L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Aller aux tripes (comme d’autres aux mirabelles*)

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C’est une tradition locale dont je ne sais pas si elle se rencontre ailleurs, mais à Céaucé (Orne), deux fois par an, le jour de la Saint-Ernier, célébré arbitrairement le deuxième dimanche d’août, et le dimanche de Pentecôte – soient les deux jours de fêtes au village- les réjouissances commencent par le petit déjeuner aux tripes servi à 9 heures dans les cafés du bourg. Des cafés, il y en a eu pas loin d’une dizaine, il en reste trois (dont un tenu par des sujets de sa Grâcieuse Majesté)  qui s’appellent La Victoire, Le Marché et Le Relais de l’Etape – une appellation que j’ai toujours trouvée redondante.

Donc dimanche 10 août à 9 heures, on verra converger de toutes parts vers les troquets des grappes de bonshommes allant ensemble aux tripes. La pratique n’est pas très féminisée, bien que rien ne s’y oppose et qu’on puisse toujours se faire servir un bifteak comme alternative – donc aller aux tripes sans manger de tripes, mais “le charme n’est pas le même” dixit les amateurs. Personnellement, si à midi je n’ai rien, par principe, contre les abats (encore que certaines cervelles crues…), au saut du lit j’aime mieux plus léger.

Quand il séjournait là-bas ces jours de fêtes, Amand Sonnet ne manquait pas de sacrifier à la coutume de la portion de tripes au matin, complétée d’un huitième de camembert, d’un fruit au choix et d’une bouteille de muscadet, à moins que l’on préfère du rouge. Il s’y rendait avec voisins, amis et éventuellement un gendre téméraire de l’estomac, ou deux**, de quoi composer une sympathique tablée – mais de toutes façons aux tripes, toutes les tablées parlent ensemble. Les hommes qui vont aux tripes ne font pas grand chose d’autre de la journée, c’est assez fatigant.

Après la mort du forgeron, donc depuis 1986, les gendres, accompagnés éventuellement de quelques petits-fils ont, le plus souvent pour la Saint-Ernier, maintenu la tradition, pour 10 euros, café compris en 2007. Mais cette année, le coeur n’y est pas trop, aucun n’a vraiment envie et j’ai bien peur même d’être la seule partante pour le feu d’artifice du soir, au plan d’eau, quand la nuit sera tombée. Moi j’aime bien les feux d’artifice, c’est comme ça, même si les fistons ont passé l’âge de parader portant lampions dans la retraite aux flambeaux.

* on ne peut pas faire de liens dans les titres, donc je place en note de bas de page celui qui se cacherait derrière les mirabelles.

** puisque j’ai commencé les notes en bas de page, je continue : je ne crois pas que mon frère soit amateur de tripes, mais je vérifierai (et corrigerai éventuellement) lundi quand je le verrai.

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Pendant l’été, la maison reste ouverte

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L’employée aux écritures se souvient des temps, pas si lointains, où elle était seulement lectrice de blogs et de son dépit quand l’août venu, les rideaux se baissaient les uns après les autres.

J’ai donc décidé de ne pas fermer ma petite surface toute neuve cette année, au risque de devenir un peu plus sporadique, ralentie dans mes élans créatifs par le débit réduit à un mince filet de 56 K le temps passé dans la campagne normande (qui m’a vue naître et la quitter six mois plus tard).

Comme juillet a été le troisième mois complet d’existence de ce blog et du site qui l’accompagne, j’ai regardé d’un peu près les statistiques de sa fréquentation et constaté avec satisfaction que le nombre moyen de visiteurs par jour était passé de 105 en mai à 118 en juin pour culminer à 148 en juillet. Je ne pavoise pas pour autant, bien consciente qu’un certain nombre d’entre eux, dévoyés par le manque de jugeote des moteurs de recherche, se trompent de porte. Je le disais encore justement l’autre jour.

Mais ça me fait quand même plaisir, surtout quand on vient depuis la Nouvelle-Calédonie ou les Seychelles, qui ne sont pas desservies par la gare Montparnasse et ont donc peu de chances de me voir, moi, venir à elles. Merci à tous. 

