L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Habiter Paris (aperçu 20)

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(Pour continuer la visite de chantier)

La ville me parle toujours quand la campagne ne me dit plus rien. J’avais une maison à la campagne, je l’ai vendue. L’installation à Paris a retardé la mise en vente, fermement décidée déjà de cette maison des champs située dans le bourg – jamais je ne me serais supportée dans une maison des champs dans les champs. Mise en vente à son meilleur, au début du printemps, quand le retour du vert dans le paysage suscite chez certains citadins l’envie d’une charmante résidence secondaire, fort potentiel travaux à prévoir. Sur les murs de la cuisine le temps s’était arrêté en 2007. Dernier calendrier du facteur que l’on n’éprouve pas le besoin de mettre à jour, qui fait bien l’affaire pour les quelques années pendant lesquelles l’on y vient encore, mais de moins en moins. Retours si rares, séjours si brefs que l’on ne procède plus au comptage des nuitées passées là pour, en fin d’année, toutes factures échues, en calculer le coût exorbitant eu égard à leur inconfort. Rêver aux chambres d’hôtels, vue sur mer ou sur montagnes, en quoi convertir des nuits chères et pauvres à la fois, ruineuses à chauffer qui plus est.

Orpheline tout à fait en 2008  je me résous très vite à me déposséder de cette maison. Parce que la maintenir en bon état est tâche impossible tant les artisans se désintéressent de ces bâtisses mal commodes pour y établir leurs chantiers, préférant oeuvrer, gros et finitions, dans les lotissements qui croissent et multiplient dans des champs devenus terrains à bâtir, viabilisés disent les pancartes haut perchées, qu’on les voie de loin, les proposant pour un prix du mètre carré paraissant dérisoire. Rude épreuve que de convaincre les hommes des arts, de la plomberie, de la charpente ou de l’électricité, de venir considérer les travaux nécessaires, puis de les harceler pour obtenir leur devis quand ils ont consenti à se déplacer. Parfois le devis n’arrive jamais, entre temps l’épouse discrète qui assistait l’artisan dans ses travaux d’écriture a tout laissé en plan et s’est volatilisée. Lui sombrant dans la déprime pour finir par bazarder l’affaire dans laquelle jeune couple, trente ans plus tôt, ils avaient ensemble cru. Dans le meilleur des cas, devis obtenu et travaux réalisés, c’est, à leur issue, la facture qui tarde indéfiniment voire n’arrive jamais en dépit des relances. Immense fatigue de la cliente potentielle qui, découragée, constate les dégâts mais finit par laisser sa maison vieillir sans enrayer sa décrépitude, quelque douleur qu’elle en éprouve.

Je vends ma maison aussi parce que les promesses de visites amies y étaient trop rarement tenues, même du temps où celle-ci était encore pimpante, volets repeints quand le délavage des averses avait eu raison de la couleur précédente. Au fil des étés, car la maison mienne de 1996 à 2014 n’était hospitalière qu’en été, les déconvenues se répétaient. C’était, avant chaque départ en vacances qui séparait collègues et amis, des projets d’y passer quelques jours ensemble – une halte, un crochet, il y a de la place pour dormir, des vélos et des choses à voir pour qui ne connaît pas le coin. Et puis finalement si peu d’estivants, en route pour la Bretagne par exemple, pour s’y arrêter. Finir, y croyant de moins en moins, par confier simplement les clefs à qui envisageait d’y passer en mon absence, mais n’en faisait rien. Ce qui, au fil des ans était de plus en plus compréhensible, le confort objectif du lieu et ses commodités (d’accès sans voiture en particulier) se réduisant comme peau de chagrin, au point que je m’en absentais de plus en plus. Ajoutez à cela l’éloignement de la mer – précision indispensable, que les prétendants à l’occupation temporaire ne se bercent pas d’illusions : « En Normandie, mais bien à l’intérieur ».

Paradoxe de ma maison, c’est hors les murs, dans la cour ou dans le jardin, mais pas sous son toit que je me sentais bien. Un toit qui avait fini par laisser passer la pluie. Il me semblait, parfois, que les infiltrations qui décollaient les affiches des murs tendaient même à désolidariser ma chambre du reste de la maison.

Habiter Paris (aperçu 19)

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Nouvel extrait du chantier Habiter Paris (qui n’avance pas vite), le précédent est ici et à partir de là il est possible de repêcher les précédents.

