire, ça me connaît.

Encore une fois, c’est la guerre. Je viens d’être appelé. (Est-ce moi qu’ils ont appelé ? Vous n’apercevez qu’une sorte de lycéen un peu gauche. Vous avez même l’impression que je n’ai pas terminé ma croissance.)

Je viens d’être appelé, comme tout le monde. Ne me plaignez pas : je ne suis pas contre.

Je sais pourtant bien de quoi il retourne. Tous ici, tous autant que nous sommes, nous le savons parfaitement. Sans doute, comme vous, l’avons-nous appris dans les livres. Cette guerre en effet est la première : la Première Guerre mondiale, qui vient juste d’être déclarée. Nous savons donc bien comment ça finira, comment ça aura du mal à finir, comment ça n’en finira jamais.

Dans mes mains, je retourne ma convocation. C’est un petit papier cartonné rectangulaire et allongé, horizontal. Sans doute sa couleur blanc cassé est-elle censée marquer l’époque ancienne.

J’ai paraît-il la possibilité de ne pas y aller (peut-être même est-ce écrit directement sur ma convocation), de ne pas la faire, cette guerre. Peut-être puis-je, au lieu de la guerre, être affecté à une autre tâche, pourquoi pas journalistique. Une dame un peu sotte, qui me veut du bien, a tout prévu pour moi. Mais moi, vous me comprendrez sans peine, je ne veux pas d’un tel privilège ; je veux faire comme les autres.

Mon père est préoccupé. Le voici qui vient me voir, en moto, et me demande des nouvelles. Il n’est pas bien à l’aise, sur cette machine ; cela se voit tout de suite : il roule trop lentement, il zigzague.

Et voilà que je l’ai perdue, ma convocation ! Impossible de mettre la main dessus ! C’est tout de même bien ennuyeux. Je ne sais plus où je dois me rendre, ni quand. Cela a-t-il un rapport avec cette promenade en voiture, lors de laquelle M au volant quitte la route, roule sur un terrain herbeux et inégal, escalade d’abrupts monticules sous prétexte de prendre des raccourcis ?

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Naples, aperçu images et son

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Je ne connaissais pas Naples avant d’y être invitée la semaine dernière à parler de l’éducation musicale des filles au XVIIIe siècle au Congresso della Società Italiana delle Storiche, dans une session particulièrement sympathique et féconde, mêlant musiciennes, musicologues et historiennes, organisée par Caroline Giron-Panel.

Sortie  de nos travaux académiques abrités par l’università degli Studi di Napoli Federico II j’ai aimé me mêler au grand fouillis bruyant de la ville, bien plus étendue que je ne l’imaginais et régulièrement arrosée d’averses drues dont les premières gouttes faisaient aussitôt surgir sur tous les trottoirs leur nuée de vendeurs de parapluies.

Loger à la foresteria du Centre Jean Bérard, on ne saurait plus au coeur de la vieille ville, vico S. Maria Ad Agnone, débouchant dans la via dei Tribunali, c’était éprouver la ville dans toutes ses géométries improbables. Ville à fascination agissante aussi irrésistible sur moi que celle de Venise.

Une introduction fortuite, mais évidente à sa façon, à la rencontre de l’oeuvre de William Kentridge Streets of the city, mêlant “tapisseries cartographiques”, collages et bronzes, dans son exposition au Musée de Capodimonte quand je me fixais sur ces hauteurs un rendez-vous plutôt caravagesque.

Redescendant du musée par le bus R4 sous la pluie battante et dans l’embouteillage du samedi après-midi via Toledo, à hauteur de la Piazza Dante, j’ai activé l’enregistreur du iphone et saisi quelques voix (et klaxons et tambourinement des gouttes) de Naples.

Naples.m4a

Et quittant dimanche matin la foresteria pour rejoindre l’aéroport, j’ai compris découvrant ce squelette à ma porte, la cause de la gigantesque pétarade, amplifiée par l’étroitesse du vico, entendue tard la veille au soir et dont j’avais préféré ne pas m’aventurer au dehors pour en identifier l’origine…

Merci à PCH qui m’a envoyé le lien vers le Naples d’Ernest Pignon Ernest.

