L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Les livres du soir

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Livres de mon côté et où j’en suis avec eux. Trois piles sur deux étages d’une petite table ronde en bois de pommier récemment substituée à une vieille chaise moins pratique pour poser des livres. Ils sont empilés sans hiérarchie d’estime d’un étage à l’autre ou du dessous au dessus des piles, alors classés ici par ordre alphabétique des auteurs (et secondairement par titre pour celui qui est présent deux fois). A l’étage du bas, aussi ma paire de lunettes qui ne sert que pour lire dans mon lit ; l’autre reste le soir sur mon bureau.

  • Lise Beninca Balayer, fermer, partir, lecture récente, belle découverte, conseillé aux trois amis avec qui j’ai dîné hier soir (parmi eux ma prof de lettres de 2nde et 1ère) comme nous parlions de maisons que nous avions à vider et fermer ;  C. l’a lu aussi : à ranger
  • Pierre Bergounioux La cécité d’Homère, acheté en juin 2007 au marché de la poésie en discutant longuement avec les éditeurs, Circé à Belval dans les Vosges, à qui C. en profite pour commander L’hydre et l’ascenseur, essai sur Heiner Müller de Jean-Pierre Morel qu’il a envie de lire depuis longtemps mais qu’ils n’ont pas apporté sur leur stand ; je garde à portée de main La cécité d’Homère dont je n’ai pas encore lu toutes les conférences
  • Pierre Bergounioux La Toussaint, acheté récemment après une première lecture il y a 2 ans et demi en l’ayant emprunté à la bibliothèque municipale. Intention de le relire avant de le ranger avec les autres livres de l’auteur
  • François Bon Temps machine, acheté à la librairie bien garnie du théâtre du Rond-Point l’hiver dernier quand j’étais allée voir La mastication des morts de Patrick Kermann, dont j’avais acheté le texte en même temps. Les deux ont été lus aussitôt, Kermann est rangé, je garde encore un peu Temps machine ici
  • Geneviève Fraisse Le privilège de Simone de Beauvoir, c’est tout nouveau et l’amie Geneviève vient de me l’envoyer, lecture prochaine
  • Jean-Paul Goux Mémoires de l’enclave, reparcouru avant à la table ronde “Littérature et mémoire ouvrière” à laquelle j’ai participé au salon du livre de Limoges, à ranger
  • Yannick Haenel Cercle, offert par des amis en décembre dernier, pas lu encore
  • Gérard Haller Fini mère, livre que j’avais eu envie de lire quand il est paru l’année dernière, acheté seulement en janvier dernier après la mort de la mienne de mère, lu un peu plus tard et je ne peux pas le ranger encore
  • Christoph Meckel Un inconnu, donné par notre éditeur commun une fois que je suis allée à Cognac, C. l’a lu et l’a aimé, moi pas encore
  • Jérôme Meizoz Père et passe, éditeur commun avec celui-là aussi, mais achat : beau texte lu et apprécié par C. aussi, mais pas envie de le ranger encore
  • Henri Michaux Oeuvres complètes 1 et 2 en Pléiade achetés d’occasion, je guette le tome 3. Pour piocher n’importe quand
  • Marcel Parent Paulhan citoyen, l’auteur, père d’un ex-collègue, me l’a offert à Limoges, pas encore lu mais je sais que ça concerne Paulhan conseiller municipal de Châtenay-Malabry, ville limitrophe d’ici ; j’avais écouté l’auteur quand il était passé chez Veinstein
  • Marius Daniel Popescu La symphonie du loup absorbé la moitié le week-end dernier, je le reprendrai ce soir, une belle découverte et la lecture des premières pages m’a rappelé le choc reçu il y a longtemps à l’ouverture de Cent ans de solitude dont j’avais lu deux fois de suite le premier chapitre pour être bien sûre de ce qui m’arrivait. Impression jamais retrouvée avec ce qu’a écrit Garcia Marquez par la suite, j’espère qu’avec Popescu ça continuera
  • Sei Shonagon Notes de chevet, pour picorer comme le titre l’indique, là à cet usage depuis un an
  • Romain Verger Grande Ourse, reçu en service de presse parce qu’il était au programme des mêmes mardis littéraires que mon Atelier 62. Impressionnant et gonflé comme livre, bien aimé et je l’ai dit à la radio (découvert comme ça l’existence d’un éditeur – Quidam – à Meudon, autre ville limitrophe) ; livre à ranger
Dans une pile, entre deux de ces livres, il y a une enveloppe avec l’écriture de ma mère “photos de L. et L., 2001″, elle est vide mais je la garde précieusement : je suis devenue avare de toutes ses traces.
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Femme rompue par mail