Venue habiter Paris à la fleur de l’âge, et non quinquagénaire avancée, j’aurais été une autre mais je ne sais pas laquelle. Convaincue, pourtant, que ma vie aurait été radicalement différente si j’avais quitté ma banlieue pour Paris à 20 ans, quand j’étudiais l’histoire à Jussieu et gagnais ma vie en intercalant à mi-temps des fiches 75X125 « Auteurs et Anonymes avant 1960 » dans les fichiers en bois sombre de la salle des catalogues, au sous-sol de la Bibliothèque nationale, 58 rue de Richelieu. Pourquoi ne me suis-je pas rapprochée de ce lieu matrice intellectuelle alors que je pouvais assumer le coût du loyer d’une chambre de bonne dans son quartier, ce qui m’aurait simplifié la vie ? Nous étions une petite équipe, tous en cours d’études, installés, soit le matin, soit l’après-midi, autour d’une table sur laquelle nous préclassions alphabétiquement les fiches inserrées ensuite à leur juste place dans les tiroirs des fichiers. Des liens amicaux forts s’étaient tissés entre nous, nous nous ressemblions, allions au cinéma, passions des soirées et parfois même des vacances ensemble, mais tout ce petit monde habitait Paris, sauf moi. Banlieusarde d’origine B., quand elle nous avait rejoints, avait rapidement loué une chambre, haut perchée et sans confort, rue des Petits-Champs, à deux pas de la bibliothèque ; elle s’en trouvait fort bien, économisant en temps de transports comme en nuits d’hôtels partagées avec son petit ami, un banlieusard lui aussi – hôtel Richelieu, rue de Richelieu, collé à la Bibliothèque. Pour les autres, venus de province ou de plus loin encore étudier à Paris, la banlieue n’existait pas : c’était d’évidence dans la ville-même qu’ils s’étaient logés, en son coeur, quelque promiscuité obligée ou inconfort qu’il leur en coûtât. Heureuse de son chez-elle, B. m’avait fait visiter sa chambre sans que je partage son enthousiasme. Habiter Paris au prix de sept étages d’escalier de service rarement balayés et à vous flanquer le tournis, ne me disait pas grand chose.

J’étais moins grande banlieusarde que B. ne l’avait été et disposais, pour moi seule, d’un appartement confortable, dans ma cité HLM d’enfance. Mes parents retraités retournés vivre à la campagne, j’occupais le deux-pièces troqué contre l’appartement familial de nos débuts de citadins, deux-pièces dans lequel ils ne séjournaient que quelques jours par an. J’en assumais en partie le loyer et fonctionner de la sorte tombait sous notre bon sens ; ma présence dans les lieux leur permettait de garder un pied-à-terre en ville au cas où. Je pense maintenant qu’outre la parfaite rationalité économique de l’opération, si je m’étais repliée dans 8 ou 9 m2, aussi bien situés soient-ils, au plus près des commodités dont la banlieue me privait, j’aurais provoqué une régression résidentielle dans l’histoire migratoire familiale. Habiter une chambre de bonne, c’était le lot des débuts parisiens de mes cousins et cousines juste arrivés en ville, ceux dont les parents ne s’étaient pas, comme les miens, arrachés au bocage. L’endurance de cette génération à vivre sous la seule trouée d’un vasistas à crémaillère nous impressionnait et 20 ans après l’exode familial il était impensable que je respire aussi malcommodément l’air de la capitale.

Poétique de la voirie (52)

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Las de tourner

lion en cage

a définitivement tourné la page

Poétique de la voirie (51)

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Remonté des grands fonds

fourbu

lassé pressé

déchaussé sur la chaussée

Un kilomètre de rayon

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Alors je marcherai droit pour tourner en rond*, cherchant mon nord par la rue Saint-Jacques, poursuivant, dans le sens des aiguilles d’une montre, par les rues Cujas prolongée en Clovis, Descartes, Lacépède, Gracieuse, je contournerai la place Monge, traverserai la rue du même nom, pour prendre la rue Larrey, puis enfiler les rues de la Clef, du Fer à Moulin, Scipion, Vesale, de la Collégiale, avant de traverser le boulevard Saint-Marcel, et de continuer par les rues Michel Peter et de la Reine Blanche ; je traverserai l’avenue des Gobelins pour trouver la rue du même nom, et poursuivrai par les rue Gustave Geffroy, Berbier du Mets et Emile Deslandres ; si j’en suis là aux horaires d’ouverture du jardin ce qui est très probable (8h-19h30 du 25 octobre 2020 au 28 février 2021), je quitterai la rue Emile Deslandres pour traverser le square René Le Gall jusqu’à l’angle des rues Croulebarbe et Corvisart, si par malchance le jardin est fermé pour cause d’intempéries par exemple, je  le contournerai en demeurant rue Emile Deslandres jusqu’à la rue des Cordelières, pour atteindre la rue Vulpian que j’aurai rejointe, si le jardin était ouvert, par la rue Corvisart ; je suivrai la rue Vulpian juqu’à buter sur le boulevard Auguste Blanqui et les voies du métropolitain, ligne 6, Nation-Etoile, entre ses stations Glacière et Corvisart, je marcherai le long du boulevard et des voies jusqu’à la rue de la Santé, avant de continuer par les rues Cabanis, Broussais et Dareau ainsi que par le passage du même nom, puis la rue de la Tombe-Issoire.

