L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Montparnasse monde modernisé

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De cette gare, je ne suis plus l’usagère fervente que j’ai longtemps été – pendant les 57/60e de ma vie très précisément. Je n’ai plus l’usage routinier de l’Omnibus Sèvres Rive Gauche, au départ des voies 10 à 17, depuis que j’habite Paris intra muros ni l’usage, toujours aventureux à l’extrême, du Paris Granville, au départ des voies 25 à 28 c’est à dire en gare Montparnasse Vaugirard, depuis que j’ai vendu ma maison à la campagne. C’est pourquoi quand il m’arrive désormais de traverser la gare, même si je n’en tiens plus chronique, je demeure attentive à ses évolutions, si infimes soient-elles.

En ce qui concerne les panneaux porteurs de l’avertissement PARTIE DE TRAIN RESTANT EN GARE, de si mauvais augures aux banlieusards pressés de rentrer chez eux, j’en étais donc restée au modèle frustre, de type potence, sensible aux courants d’air.

J’ai dû me rendre à l’évidence ce matin que je n’étais pas à jour du tout, butant sur ce nouveau modèle, acier chromé, inoxydable et résistant au vent comme à la pluie, que je qualifierai de “type tablette” en référence à sa forme rectangulaire aux angles arrondis et à nos outils familiers. Voyez plutôt :

Un support plus avenant pour un message, hélas, toujours aussi désespérant.

Pour information, si vous arrivez là par hasard :  Montparnasse monde c’est une série sur ce blog depuis 2008 et aussi un livre discrètement paru en 2011.

Filed under Montparnasse monde

Mort bleue à la grille d’égout

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La mort

sa grande faux

et sa valise à roulettes

(pour les lames de rechange

c’est qu’elle en use à courir les rues).

A rayures ou à carreaux

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Ceux qui vivaient là, rue du Château mais qui n’en avaient que le nom, du château,

rouleau après rouleau, n’ont jamais vraiment choisi.

Pas moi qui leur jetterai la première brique.

Un samedi au conditionnel

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Je serais ce matin descendue faire le marché (poisson – légumes – fruits – fromages – fleurs). Je serais cet après-midi allée écouter la dernière session du colloque Barthes au Collège de France (celle au cours de laquelle devait intervenir Pierre Bergounioux). De là j’aurais rejoint Reid Hall à 20 heures pour y écouter la lecture musicale “Autour de Marcel Proust” (Franck, Fauré, Hahn et quelques autres).  Mais aujourd’hui, sous ma fenêtre, sur le boulevard, les étals du marché n’ont pas été dressés, place Paul-Painlevé, les portes du Collège de France sont demeurées closes et rue de Chevreuse, dans l’ancienne fabrique de papier, la lecture de Jérôme Bastianelli a été annulée. Sur la ville tant aimée et sur ses Lumières, hier soir, la barbarie a semé sa poudre de mort. C’est un samedi tout de pensées pour celles et ceux qui ont perdu la vie, celles et ceux meurtris dans leurs chairs et dans leurs affections. Un temps de silence et de souffle retenu. Mais, de Paris, l’esprit et la raison n’ont pas dit leurs derniers mots.

Filed under à chaud

Désabusée

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La vieillesse me tire par les cheveux

par les pieds

par la peau des deux pieds

me racornit

rend soucieuse

cassante

Haut / Bas / Fragile

sauvage

ongles bientôt griffes : n’approchez pas.

Filed under la vie tout venant

Servir d’appâts

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Quatre posées là, bien rangées, quatuor inconséquent, sans têtes,

guère plus de jugeote,

quatre qui s’entêtent sous ma fenêtre à attendre qu’on les apprête,

que le marché dictant sa loi les étourdisse, les éblouisse, qu’enfin vienne leur tour de servir d’appâts.

L’air de rien

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L’air urbain

(l’air de rien)

je le respire mieux

et plus goulûment

que le grand air

de la vie au grand air

- sans parler

des Grands Airs de certains

que je ne peux

tout bonnement

pas sentir (ni entendre).

