L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

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Notes confinées (semaine 7)

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Du mardi 28 avril au lundi 4 mai 2020, avec vues sur rue, sur cour ou sur intérieur.

Mardi sur la rue

toute averse venant reverdir les platanes est source d’espoir.

Mercredi sur la cour

diversification des jeux : apparition d’un croquet et de quilles de bois numérotées.

Jeudi sur l’intérieur

vert, rouge, alerte orange, que chacun voie l’épidémie à sa porte.

Vendredi sur la rue

disparus le fournisseur de muguet communiste français et ses concurrents de sauvette.

Samedi sur l’intérieur

exhumer les pinces à cheveux des vies antérieures qu’on croyait enfouies à jamais.

Dimanche sur la cour

à 17h chaque après-midi, envol des volutes d’un violoncelle voisin.

Lundi sur la rue

un frémissement, comme un frémissement, des prémices, une amorce (et puis rien ?).

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mai 5, 2020

Notes confinées (semaine 6)

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Du mardi 21 avril au lundi 27 avril 2020, avec vues sur rue, sur cour ou sur intérieur.

Mardi sur l’intérieur

compter en semaines (6) plutôt qu’en jours (36) pour tâcher de s’en tenir à un chiffre.

Mercredi sur la cour

ils ont tous bien progressé en badminton sans doute grâce au filet de fortune installé.

Jeudi sur l’intérieur

jusqu’à la nuit même, lourde de rêves confinés, que le jour ne dissipe pas.

Vendredi sur la rue

le joggeur passant sous la fenêtre à 19 heures pile sort de nulle part, forcément.

Samedi sur l’intérieur

les beaux parleurs de chez eux sur nos écrans ont souvent des plafonds moulurés sur la tête.

Dimanche sur la rue

réapprendre à traverser dans les clous comme les chiens réapprendront la laisse, un jour.

Lundi sur l’intérieur

attendre la stratégie du plan (ou le plan de la stratégie) et tourner en bourrique.

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avr 28, 2020

Notes confinées (semaine 5)

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Du mardi 14 avril au lundi 20 avril 2020, avec vues sur rue, sur cour ou sur intérieur.

Mardi sur l’intérieur

la saint glinglin, la Trinité, les dents des poules : aux environs de la mi-mai – à confirmer.

Mercredi sur la cour

les marelles tracées dans les petits cailloux ne sont pas durables.

Jeudi sur la rue

ce frisson à chaque passage de camion frigorifique.

Vendredi sur la rue

statistique personnelle : deux personnes au plus par autobus, même dans les doubles.

Samedi sur la rue sur la cour sur l’intérieur

le geste-barrière n’est pas l’apanage du garde-barrière, heureusement.

Dimanche sur l’intérieur

ce que l’on sait c’est que l’on n’en sait pas beaucoup plus sur la suite.

Lundi sur la rue

tous ces chiens qui habitent la ville dans un rayon de moins d’1 km et que l’on ne connaissait pas.

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avr 21, 2020

Notes confinées (semaine 4)

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Du mardi 7 avril au lundi 13 avril 2020, avec vues sur rue, sur cour ou sur intérieur.

Mardi sur la rue

s’avancer masqués pour une fois qu’avril pouvait nous découvrir d’un fil.

Mercredi sur l’intérieur

pics, plateaux, épicentres, la géographie de 19:15.

Jeudi sur la rue

deux cavaliers et leurs montures carapaçonnés de bleu, chaque jour, au petit trot sur le boulevard.

Vendredi sur la cour sur la rue

nos fenêtres nous ne les verrons plus jamais du même oeil.

Samedi sur la cour

l’érable élagué, de ses jeunes pousses vertes, veut nous dire quelque chose.

Dimanche sur l’intérieur

férié, ouvrable, ouvré, va savoir.

Lundi sur l’intérieur

il faudrait pouvoir en parler au passé mais ce ne sera pas simple.

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avr 14, 2020

Un printemps bergounien malgré tout

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Pandémie et confinement tendant à nous faire perdre le Nord, j’ai oublié de mettre en ligne aux premiers jours d’avril, comme je me l’étais promis, la suite de mon année bergounienne. Je m’en aperçois et je boucle donc l’année, après mes extraits consacrés à l’été, à l’automne et à l’hiver. Un petit bol d’air corrézien nous fera du bien. Donc toujours selon les principes de ma “Conduite à tenir pour vivre une année bergounienne” publiée dans le livre collectif Pierre Bergounioux : le présent de l’invention, dirigé par Laurent Demanze en 2019, suite de ma contribution inspirée par ma relecture des trois premiers Carnets de notes (1980 à 2010) pour y puiser le schéma de l’année bergounienne archétypique. Je rappelle que tous les passages composés en italiques ci-dessous sont des citations extraites des Carnets.