Montparnasse Monde 46

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Subrepticement, par endroit, le sol des quais se dérobe. Que l’on y marche seul l’esprit occupé de tout ce qu’il y aurait à écrire, à montrer, de cette gare, si le temps ne pressait pas tant, ou bien à deux, emportés par l’élan de la conversation, et l’on aurait tôt fait d’être entraîné par la pente insensible. Plan incliné qui incline à le suivre. Au risque de s’abstraire, par enfouissement progressif, du flux des voyageurs attentifs à atteindre au plus vite une issue praticable, continuant leur marche à niveau constant, yeux et cerveaux aimantés par l’acier des escalators. Flux cumulant par ondulations successives les vagues de voyageurs libérées porte après porte en une mécanique parfaite  - (couches de laves coulant ensemble superposées sans se recouvrir tout à fait à flanc de volcan). La pente trompe son monde : douce mais inflexible à l’extrême. Le distrait et les bavards briseront leur élan contre une entrée interdite au public, encore que dénuée de toute matérialité, juste signifiée par un panneau rond à silhouette de piéton barrée d’un trait rouge et tout le monde comprend ; souffles retenus, pas suspendus. La séparation d’avec le Montparnasse monde souterrain, ses mystères et ses affres, a beau ne s’encombrer d’aucune barrière physique, qu’Euridyce s’y égare et Orphée ne la retrouvera jamais.

Scène de gare. Sa petite valise à roulettes noire reste dressée, sans surveillance, devant le Relay face à la voie 12, le temps d’aller chercher un quotidien sportif et une barre chocolatée crantée en triangles, ce qui devrait, théoriquement, ne pas être bien long ; d’ailleurs l’insouciant file décidé, monnaies en main. Mais des deux caisses ouvertes, chacune trois, quatre clients en attente, il a choisi la plus lente. Devant lui, traînaille un paiement de livre tout venant par carte bleue d’abord muette – sa propriétaire, je l’avais entendue dire à la copine à qui elle confiait sac m’as-tu-vu et laisse terminée par une bestiole antipathique assortie : “attends je vais me chercher une connerie à lire dans le train” et j’avais pensé qu’elle n’aurait que l’embarras du choix -, suit la réclamation véhémente d’un sac concédé, de mauvaise grâce, à une hypocondriaque qui veut y ranger ses deux magazines santé, ses pastilles vichy et son flacon de gel mains antibactériens, et passe encore avant lui une excentrique brouillée avec sa droite et sa gauche, en quête du dernier numéro, un peu caché, de La quinzaine littéraire vers lequel l’homme du Relay, de sa caisse, la téléguide laborieusement. L’achat de son quotidien sportif et de son encas s’éternisant, reste à savoir si la voix féminine exaspérée de la gare aura la patience d’attendre le retour du propriétaire de la petite valise à roulettes noire laissée sans surveillance devant le Relay face à la voie 12.

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Des centrales, en littérature et en photographie

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L’employée aux écritures voit des centrales nucléaires partout.

D’abord il y a La centrale, celle d’Elisabeth Filhol (chez P.O.L.), à lire pour se glisser dans leurs enceintes interdites avec les équipes itinérantes de travailleurs intérimaires qui interviennent pour la maintenance des réacteurs pendant les arrêts de production. Bossent jusqu’à avoir leur dose. S’arrêtent. Roulent et vont s’embaucher dans une autre. 19 centrales, 19 stations possibles, distances à la ville toujours maintenues. Des hommes qui partagent voitures pour les trajets et caravanes fixes sur des campings pour se loger, comme rouler, plus économiquement, sinon à quoi bon ? Dans le roman d’Elisabeth Filhol il y a les centrales, le travail, les hommes, et tout est également important et justement posé et exposé par l’écriture.

Et puis il y a les centrales dans les paysages, photographiées par Jürgen Nefzger, qu’on a pu voir sur Arte dans le dernier numéro de Metropolis. La série s’appelle Fluffy Clouds, et est exposée à Toulouse au  Château d’eau jusqu’au 7 février. Quand on vient de lire celle d’Elisabeth Filhol, on réagit forcément à ces images étonnantes, grand angle, souvent avec personnages comme si de rien n’était – l’étonnant pêcheur à la ligne au repos dans son transat !. Seulement quoi qu’il se passe au premier plan, à l’arrière toujours des tours et des fumées. Une constante photographique (on pense, parce qu’on l’aime, mais c’est très différent comme regard, au beau travail des Becher, bien sûr).