Ce que je souhaiterais améliorer, mais il me faudrait plus de temps à consacrer au site, c’est le nombre de pages vues, je trouve le rapport visites/pages visitées un peu faiblard. J’ai déjà tenté de fluidifier la circulation entre les pages du site, mais c’est encore insuffisant et j’essaierai de faire mieux.

Pour la rentrée, je mûris aussi un projet de feuilleton du samedi, mais c’est une surprise et je ne sais même pas si ce sera prêt compte tenu du fait que les jours ont beau passer, je suis toujours dans le ficelage du rapport quadriennal du labo qui pérégrine avec moi.

(J’ai tenté d’inclure ici la photo des deux arbres du jardin entre lesquels le hamac aurait été trempé comme une soupe aujourd’hui vu qu’il a plu toute la journée, mais coup bas du bas débit, c’est un échec : on peut toujours imaginer.)

Filed under la vie tout venant

J’ai bien ma petite idée

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Pour aider – comme nous y invite François Bon – le conseil municipal de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) à savoir quoi faire de la maison, sise rue du Grenier-à-Sel, de Monsieur Poirier, également géographe de son état, j’ai proposé :

on se met à plusieurs, on la soulève très délicatement, sans rien casser, sans rien bouger, sans faire de bruit, on la prend sur nos épaules et on lui fait faire le tour du monde, des eaux, des presqu’îles, des forêts, des collines, des villes qui ont une forme et de celles qui n’en ont pas

mais il en faudrait d’autres des idées, parce que les édiles du coin ne semblent vraiment pas très inspirés par la demeure de Julien Gracq, alors si vous avez la vôtre, allez donc l’ajouter à la collection qui se monte sur Tiers Livre.

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45 tours (et un acte manqué)

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Quand j’ai allumé la radio dans la cuisine à midi – mais il était 13h45 – radio restée d’hier soir sur France Musique, Marcel Amont chantait Bleu blanc blond, je ne sais pas si vous vous souvenez de Marcel Amont et de Bleu blanc blond, moi je les avais complètement oubliés et c’est comme s’ils étaient tous les deux, le chanteur et sa chanson, tombés d’une autre planète pile au milieu de ma cuisine.

Je suis sûre qu’il y avait à la maison un 45 tours de Marcel Amont, mais je serai moins affirmative sur les quatre chansons, deux de chaque côté, qui y étaient gravées. Il y avait à la maison un 45 tours de Marcel Amont, comme il y en avait un d’Alain Barrière, un de Gilbert Bécaud, un de Charles Aznavour et un de Jean Ferrat – sur lequel il chantait “La Montagne” et celui-là les parents l’écoutaient en soupirant que c’était bien pour tout le monde pareil et qu’il fallait suivre les paroles.

Je réalise que nous ne possédions qu’un seul disque par chanteur – et pas beaucoup de chanteuses, mise à part Colette Renard, et Paulette Merval qui faisait couple avec Marcel Merkès, au moins pour l’opérette, à la ville je ne sais pas – et pour chef d’orchestre on avait Franck Pourcel. Les disques du frère aîné nous dépaysaient jusque dans les rues d’Antibes, dont je me demandais bien ce qu’elles pouvaient avoir de spécial, avec Sidney Bechett, et encore plus loin avec Tito Puente. J’ai oublié les autres : le frère est tôt parti de la maison avec ses disques.

En écoutant Marcel Amont comme je faisais ma pause déjeuner en plein boulot de rapport quadriennal CNRS, il m’a semblé qu’au temps où son 45 tours tournait sur le dessus du poste et qu’on s’asseyait sur une chaise à côté pour l’écouter en surveillant la progression du bras et qu’il ne sautille pas trop, le monde était plus rond que maintenant, plus complet aussi.