Avril, mai, juin.

Printemps théorique parce que certaines années l’hiver revient au seuil d’avril, quand ce ne sont pas les giboulées qui frappent à contre-temps mars en mai puisque nous avons eu mai en mars. Néanmoins,profiter des vacances dites de printemps pour descendre en Corrèze même si les huit ou dix jours du séjour ne procurent qu’un avant-goût (de trop peu) de la cure régénérative de juillet. Mettre le cap sur les Bordes, lever 5h30, départ 6h, arrivée 11h, horaire susceptible de varier en fonction des arrêts facultatifs à Orléans, Clermont-Ferrand et/ou Brive. Faire éventuellement l’acquisition d’une carte de pêche en chemin, juste avant d’arriver. Dès l’après-midi ou, au pire, le lendemain passer voir les stocks de matière première à souder au camp des Bohémiens et à la chaudronnerie, en faire provisions : toujours au moins des dents de faucheuses (coriaces à arracher) et des riblons à la pelle. En soirée monter sur le plateau taquiner les truites de la Dadalouze, s’il s’en trouve quelques unes de précoces. Respirer, enfin, respirer. De retour dans la vallée de l’Yvette, si la saison se respecte, tout est vert, soudain, et on se rappelle que c’est déjà le mois de mai ; en avril et mai souhaiter aux plus proches (et à soi-même) leurs anniversaires. Un jour férié, le 1erou le 8 mai faisant parfaitement l’affaire, rentrer dans Paris en voiture, stationner le long du boulevard Edgar Quinet et selon une habitude qui s’invétère finir d’atteindre la Foire de Paris à la porte de Versailles par le métro, ligne 12. Faire là ses emplettes-cadeaux d’anniversaires au pavillon abritant les artisans du monde. L’année scolaire tirant vers sa fin, dernier vendredi de semaine B, derniers bulletins, derniers conseils de classes, s’autoriser à respirer la paix divine du soir de juin à dix heures précises, quand tout est parfum, profusion, gloire et s’offrir même le luxe d’une traversée du campus giffois du CNRS pour s’y saouler aux effluves de l’allée des tilleuls. Combiner le dernier book day fraternel parisien de la saison dans son circuit habituel (rue de Provence, passage Verdeau, métro pour le Quartier Latin puis rue de l’Odéon, boulevard Saint-Michel et bistro rue Monsieur-le-Prince avant de se séparer) avec un passage à la foire au livre ancien de la place Saint-Sulpice. Retour cartable plein à craquer, dos cassé pour trois jours. Corriger les copies du brevet et prendre enfin congé du collège dans la paix mystérieuse, un peu magique, du dernier jour.

PS. Si vous découvrez le blog et souhaitez continuer votre lecture par quelques autres articles dans lesquels il est question de Pierre Bergounioux, passez donc par ici :

Ouvrir l’année à Gif-sur-Yvette avec Pierre Bergounioux

Une jonquille par temps de chrysanthèmes (offerte par Pierre Bergounioux)

Tristesse des mois en -bre (selon Pierre Bergounioux)

Compression d’étés bergouniens

Lui et nous : à propos du “Carnet de notes 2011-2015″ de Pierre Bergounioux

Jonquilles primeures à Gif-sur-Yvette : suite des Carnets de Pierre Bergounioux

“Vies métalliques”, rencontres avec Pierre Bergounioux

Enfin visibles à Paris : des ferrailles de Pierre Bergounioux

Mots de la fin (provisoire) du Carnet de notes 2001-2010 de Pierre Bergounioux

Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2001-2010, lecture in progress

Lecture en cours : Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2001-2010

“Un concert baroque de soupapes”, Pierre Bergounioux sculpteur

Dans Les moments littéraires, Bergounioux

Histoire, littérature, sciences sociales – et Bergounioux

D’une page 48 de Bergounioux, et tout son monde est là

Couleurs Bergounioux (au couteau)

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avr 9, 2020

Notes confinées (semaine 3)

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Du mardi 31 mars au lundi 6 avril 2020, avec vues sur rue, sur cour ou sur intérieur.

Mardi à l’intérieur

tisser détisser retisser les fils d’infos, faire sa Pénélope sur la toile.

Mercredi sur la rue

l’obstination de l’anticyclone confine à l’insolence.

Jeudi sur la cour

les pâtés de petits cailloux manquent de tenue, il faudrait du sable humide.

Vendredi sur la rue

les valises à roulettes, toutes, métamorphosées en charriots à commissions.

Samedi sur la rue

de nuit, à l’hôpital en face, des fenêtres éclairées qu’on a toujours vu éteintes.