Enfin qui dit constance + centrale, appelle Philippe de Jonckheere qui note semaine après semaine, en allant au travail en train de Paris à Clermont-Ferrand, ses pensées au moment où son téoz passe au droit de la centrale de Neuvy-sur-Loire qu’il prend alors systématiquement en photo, sauf incident qui l’en détourne, comme trop de fatigue parfois. C’est à lire (avec milles autre choses graves, tendres, et parfois colères) dans le bloc-notes de son Désordre. Mais pour en rattraper 424 pages d’un coup, si on ne le suit pas, c’est plus pratique de passer par publie.net – parce que son Désordre, on s’y perd et tant mieux, c’est fait pour.

Et quand on est fidèle au bloc-notes et qu’on se retrouve dans un TGV qui longe au loin une centrale, c’est plus fort que soi…

Filed under coin lecture

“Notes de voyages avec livre” 1ère livraison chez mélico

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De janvier à juin 2010, chaque mois, vers le 10, je posterai une de mes Notes de voyages avec livre chez mélico (un acronyme qui veut dire mémoire de la librairie contemporaine), rubrique “Création contemporaine“, où je serai accueillie ainsi en résidence virtuelle, au côté d’Anne Savelli qui, elle, continue à poster ses Oloé.

J’avais carte banche, le tout étant qu’il soit, d’une façon ou d’une autre, question dans mes textes de livres, ou de lectures, ou de lecteurs, ou de bibliothèques, ou de libraires… J’ai mélangé le tout et choisi de revenir sur tous ces déplacements pour des rencontres autour de mon livre Atelier 62 sorti en librairie il y a pile deux ans aujourd’hui, et ma manière de les vivre. Ces rencontres que j’annonçais sur mon site, quand elles étaient tout public, et sur lesquelles je revenais parfois sur le blog.

Je ne m’attendais pas du tout à toutes ces invitations : quand un manuscrit essuie 18 refus avant de trouver son éditeur, on n’imagine pas que le livre rencontrera autant d’écho… J’ai vécu tous ces voyages avec beaucoup d’émotion, tant par leur étrangeté à l’aune de ma routine casanière, que par la chaleur des réceptions qui nous étaient faites, au livre, à ceux dans le livre, et à moi.

A lire chez mélico aujourd’hui la première de ces Notes de voyages avec livre : “Des départs“.

Bon voyage ! (et un grand merci à l’équipe mélico pour la mise en forme soignée de mes textes et photos)

Montparnasse Monde 45

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Parfois dans la gare les règles du jeu changent et c’est à chacun de s’en apercevoir et d’en tirer les conséquences pour ce qui le concerne. Ainsi de la soudaine matérialisation sur le sol du quai desservant les voies 10 et 11 (la voie 10 se caractérisant par une certaine polyvalence*) d’un espace que nul ne peut plus ignorer constituer la RESERVE TONNES A EAU TRANSILIENS / TER CENTRE – même lorsque aucune tonne n’y stationne. Comme ce 1er janvier 2010 en soirée (de ma banlieue morte m’attire jusqu’à Montparnasse la recherche d’un kiosque ouvert) quand me saute aux yeux l’inscription sur fond de hachures encore vierge de tout piétinement et contrastée au mieux de la palette disponible chez le sous-traitant en charge des peintures de signalétique de service. Ils sont partis du principe que ceux des Transiliens et ceux de la région Centre arriveraient à faire bon ménage sur ce bout de quai, repoussé loin au niveau des voitures de têtes, pour y stocker leurs bidons. Pour l’heure, ce jour férié ouvrant l’année, les réserves sont à sec, mais encore peu familiers du marquage, avons nous le droit d’y poser pied ? Le sol de la gare un peu comme une marelle, son enfer, son ciel.

