Limites latérales de la gare. Autant côté XIVe arrondissement les choses sont claires et la rupture avec la vie civile, par opposition à ce qui serait la vie ferroviaire, franche, autant côté XVe règne une certaine ambiguïté. Côté XIVe donc, longtemps de la façade et du mur (celui longé par la piste cyclable strictement parallèle à la rue Vercingétorix) qui nécessitent peu de solutions de continuité grillagères - le vestige de la gare Ouest-Ceinture étant compris dans l’enceinte. Alors qu’en face, bien malin qui dira où s’arrêtent exactement la gare et ses annexions sur le quartier. Au moins vu du train, parce que si je décidais un jour de suivre consciencieusement à pied ou à vélo l’enfilade des rues de Castagnary et Jacques Baudry, j’y verrais peut-être plus clair. Pour ce que j’en perçois, emprise de la gare enclose par des grillages le plus souvent, d’états, couleurs et tensions variables, mêlés d’herbes folles par endroits, et ce dès le départ, en gare de Montparnasse 3 Vaugirard, en bordure de ce qui aurait pu être la voie 31. Mais on voit bien, pendant un certain temps, qu’au delà du grillage le premier front de bâtiments, constructions parfois assez légères, à encore à voir avec la pratique ferroviaire. Subsiste donc un doute sur la limite exacte de l’emprise de la gare de ce côté-là.

Contribution à une typologie des usagers. Une sous-espèce de voyageurs du Paris-Granville, au départ des voies le long du grillage, est composée, en saison, des curistes en partance pour Bagnoles-de-l’Orne où ils vont soigner une maladie veineuse. “A Bagnoles, à bas la varice” : c’était de l’humour de carte postale. Plus de femmes que d’hommes. Plus de femmes d’âge certain que de jeunettes. Lourds sous-entendus des chauffeurs de taxis qui attendaient leurs maris au train de 20h30 le vendredi soir, à l’époque où la gare de la station thermale était encore desservie. C’est du passé. De nos jours, la station se rallie par car, correspondance en gare d’Argentan, ou de Briouze, dans la cour de la gare. Mais jusqu’en 1994, les deux derniers wagons des trains se décrochaient à Briouze et poursuivaient seuls sur voie unique, après une somptueuse manoeuvre – “la manoeuvre” – que les aficionados descendaient observer du quai. C’est quand les deux wagons s’engageaient, griffés par les branches, au cœur de la forêt d’Andaines que les distraits qui voulaient continuer vers Granville sans avoir pris garde au décrochage caudal entraient en transes.