Dimanche à l’intérieur

les chaussures de ville alignées dans l’entrée s’empoussièrent et n’en reviennent pas.

Lundi à l’intérieur

innocente intrusion du dehors la botte de radis prend des airs de cheval de Troie.

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avr 7, 2020

Notes confinées (semaine 2)

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Du mardi 24 mars au lundi 30 mars 2020, avec vues sur rue, sur cour ou sur intérieur.

Mardi à l’intérieur

agendas gommés à perte de vue, angoisse des pages blanchies.

Mercredi sur la cour

deux par deux, les fratries, badmington, sans échange de raquettes.

Jeudi à l’intérieur

les mains récurées y laisseront leurs peaux.

Vendredi sur la rue

les couloirs de bus coulent des jours paisibles.

Samedi à l’intérieur

nos fors intérieurs n’en demandaient pas tant.

Dimanche à l’intérieur

passage à l’heure d’été sans penser l’été.

Lundi sur la rue

plus personne ne compte ses pas : 10 000 par jour on n’y arrivera jamais.

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mar 31, 2020

Notes confinées (semaine 1)

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Du mardi 17 mars au lundi 23 mars 2020, avec vues sur rue, sur cour ou sur intérieur.

Mardi sur la rue

les chiens, même en laisse, sont les rois du boulevard.

Mercredi sur la rue

la croix verte de la pharmacie signe la vie.

Jeudi sur la cour

un enfant après l’autre joue sa récréation.

Vendredi à l’intérieur

les cheveux poussent désormais sans craintes.

Samedi à l’intérieur

l’adjectif drastique est sorti de sa réserve.

Dimanche à l’intérieur

les heures creusent leurs trous profond.

Lundi sur la cour

jalouse de la corde à sauter, pas pour me pendre, juste sauter.

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mar 24, 2020

D’une épidémie l’autre : Paris juillet 1782

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Le volume 7 de la publication du journal tenu par le libraire parisien Siméon Prosper Hardy de 1753 à 1789 sous le titre Mes loisirs ou journal d’événemens tels qu’ils parviennent à ma connoissance, vient de paraître chez Hermann. Il s’agit d’une édition pour la première fois intégrale du manuscrit à laquelle j’ai le bonheur de collaborer. Les volumes papier sont accompagnés d’un site internet mettant à disposition les index. Ce septième volume porte sur les années 1781 et 1782, et justement, en 1782 :

Du vendredi cinq juillet : Espèce d’épidémie répandue à Paris après avoir circulé dans l’Europe.

Ce jour une maladie qu’on prétendoit avoir circulé dans presque toute l’Europe, que les uns appelloient la Coquette du Nord, comme ayant commencé par la Russie, d’autres la Générale, et d’autres encore, la Royale ou la Lévite ; consistant en rhume, mal de gorge et fiebvre, mais qui par bonheur n’étant pas intraitable, moissonnoit peu d’individus, se faisoit sentir dans notre capitale, au point qu’il n’existoit pas, pour ainsi dire, de maison où l’on n’entendît quelqu’un se plaindre d’en être tourmenté. Bien des gens avoient l’esprit frappé qu’une sorte de contagion se répandoit dans l’air et portoient en conséquence par précaution des gousses d’ail dans leurs poches. Parce qu’ils avoient entendu raconter, qu’il étoit entré dans un de nos ports de mer un vaisseau empesté dont les marchandises vendues sans qu’on s’en fût apperçu, avoient porté l’air contagieux en différents endroits. On asseuroit aussi que l’épidémie étoit devenue considérable à l’Hôtel-Dieu, ainsi que dans la prison des galériens dite de la Tournelle size porte Saint Bernard, où il venoit de mourir en peu de jours dix-neuf personnes du charbon, parmi lesquelles se trouvoit même compris le concierge de la dite prison ; comme on prétendoit encore que dans les collèges de Louis le Grand et de Montaigu où nombre de jeunes gens étoient pris de la maladie courante, il avoit été fait dans une chambre où ils étoient plusieurs réunis une expérience pour s’asseurer de la nature de l’air, d’après laquelle on avoit acquis la certitude qu’il étoit effectivement malfaisant et contagieux.

Du dimanche quatorze juillet : Continuité et progrès du rhume épidémique surnommé, la Carmélite ou l’Influence : comment on traitoit les personnes qui en étoient attaquées.

