Une fois n’est pas coutume, je trouve logique d’intégrer dans ma courte série New York City en le contextualisant un peu plus précisément le billet confié à Cécile Portier pour son blog Petite Racine il y a un mois (dans le cadre des échanges du premier vendredi du mois – en novembre je n’y ai pas participé mais bel ensemble à découvrir chez Brigitte Célérier). Avec Cécile, notre échange d’octobre avait pour thème les valises.
Dans cette semaine newyorkaise, le vendredi matin s’est passé à explorer les rayons de la librairie Strand, de la cave au grenier, une librairie où l’on trouve des trésors cachés bien exposés

un étonnant photo-maton au sous-sol (mais c’est à l’extérieur dudit photo-maton que je me suis involontairement tiré le portrait,

et cinq chaises défraîchies alignées sous la fenêtre à l’étage des livres d’art, donnant vue sur une chouette de l’autre côté du carreau et sur la la ville mouillée

parce qu’il faut savoir que ce matin là il pleuvait fort. Une fois sortis, nos achats réglés aux caisses du rez-de-chaussée, nous sommes restés longtemps sous l’auvent du magasin, la pluie ne faiblissait pas, mais ce n’était pas du tout un problème, c’était jouir de la ville d’une autre façon.
C’est alors que j’ai remarqué la valise, toute proche, délaissée, qui tombait bien puisqu’au retour (il fallait malheureusement commencer à penser au retour) j’aurais une valise à écrire pour Cécile. Et cette valise sous la pluie m’a fait penser que

le voyageur qui voulait faire provision d’eau pour continuer sa route sera déçu quand il sortira à son tour de la librairie. A cause de l’inconscient qui a cru faciliter la tâche des éboueurs et la marche des piétons, à moins qu’il ne s’agisse d’un plaisantin toujours prêt à faire une farce, en redressant sa valise à la verticale et en la rapprochant de la poubelle. Ce qui peut suggérer que l’aventure de la valise finit là, ce vendredi 23 septembre, et provoquer son enlèvement par les services de la voierie ou un réemploi par une voyageuse sans bagage. J’y ai pensé moi qui voyage un peu léger. Le voyageur bibliophile monté sur la pointe des pieds jusqu’au 4e étage de la librairie, petite flaque à sa suite sur chaque marche, avait pourtant pris soin de poser sa valise bien à plat sur le trottoir, couvercle rabattu grand ouvert, pour qu’elle se remplisse. Au lieu de quoi, la valise de qualité médiocre se détrempe, la pluie la traverse et son propriétaire n’en sait rien, tout absorbé qu’il est, lui, dans la contemplation d’un incunable. Mains glissées dans les fins gants blancs qu’on lui a fournis, il n’ose cependant tourner les pages de l’un des deux seuls exemplaires subsistants de l’anonyme “Art admirable de faire communiquer les vases mis à la portée de tous”, imprimé à Lyon, en langue vulgaire, dès 1478.
Nous ne l’avons pas vu paraître le bibliophile, n’avons pas été témoins de son désappointement, n’avons pas eu à lui proposer de mouchoir pour recueillir des larmes que sa valise n’était plus en état de contenir. Pourtant nous sommes restés longtemps, immobiles, devant la porte de la librairie Strand.
Et puis la pluie toujours égale nous avons gagné un autre abri, juste une rue à traverser, d’où nous avions un autre point de vue.
Il a beaucoup plu sur Manhattan cette matinée du 23 septembre 2011 et les livreurs n’avaient pas la tâche facile.






Donc, descendre du 
Le billet d’entrée, on l’a, combiné à celui du train aller et retour depuis Grand Central, le tout pour 31,50$, une affaire. Le musée s’impose d’abord par son jardin, jardin sans limites matérialisées et qui descend jusqu’aux rails, gagne le paysage ferroviaire.






















C’était un dimanche matin sous ciel d’un bleu ravageur, après avoir fait provision, à l’angle de la 9e avenue et de la 14e rue, de câbles et écouteurs qui nous lâchent assez régulièrement, de bout en bout 