Filed under variétés

Petite bibliothèque ronde : tristes lendemains de fête

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Cette photo passée hier sur le fil twitter et la page facebook de la Petite bibliothèque ronde de Clamart – dont je disais ici ces jours derniers combien la fête des 50 ans avait été chaleureuse – je ne voulais pas y croire. Une fois de plus cette bibliothèque, si précieuse au coeur des enfants de la cité de la Plaine et de leurs familles, victime de pillage. Mais l’article du Parisien de ce jour ne laisse aucun doute et la peine est profonde. Juste exprimer ici à celles et ceux qui la font vivre tout mon soutien : courage à l’équipe et que la richesse des 50 ans d’histoire de la Petite bibliothèque ronde l’aide à trouver la force de continuer.

Filed under à chaud

Photo d’intérieur

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avec vue imprenable mais

ne pas se pencher au dedans

Cinquante ans de petite bibliothèque ronde

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J’ai passé un beau samedi, hier, à fêter les 50 ans de la Petite bibliothèque ronde de Clamart. J’étais invitée à rejoindre les enfants et leurs familles qui la fréquentent aujourd’hui, ainsi que l’équipe qui l’anime aux côtés de Marion Moulin depuis 2014, parce qu’au premier jour de son ouverture, en octobre 1965, j’étais déjà là, impatiente d’en pousser la porte, du haut de mes presque 10 ans.

Belle et émouvante occasion de revenir en ce lieu qui a tellement compté comme je l’évoque dans le petit chapitre “Bibliothèque” d’Atelier 62. Grand plaisir à retrouver là, 50 ans après, les premières bibliothécaires qui nous y ont accueillis, nous ont ouvert un monde un peu plus vaste que celui de notre cité de la Plaine, nous ont fait confiance pour faire vivre avec elles un lieu dont l’extrême qualité de la conception, notamment architecturale, reste intacte. Etaient présentes hier Geneviève, qui dirigeait la bibliothèque alors de “La joie par les livres ” – du nom de l’association réunie autour du projet – fou – de la mécène Anne Gruner-Schlumberger, ainsi que Lise et Christine qui l’entouraient en un rayonnant trio.

Présents aussi d’autres lectrices et lecteurs de la première génération, en particulier Dominique, Patrick et Michel avec lesquels j’ai partagé, entre ces murs arrondis, tant de samedis après-midis occupés de clubs de lecture ou de théâtre ou encore de la mise au point du prochain journal. Retrouvailles avec le sentiment que nous nous sommes quittés la veille… Et tous les quatre de constater que ce que nous faisions aujourd’hui n’était pas sans lien avec les découvertes faites ici.

L’anniversaire était aussi l’occasion de découvrir le film réalisé par le jeune cinéaste Kaspar Vogler, La bibliothèque est à nous, qui a partagé le quotidien de la Petite bibliothèque ronde au printemps 2015, mais est aussi revenu, archives et entretiens aidant, sur son demi-siècle d’existence. Un beau film grâce auquel nous “les anciens” avons découvert combien aujourd’hui la bibliothèque était largement ouverte, au-delà des enfants, aux familles de la cité, et comment ses livres avaient été rejoints, dans une complémentarité intelligemment pensée et accompagnée, par les outils numériques indispensables à la lecture du monde d’aujourd’hui. Ce qui n’empêche pas de faire aussi pousser des radis dans le jardin : c’est cela l’esprit du lieu.

Un film engagé, parce que, malgré son impérieuse nécessité pour les habitants du quartier, l’existence de la bibliothèque a connu des jours sombres – notamment une fermeture en 2006 – et en connaît encore du fait, notamment, de lourds travaux rendus nécessaires par l’âge du bâtiment dans un contexte peu propice à la pérennisation des idéaux sociaux et humanistes des années 1960. Souhaitons au film la meilleure diffusion possible et qu’il devienne à son tour archive incontournable quand on célèbrera le centenaire de la Petite bibliothèque ronde.

Filed under variétés, à chaud

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