Arrivée là j’aurai tracé un demi cercle et deux options se présenteront à moi : faire demi-tour et, dans le contresens des aiguilles d’une montre, revenir sur mes pas jusqu’à la rue Saint-Jacques, ou parfaire mon cercle en rejoignant le boulevard Saint-Jacques par la villa du même nom, les rues Jean Minjoz et Jean-Claude Arnould, avant de traverser la place Denfert-Rochereau en me gardant des voitures et de leurs substituts qui surgissent de partout et de nulle part, pour rejoindre la rue Froidevaux ; si jamais le cimetière du Montparnasse est ouvert je le traverserai pour en ressortir boulevard Edgar Quinet, s’il est fermé, ce que je crains, je le longerai par la rue Emile Bernard pour retrouver le boulevard Edgar Quinet.

Je marcherai là sur mes vieilles brisées, au Montparnasse monde.

Je rejoindrai la rue Delambre par le square du même nom (qui est un bout de rue et pas un jardin contrairement au square René Le Gall qui est un jardin et pas un bout de rue), jusqu’au boulevard du Montparnasse que je quitterai – et le Montparnasse monde avec lui - par le boulevard Raspail et la rue Vavin suivie jusqu’à la rue d’Assas ; encore qu’un crochet soit possible, si j’ai le courage, par la rue Sainte-Beuve pour adhérer sans en perdre une seule miette à la circonférence définie par mon kilomètre de rayon ; butant au bout de la rue Vavin sur les grilles du jardin du Luxembourg, reste à espérer que celui-ci soit encore ouvert (8h-17h du premier au 15 novembre) pour que je puisse le traverser et en ressortir sur le boulevard Saint-Michel ; si le jardin est fermé je le contournerai en continuant sur la rue d’Assas jusqu’à croiser la rue Auguste Comte qui me ramènera boulevard Saint-Michel ; un boulevard que je quitterai par la rue Soufflot, jusqu’à la rue Victor Cousin qui me permettra de rejoindre la rue Cujas ;  quand celle-ci coupera la rue Saint-Jacques, j’aurai bouclé ma boucle.

Mais pas sûre qu’une heure me suffise pour rallier mon point de départ.

(*) Marcher droit, tourner en rond, j’emprunte l’image et l”expression au livre d’Emmanuel Venet (éd. Verdier, 2016) au titre si bien trouvé, car que faisons-nous d’autre que marcher droit pour finalement tourner en rond ?

Poétique de la voirie (50)

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Isocèle ?

Equilatéral ?

Carré de l’hypoténuse ?

Avec épicentre : sûr et certain

Poétique de la voirie (49)

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Sang de la vigne

perdu en route

vengeance tardive ?

Poétique de la voirie (48)

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Peau de pub écorchée

sous les néons dénudés

la ville et son ciel

L’ESSENTIEL

Habiter Paris (aperçu 18)

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(Suite du précédent aperçu à partir du quel vous pouvez remonter le fil des précédents)

Depuis mon achat, je ne marche plus en zig-zag dans les rues, traversant et retaversant au gré des vitrines d’agences immobilières aperçues de loin – j’aurais pu me faire écraser cent fois. Je ne me jette plus non plus sur les petits journaux d’annonces empilés sous la pluie sur des présentoirs à leur porte comme on en trouve toujours sur le boulevard du Montparnasse. Quoi que : je garde aujourd’hui encore, en passant, un oeil curieux sur les titres de leur « dossier » du mois cycliquement consacrés à « L’esprit village dans Paris », aux « Grandes surfaces atypiques », au « Charme des jardins oubliés », au « Bonheur sous les toits », à « Vendre son bien rapidement », à « Tirer le meilleur parti d’une petite surface », à « Où vivre en famille dans Paris ? » etc. Je les dévorais du temps de ma prospection, épluchant les annonces, m’arrachant les yeux à chercher le défaut caché sur les photos de petits formats montrant des séjours tous mieux rangés et plus lumineux les uns que les autres et que le mien, mais rarement pourvus de bibliothèques. C’était une constante : on y voyait des canapés, des fauteuils, des tables servies, des plantes vertes luxuriantes, des luminaires design, des grands écrans plats collés au mur, mais jamais de rangées de livres jusqu’au ciel ni de tables de travail avec ordinateur et lampe de bureau, enfin tout ce qui fait mon nécessaire à vivre. Je ne risquais pas de trouver mon bonheur dans ces pages-là.