Je ne sais pas trop si c’est à cause de cette bouffée de musiques d’avant, mais voulant rentrer de chez C.D., qui habite à la porte de Saint-Cloud, chez moi ce soir, je me suis trompée de bus et me suis installée dans celui qui a pour terminus “Cité de la Plaine”, celui qu’on prenait au temps de Bleu, blanc, blond, quand on rentrait du cinéma “Le Gudin” – dont on venait de parler avec C.D qui l’a beaucoup fréquenté aussi. J’ai juste eu le temps de redescendre du bus, comme il démarrait.

(J’ajouterai des liens plus tard peut-être : Bleu blanc blond ça n’a pas l’air d’exister sur Deezer)

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Malheureuses erreurs d’aiguillage

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Prenant connaissance de deux requêtes récentes adressées à Google ayant amené des visiteurs sur son site, L’employée aux écritures tient à s’excuser auprès de deux internautes égarés de n’avoir pu les satisfaire.

En effet, bien que possédant effectivement une carte escapade amortie à grand peine et même si au printemps dernier j’ai découvert successivement en TGV les villes de Limoges, Royan et Privas, je ne connais pas le montant d’une “amende voyage TGV carte escapade”, m’efforçant de respecter la réglementation en vigueur et donc de bien dormir sur place la nuit du samedi au dimanche pour bénéficier à juste droit du tarif de faveur.

Je ne suis pas plus en mesure de répondre à la question “lundi matin comment je peux faire pour avoir le train de 8h35?”. S’il m’est effectivement arrivé, toujours au printemps, d’évoquer un train de 8h35 c’est précisément que je ne l’avais pas eu – celui-ci n’étant jamais passé – alors que j’avais fait, en principe, tout ce qu’il fallait pour. Et de plus parlons-nous bien du même train de 8h35 ? Le mien est un omnibus Sèvres Rive Gauche – Paris Montparnasse passant habituellement à cette heure là en gare de Clamart.

Ce que je me demande, c’est s’il faut voir un lien de cause à effet entre ces suggestions de Google et le fait que je vienne d’activer l’option ‘Voyageurs illimités” proposée par mon fournisseur d’accès Internet, aux fins de rester en contact avec le vaste monde ces prochaines semaines au cours desquelles je serai d’abord mi-parisienne/mi-campagnarde puis résolument montagnarde.

Je tiens donc à faire savoir aux aiguilleurs de Google qu’en dépit de l’ambition démesurée, à l’échelle de mes déplacements, dont j’ai fait preuve en activant cette option “Voyageurs illimités”, je reste extrêmement limitée et ne saurais en aucun cas me substituer à une guichetière des renseignements de la sncf.

Chacune son métier.  

Filed under vie technologique

Beau tango un peu déjanté

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Lorsque L’employée aux écritures vous aura dit qu’elle porte définitivement aux nues des films cultes L’Acrobate de Jean-Daniel Pollet (1976) avec Claude Melki, qui avait été apprenti-tailleur avant de devenir acteur, et Guy Marchand, vous comprendez aisément que cette semaine elle court le soir les jardins parisiens dans lesquels chante Daniel Melingo, élégant costume noir et beau chapeau. Par moment Daniel Melingo ne chante pas mais souffle dans une clarinette et c’est très bien aussi.

Donc hier soir c’était sous les frondaisons du Luxembourg, avec petit vent froid, ce soir au parc Georges Brassens, mais malheureusement j’avais un empêchement, demain 18 h à Bercy Village, j’y retourne, et jeudi 19h au Parc de Belleville, pourquoi pas. C’est gratuit, c’est Paris quartier d’été, merci Bertrand.

Tellement de monde au Luxembourg qu’avec C. venu me rejoindre, nous ne nous sommes retrouvés que tout à la fin du concert. Plus tard il me racontera que croyant à un moment apercevoir au loin ma silhouette de dos, il s’était approché mais que celle qu’il croyait être moi s’était avérée, d’un peu plus près, assise sur les genoux d’un autre amateur de tango rocailleux, et que du coup, par discrétion, il avait préféré ne pas avancer plus. Je lui ai répondu qu’il devrait songer à changer ses lunettes.