Souvenir de gare. C’est un samedi en début d’après-midi, dans la foule qui descend de ces trains tellement pleins amenant les banlieusards faire leurs courses, ou faire semblant de, on n’en sait trop rien, ils ne repartent jamais tous ensemble comme ils arrivent à 14 heures et on ne peut donc juger de la somme des paquets qu’ils transportent dans l’autre sens. J’essaie de me faufiler, d’échapper à la lenteur qui naît du nombre et suis arrêtée par les pas d’un homme qui titube, un enfant lui tenant la main de chaque côté, bras un peu décollés du corps, une fille et un garçon, 8 à 10 ans peut-être, graves mais sereins. Le caractère erratique de leur marche dessine une clairière autour d’eux dans la foule. A leur approche, on ralentit, on s’écarte, on regarde les deux enfants, visiblement habitués à stabiliser l’homme – sans aucun doute leur père. J’ai déjà entendu parler de cette maladie qui donne à la marche tous les signes de celle propre aux états d’ivresse ; je pense que l’homme en est atteint, que le calme des enfants ne saurait s’expliquer autrement. Mais personne n’ose les interroger. Persistance de l’image du trio chancelant, dans cette sorte de halo de jour trouant la foule sombre, sûre d’elle.

* Voir Montparnasse Monde 23

Filed under Montparnasse monde

Héroïnes

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L’employée aux écritures, à qui ses histoires de marquise ont légèrement monté à la tête,  peut bien rêver à de somptueux atours

dans lesquels elle finirait l’année en beauté, il n’en demeure pas moins qu’arrivée trop tard pour être

celle qui distribue les tartines dans l’encoignure de la porte et le jeune homme, gilet bleu culotte jaune la regarde,

celle dans la ronde devant le château, le sang des Valois coulait dans ses veines,

celle admirable quand elle choisissait ses colliers,

celle le soir sous le grand tilleul, sa main dans la main du précepteur,

celle enjointe par son mari de dormir maintenant, il le veut, la comédie est finie,

celle qui fait naufrage, et pourtant l’île et son amoureux si proches,

celle dont les yeux de fougère se sont ouverts quand tant d’autres se fermaient,

celle qui a lu trop de romans, alors dans la calèche,

celle que l’homme magnifique de l’autre côté de la baie n’a jamais pu oublier,

celle qu’Aurélien trouva laide, la première fois qu’il la vit,

celle qui manigance tout dans ses lettres avec son amant,

celle pour qui le vice consul de France à Lahore ruina sa carrière,

celle tremblante au côté de son mari sur le champ de courses,

celle de la petite bande au bout de la plage, en polo avec une bicyclette,

et même celle qui était, comme vous le savez déjà sans rien en savoir encore…

que vais-je bien pouvoir trouver à faire pour m’occuper en 2010 ?

Filed under utopiques

3′ 39″ en compagnie de la marquise de Verdelin

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Pour l’ouvrage 100 monuments, 100 écrivains qui vient de paraître aux éditions du Patrimoine, j’ai écrit un texte à propos du château de Carrouges, dans l’Orne, monument que j’avais choisi (par affinité départementale native) dans la liste de ceux qu’aucun auteur n’avait encore adoptés.

J’ai un temps hésité avec la citadelle de Montdauphin, dans les Hautes-Alpes, passage obligé pour rejoindre mes montagnes préférées, mais Carrouges l’a emporté quand j’ai identifié une de ses habitantes éclairées, la marquise de Verdelin, belle-mère du général Alexis Le Veneur seigneur du lieu, fidèle amie et correspondante de Jean-Jacques Rousseau dont elle fut un temps la voisine. C’est par ses yeux, dès lors, que j’ai perçu le château.

La marquise, grande épistolière comme le XVIIIe siècle en a produit tant, n’ayant pas laissé de mémoires, je lui ai un peu forcé la main, et en résulte une Page arrachée aux mémoires apocryphes de la marquise de Verdelin, datée de juillet 1778. Cliquez ci-dessous si vous souhaitez l’entendre : je vous la lis.

Verdelin.mp3

Ecrivant avec procuration de la marquise, j’étais aux anges et relisant ses échanges avec Rousseau je revenais aux questions qui m’occupaient tout le temps de ma thèse puisque Madame de Verdelin est mère de trois filles dont l’éducation la préoccupe beaucoup et qu’elle s’en entretient parfois avec son correspondant (le jour où un éditeur voudra enfin republier L’éducation des filles au temps des Lumières, j’y glisserai quelques extraits de leurs lettres).

Par ordre d’apparition chronologique, puisque c’est le principe retenu pour nous ranger avec nos monuments historiques, le mien porte le numéro 62, comme l’atelier, coïncidence que je ne pouvais passer sous silence ! (Pas plus que la bonne compagnie au fil des pages de ce gros livre de quelques collègues blogueurs figurant aussi au catalogue des éditions publie.net).

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