Mon acquisition signe l’extension du domaine de ma curiosité en repoussant ses bords de mon quartier d’habitation à la parcelle dont je suis devenue micro-co-propriétaire à hauteur de 90/10040. Quotient mal arrondi du fait qu’il y a eu, par le passé, avant mon arrivée, accord pour vendre une fraction des parties communes de l’immeuble. De ma nouvelle adresse parisienne, je ne descendrai pas sous les caves explorer les tréfonds comme je l’ai fait pour l’immeuble du boulevard. Je risquerais de me noyer. Sous ma maison subsidiaire coule une rivière. Je le sais et je l’ai toujours su, les petites pastilles de métal qui matérialisent l’ancien cours de la Bièvre au sol du quartier sont là pour le rappeler aux passants oublieux de cet affluent de la Seine. Sur ce point, le vendeur, à qui je pourrais reprocher par ailleurs certaines approximations ou certains silences, ne pouvait me leurrer. J’ai acheté, en parfaite connaissance de cause, au risque de la résurgence d’eaux précieuses autrefois aux tanneurs, teinturiers et aux tapissiers du quartier comme au moulin tout proche de Croulebarbe.

Un pied sur le vide de carrières, l’autre sur l’eau, je reste une Parisienne instable, même légitimée par un titre de propriété.

Habiter Paris (aperçu 17)

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La série Habiter Paris (aperçus), fait de sporadiques apparitions sur le blog, si vous souhaitez l’explorer, rien de plus simple, il suffit de reculer d’une case et ainsi de suite.

En octobre 2017, je parfais mon emprise sur la ville : j’en deviens co-propriétaire grâce aux 12,67 m2 selon Carrez que j’achète, autant dire un confetti, dans un arrondissement limitrophe de celui dans lequel je vis locativement. Une poignée de mètres carrés qui ne tombent pas juste sauf pour engloutir toutes mes économies et le fruit de la vente de ma maisonnette de campagne que je ne regrette pas pour deux sous. Je m’achète une pièce pas pour habiter mais pour soigner ma culpabilité de pièce rapportée dans la ville. Sans droit de cité immémorial. Sans eau de la Seine coulant dans mes veines. Avec mon attestation de propriété je soigne le versant résidentiel de mon syndrome de l’imposteur. J’ai pris tout de même quelques précautions si jamais je devais y vivre mes extrêmes vieux jours. J’achète à deux pas d’une station de ligne de métro desservant en dix minutes la Cinémathèque et avec ascenseur pour me hisser jusqu’à mon sixième étage au cas où, sur la fin, la tête cinéphile marcherait mieux que les jambes. Le confetti parisien me coûte les yeux de la tête et toutes mes économies mais je ne suis pas volée : mon sixième a vue sur Le Monde (du moins avant que celui-ci ne transporte ses clics et ses claques sur la dalle couvrant les voies de la gare d’Austerlitz).

Avant de visiter, le bien précieux qui serait mien deux mois plus tard, affaire rondement menée – vice caché sous le lino, débusqué, réparé par le vendeur, compris -, j’avais successivement visité des biens situés

1°) cité du Wauxhall, Paris 10earrondissement

2°) rue des Cordelières, Paris 13earrondissement

3°) rue Brézin, Paris 14earrondissement

4°) rue Buffon, Paris 5earrondissement

5°) rue de l’Aude, Paris 14earrondissement.

Des appartements réduits eux-aussi à portion congrue de studettes mais présentant divers autres inconvénients dont celui déniché était exempt. Soit, respectivement dans l’ordre des adresses citées : 1°) des parties communes au bord de l’effondrement, 2°) un prix encore plus excessif que l’excessif attendu au mètre carré et un propriétaire ne voulant rien entendre, 3°) des visiteurs passés juste avant moi raflant la mise, 4°) une surface si mal fichue qu’il fallait y choisir entre déplier son canapé et ouvrir sa porte – gros regret pour celui-là : du pur XVIIIe siècle, probable dépendance du Jardin du Roy, imaginez dans quel état d’excitation la perspective de sa visite m’avait mise et mon effondrement sur le canapé plié une fois la porte, difficilement ouverte par la négociatrice, refermée, 4°) la promiscuité imposée par une fausse entrée précédent l’entrée véritable résultant du fait qu’un appartement de déjà petite taille avait été partagé en deux encore plus petits par effet de scissiparité immobilière spéculative. Je liste ceci pour donner une idée du marché parisien, à l’été 2017,  des très petites surfaces en précisant que j’éliminais d’emblée de ma prospection les rez-de-chaussée sur cour avec poubelles sous le nez, les mansardes, les plus de troisième étage sans ascenseur, les erzats de WC ou, encore plus gênant, leur absence, tout ce qui était pudiquement à « rafraîchir » (je ne suis pas cool) et, passé ma première déconvenue, tous les arrondissements de la rive droite. Ceci explique mon petit nombre de visites par rapport aux offres en circulation en une période d’incertitude sur ce qu’il adviendrait de la fiscalité des pieds à terre dans la capitale.

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