Il n’y a pas longtemps que je connais Daniel Melingo et ma vive et neuve passion ne s’émousse pas. C’était en juin, la soirée des lectures d’été d’Atout-Livre, dans le XIIe, avait été ponctuée musicalement de son dernier disque. Je leur avais dit à la fin qu’il fallait absolument que je l’achète et ils avaient tenu à me l’offrir. Depuis le disque reste en permanence dans l’appareil à musique de la cuisine et c’est Buenos-Aires qui s’invite à tous les repas.

Le chant de Melingo charrie les années passées sur nos découvertes de L’Acrobate de  Pollet, de Cortazar, de ses Armes secrètes et de ses axolotl, du Cuarteto Cedron et de ses Trottoirs de Buenos Aires. Dans ce temps-là, il y en avait aussi, dans d’autres chambres, qui écoutaient Quilapayun.

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Instantané alsacien

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Descendue du train à 13h53 en gare de Rosheim (67560), tombée nez à nez avec

et pensé à une autre Casse, celle de Pierre Bergounioux.

De passage à Strasbourg, entre deux trains, juste le temps de faire un saut jusqu’à la librairie Kléber que je voulais connaître de longue date, mais comme j’étais vraiment pressée (billet non échangeable et non remboursable…) j’ai apprécié que la littérature se trouve au rez-de-chaussée juste à l’entrée. J’en ai profité pour acheter les Cahiers de jeunesse de Beauvoir, qui ont considérablement alourdi mon bagage et lesteraient idéalement tout sac de plage bien composé (mais je n’en ai pas, n’allant jamais en vacances au bord de la mer et c’est pas demain de la veille, avec les méduses qui s’incrustent).

J’ai cruellement souffert au cours de mon séjour alsacien du monopole du toréfacteur strasbourgeois Reck sur tous les débits de boisson de la région – il se vante d’ailleurs sur son site de sa forte implantation locale. Obligée de passer au thé à toute heure, alors qu’en tant normal, j’alterne. Et je me suis souvenue qu’avec C., quand on était passé par là il y a juste 20 ans, on s’était déjà dit que si jamais on croisait le représentant de la maison, pour le moins, on aurait deux mots à lui dire… 

Pas un savon pour Glykos

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Petit bonheur de lecture matinale ce dimanche avant d’aller prendre ma douche derrière mon rideau toujours trop court (cf mon billet du 6) les 110 pages d’à proprement parler d’Allain Glykos, si joliment éditées à l’Escampette en 2003. Le plaisir commence avec la photo de couverture, ce dessus de lavabo avec accessoires de toilette sur fond de papier peint (qu’on devine lavable) improbable comme dans les maisons où l’on passe et s’étonne de trouver un papier pareil collé sur les murs de la salle de bains.

C’est l’histoire d’une phrase désobligeante (mais alexandrine) – on n’en dira pas plus – dite l’air de rien par une soeur à propos d’un frère au cours d’un repas de famille à partir de laquelle ledit frère se monte quelque peu le bourrichon. C’est sans pitié pour la fraternité, les conséquences hygiénistes excessives du confort moderne et la vie d’une famille nombreuse dont le père rabâche à tout bout de champ que “le silence de chacun assure le repos à tous” et ne supporte pas qu’on jette “l’eau propre sur la famille”.

L’écriture de Glykos, délicieusement répétitive et cumulative, fait rendre aux mots tout leurs jus (de chaussettes odorantes) pour raconter cette histoire de propre et de sale qui invite chacune et chacun (mais différemment) à se regarder en face dans la glace au dessus du lavabo. On réfléchira à deux fois, après sa lecture, avant de proposer au voyageur qui arrive de loin de “prendre une bonne douche” pour se remettre, comme on évitera de manger à la hâte une côte de veau avant d’aller au concert. Et l’on se dit qu’au delà de son caractère plaisant et drolatique, l’affaire subtilement empreinte d’analyse aurait bien plu à un certain Sigmund.

C’est Patrick Frêche, quand j’étais passée en mai dernier dans sa librairie à Royan qui m’avait vanté les mérites de Glykos, il avait raison et je vais continuer à le lire avec son prometteur aller au diable et c’est une chance, il y en a plein d’autres.