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Comme j’avais à lire dans la vieille BN rue de Richelieu, en attendant d’être servie je suis allée voir ce que Sophie Calle, mise en scène par Daniel Buren, a installé dans la salle Labrouste autour de son mail de rupture gentiment conclu « prenez soin de vous » et signé X, goujat patenté. 107 variations sur le texte, écrites, filmées, chantées – tango, fado impossible, rap – etc. par des femmes sollicitées pour leurs talents interprétatifs professionnels à très large spectre. Les appropriations les plus techniciennes m’ont semblé les plus riches, comme celles de la commissaire de police, de la juriste, de la lexicographe, de la psychologue clinicienne, de la comptable, de l’exégète, de la chasseuse de tête ou de la correctrice typographique. Il y a aussi la physicienne Françoise Balibar qui en appelle à la physique des matériaux et à sa mécanique des ruptures fragiles, celles qui ne préviennent pas et font si peur aux constructeurs de ponts (par opposition aux ruptures ductiles) pour décrypter le message. Et l’écriture manuscrite d’Arlette Farge, spécialiste elle des vies fragiles, identifiée sans avoir besoin de lire son étiquette (entre croqueuses d’archives on se reconnaît). J’ai moins goûté les explications de textes de veine littéraire, plus convenues (et je n’ai pas lu celle d’une normalienne que je me garde de lire quelque soit le contexte). Grand plaisir à circuler à nouveau entre ces tables et ces fauteuils qu’on a usés quand tout se passait là : si longtemps lectrice assidue dans cette salle et le souvenir de la petite dame frisée, moitié aimable seulement, qui distribuait les places à l’entrée, côté vert ou côté gris, le gris plus calme que le vert qu’il fallait traverser pour descendre à la salle des catalogues. Un peu dommage que la sonorisation aux voix de fond trop criantes trouble l’écoute des vidéos, parce qu’il y a aussi d’émouvantes,  belles et drôles lectures à entendre comme celles de Yolande Moreau, Ariane Ascaride, ou – avec commentaires cinglants – Jeanne Moreau. Exceptionnellement j’ai laissé un mot sur le livre d’or – allusion à une rupture dans un passé antérieur à l’âge du mail – et regretté que l’objet-catalogue coûte 79 euros : partie sans… 

Tâtonnements et déboires

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Il y aurait ici la photo du pot de pensées sur le rebord de la fenêtre de la cuisine (dont j’ai déjà parlé ailleurs). J’en avais pris plusieurs ces derniers jours et le ciel à giboulées, changeant, se prêtait à des variations de lumière intéressantes sur mes trois fleurs avec évier au premier plan et ustensiles de cuisine séchant, variables eux aussi au fil de la journée. Mais pas moyen. Dossier impossible à créer ou erreur lors de la tentative réessayer plus tard. Et le dépanneur maison qui n’est pas là et rentrera tard. Ce ne sera donc pas pour aujourd’hui ces nouvelles de mes trois pensées, mais qu’on me croie sur parole : elles prospèrent. Avec le petit pied à terre sur la toile que je viens de louer, je me sens comme une qui aurait quatre murs neufs à aménager – et c’est bien la première fois que j’emménage dans du neuf. Qu’on m’excuse si je ne sais pas encore très bien où ni comment accrocher tous mes cadres.

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Les pieds dans le fil

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A la pause du matin du colloque auquel j’assistais hier – octroyée à 11h30, hypoglycémie bien avancée, parce qu’on avait commencé en retard à cause de la technique et que les temps de parole n’étaient pas respectés – l’éminent professeur honoraire spécialiste du sujet s’est fendu le crâne en tombant contre l’arête de la table de la tribune. Grand émoi, pompiers qui l’emmènent se faire suturer et tout le monde soulagé de ce qu’il n’avait jamais perdu ses connaissances le temps de tout ça (au point de s’inquiéter de ce que les mouchoirs en papier qui sortaient de toutes les poches en attendant les secours auraient pu souiller sa plaie). C’est la deuxième fois que j’assiste à un accident de tribune, la première, à Marseille au début des années 1990, la chute avait été beaucoup plus spectaculaire puisque l’orateur avait entraîné le décor de plantes vertes et du gros matériel de sonorisation comme on en faisait à l’époque. Comme quoi les accidents du travail arrivent dans tous les métiers et chez les universitaires, têtes les premières (pas comme les mains des forgerons).

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