Ce jour le rhume épidémique qui après avoir successivement tourmenté les habitants de la Russie, ceux de la Suède, du Dannemarck et de la Pologne, enfin ceux de l’Italie et de l’Angleterre circuloit en France depuis quelque tems, continuoit de parcourir tous les états dans notre capitale, et de s’y reposer sur presque toutes les têtes, au point que dans une seule famille, dans une seule maison, on trouvoit journellement plusieurs membres devenus ses tributaires, et que ceux qu’on avoit vu la veille triompher et se vanter de n’être pas encore rangés, parmi les infirmes à la mode, étoient tout étonnés de se voir le lendemain frappés à leur tour. Cependant un fort petit nombre de personnes parmi lesquelles on en citoit quelques unes qu’on avoit saignées, étoient jusqu’à ce moment devenu ses victimes en payant à la nature le dernier tribut. On se tiroit d’affaire le plus ordinairement en buvant de l’eau de Bourache avec du miel, en faisant diète et en provocquant la sueur ; quelque-fois aussi en prenant l’air et se promenant beaucoup à l’instigation des médecins. Les gens de travail, d’un tempérament vigoureux se bornoient à employer le vin et le succre, restant vingt-quatre heures au lit, quelques uns même ajoutoient la canelle et la muscade. Le nom actuel de ce rhume singulier et de nouvelle espèce, car déjà il en avoit porté plusieurs, comme on l’a vu plus haut article du 5 du présent mois de juillet, étoit la Carmélite, ou l’Influence. On rapportoit que cette maladie donnoit lieu à une telle consommation de bourache qu’on avoit vu vendre à la halle jusqu’à quinze louis une voiture chargée de cette plante.

Et le 25 juillet Siméon Prosper Hardy nous apprend encore que le sieur Lenoir conseiller d’Etat, lieutenant général de police, venoit de suspendre ses audiences pendant trois jours, ayant été attaqué comme le plus grand nombre des habitans de la capitale de l’épidémie intitulée la Coquette du nord [...]

TOUTE RESSEMBLANCE ETC semble assez pertinente, sauf sur le point des remèdes conseillés sans garantie aucune d’efficacité, et même à ne risquer en aucun cas quand il s’agit de se promener beaucoup. N’en faites rien ! RESTEZ CHEZ VOUS ! Et en attendant de retrouver vos libraires et bibliothèques favorites, allez donc jeter un oeil sur le manuscrit de Prosper Siméon Hardy grâce à Gallica, la meilleure amie des jours confinés.

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mar 19, 2020

Habiter Paris (aperçus 17)

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Si vous découvrez la série Habiter Paris (aperçus), et souhaitez l’explorer, rien de plus simple, il suffit de reculer d’une case et ainsi de suite.

(Comme une édition spéciale avant confinement : un dernier petit tour de pâté de maison et pour s’en souvenir)

Dans la capitale, je dispose enfin d’un pâté de maison dont je peux faire le tour si cela me chante. Quand j’habitais en cul de sac au bout de l’allée, le pâté ne risquait pas de tourner rond. A mon adresse antépénultième, moins enclavée, le pâté était triangulaire à angle très aigu, ce qui ne faisait pas vraiment l’affaire non plus. Couper la pointe en traversant la station service ne résolvait pas la question, rien d’agréable à slalomer entre voitures en attente de la station de lavage et voitures en attente d’une pompe libre, sans compter le risque d’hydrocarbure renversé au sol par un maladroit. Via la station service le triangle ne devenait jamais qu’un trapèze encore trop pointu (et de trapèze je ne connais que celui de Billancourt) et le tour était fait en moins de cinq minutes. Mon pâté de maison parisien, enfin digne de ce nom, se prête merveilleusement à être entouré, cerné par mes pas, bordé, le soir de préférence. Franchir le porche de l’immeuble, tourner à gauche – je ne le pratique que dans le sens contraire des aiguilles d’une montre : la légère déclivité du boulevard dans cette direction m’y invite – , puis tourner encore à gauche à la première occasion, puis tourner de nouveau à gauche à la prochaine première occasion et tourner enfin une dernière fois à gauche à l’ultime première occasion, et se retrouver à son point de départ devant le porche de l’immeuble sans avoir traversé une seule chaussée. Un tour rectangulaire, net et sans bavures, offrant quatre haltes intéressante, une par côté. Passé rapidement, puisque la pente vous pousse, l’enclave militaire et ses barbelés (qui s’y frotterait s’y piquerait salement), premier arrêt à la brocante qui offre toujours de quoi surprendre le regard, en vitrine, ou directement sur le trottoir, ma préférence allant aux rangées de sièges de cinéma, qui en ont déjà beaucoup vu, ou de boeings, usés de trop d’heures de vols, régulièrement mis en vente. Suivent trois pauses lèche-vitrine d’agences immobilières, l’état du marché parisien, locatif comme à le vente, demeurant l’une de mes préoccupations constantes.

Chose vue aussi dans la vitrine de la brocante
mar 16, 2020

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