Je précise qu’arrivant à l’ordi pour écrire ce billet j’ai trouvé le chat sur le bureau jouant innocemment avec ma clé USB. Je lui ai fait remarquer que ce n’était pas parce que ce macbook était dépourvu de souris qu’il fallait se croire tout permis pour compenser ce manque…

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Vertus stendhaliennes du tilleul

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Les grand magnifiques feuillus et parmi eux des tilleuls comme je n’en avais jamais vus qui entouraient la maison, un ancien moulin au bord de la Valouse dans le Jura, dans laquelle j’ai dormi la nuit dernière me faisaient penser très fort à

 ”Pour madame de Rênal, la main dans celle de Julien, elle ne pensait à rien ; elle se laissait vivre. Les heures qu’on passa sous ce grand tilleul que la tradition du pays dit planté par Charles le Téméraire, furent pour elles une époque de bonheur. Elle écoutait avec délices les gémissements du vent dans l’épais feuillage du tilleul, et le bruit de quelques gouttes rares qui commençaient à tomber sur ses feuilles les plus basses. Julien ne remarqua pas une circonstance qui l’eût bien rassuré ; madame de Rênal, qui avait été obligée de lui ôter sa main, parce qu’elle se leva pour aider sa cousine à relever un vase de fleurs que le vent venait de renverser à leurs pieds, fut à peine assise de nouveau qu’elle lui rendit sa main presque sans difficulté, et comme si déjà c’eût été entre eux une chose convenue.”

Stendhal, Le Rouge et le Noir, p.108-109 du Folio classique n° 3380.

C’est pourtant une verveine que j’avais sagement bue hier soir. Et de la toute petite fenêtre de ma chambre, tôt ce matin, les arbres du bord de la rivière étaient comme ça

Mais, vous en reprendrez bien une dernière petite gorgée

“Minuit était sonné depuis longtemps ; il fallut enfin quitter le jardin : on se sépara. Madame de Rênal, transportée du bonheur d’aimer, était tellement ignorante, qu’elle ne se faisait presque aucun reproche. Le bonheur lui ôtait le sommeil. Un sommeil de plomb s’empara de Julien, mortellement fatigué des combats que, toute la journée, la timidité et l’orgueil s’étaient livrés dans son coeur.”

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Des -e- systématiquement ajoutés au bout des mots

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Discussion (amicale) aujourd’hui avec une collègue dont je relis un texte : elle a féminisé systématiquement les mots comme “précurseur-e-” “successeur-e-” etc. avec le e bien détaché entre deux tirets. Elle a aussi accolé, par principe, “hétérosexuel” au mot couple pour parler de Mr and Mrs C, des anglais voyageurs du XVIIIe siècle.

Je lui fais remarquer que pour partager ses convictions, je trouve néanmoins que les textes sont alourdis par ces précisions qui ne sont pas forcément nécessaires ni utiles à la cause. Je ne suis pas pour ce martèlement – même si je l’applique à certains mots et tiens à être ingénieure de recherche  - mais sans tirets – et non pas ingénieur (on a droit à quelques incohérences par ci par là, et d’ailleurs quand je serai grande je voudrais être un écrivain…). Et je trouve totalement absurde l’emploi qui se répand de chercheure avec ou sans tirets quand il existe chercheuse.

Ma collègue considère au contraire que la stricte application de ce principe contribue décisivement à l’évolution des esprits et des regards, en est même une condition. Nous ne sommes pas d’accord, je crains que l’agacement, que même moi je ressens à lire ces tournures insistantes, soit au bout du compte contreproductif, générateur de dérision ou de caricature. Qu’il faut s’y prendre autrement.

Personnellement, il me semble que revendiquer le salaire égal du travail égal, le règne de la parité en tous lieux et toutes instances et une répartition équilibrée des corvées ménagères,  ce à quoi je m’emploie, n’empêche pas de s’accommoder d’une certaine neutralité du langage – même si je regrette qu’en français celle-ci soit phagocytée par le masculin.

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