Des choses vues au cours de mon bref et récent séjour à Porto, il y a encore ce travail photographique sur lequel le Centro Português de Fotographia (installé dans l’ancienne prison de Relaçao de sinistre salazarienne mémoire) donnait un aperçu malheureusement très succinct et sur le web je ne trouve guère plus d’informations sur le projet. Si j’ai bien compris, la jeune photographe Simone Almeida, dans sa série “Rosa Santos”, partant de petites photos de famille comme on en a tous au fond de nos tiroirs, remet en scène, vingt ans après, leurs personnages, dans leurs attitudes mêmes et dans leur décor. Sont ainsi “dupliquées” les images d’une femme lisant allongée dans un canapé, de deux femmes tricotant assises côte à côte dans une cuisine et d’un couple dansant dans son intérieur. Sauf que maintenant l’homme danse seul. Le dos plus droit, les mains vides, sans plus personne vers qui s’incliner.

Une photographie d’absence qui m’en évoque une autre, bien plus ancienne puisque signée August Sander, dans son recueil des Hommes du XXe siècle, celle du Veuf, entouré de ses deux fils, dont les tristes présences rendent criante celle qui manque. Chandelier pour voir passer l’absente / Comme je m’en servirais ! écrit Henri Michaux dans ses Passages.
Devant les images de Simone Almeida, souvenir revenu aussi, plus joyeux, d’une re-création photographique à laquelle je m’étais livrée il y a une vingtaine d’années, respectant jour et heure de la scène – dimanche soir avant le dîner – et presque son lieu – même ville mais dans un autre appartement. Il s’agit d’une partie de Nain Jaune à trois joueurs sur table de salle de séjour. Sur la photo originelle, début des années 1960, je la dispute avec ma soeur J. et notre père ; sur sa reproduction, une génération plus tard, milieu des années 1990, autour du même plateau à casiers de bois clair garnis de jetons de plastique de couleurs franches (verts, bleus, jaunes, rouges, ronds valant 1, petits rectangles valant 5, grands rectangles valant 10), je la dispute avec nos deux fils. Je parle de ces deux photos sans les avoir sous les yeux, il faut que je les retrouve, je crois que sur la plus ancienne j’avais bougé.






C’est, dans la ville de Porto, au bout d’une courte rue qui porte bien son nom et le portait mieux encore avant, quand elle s’appelait Rua do Cemiterio, mais sans doute que ceux de l’hôtel, seul édifice un peu conséquent dans cette rue sans façons, n’appréciaient guère cette adresse à tête d’enterrement.
bien. Ce que les occupants du bout ne démentiront pas, eux qui ne font pas qu’y passer et au service desquels fleurit l’inévitable petit commerce de la dernière heure.







J’appelle “ruban d’alerte” ces rubans plastifiés striés rouge/blanc – mais j’en découvre une variante jaune/noir – dont je constate qu’ils sont de plus en plus présents dans notre décor, déployés sans avarice, au kilomètre. Je les avais toujours considérés comme signifiant des espaces lourds de danger, espaces dont l’idéal-type serait le périmètre de sécurité tracé autour de la valise abandonnée en gare du Montparmasse monde en attente des démineurs. J’ignore où s’achètent les rouleaux de ces rubans et ce qu’il en coûte, mais ce que je tenais jusqu’alors pour un accessoire de panoplie hautement sécuritaire, semble avoir été mis ces derniers temps à la portée de tous. Lors de mon prochain passage au supermarché je ferai un détour par le rayon bricolage pour voir si ceux-ci auraient fait leur apparition aux côtés des rouleaux de large scotch marron pour carton de déménagement – à moins qu’ils ne voisinent avec l’extra-fort au rayon passementerie ? Je les chercherai par pure curiosité car je ne m’en suis pas encore trouvée l’usage, contrairement aux responsables du rangement rationnel (RRR en langage DRH) de ces lieux où j’ai récemment repéré leur présence en me demandant





