L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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Faire souche et après

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Si vous avez manqué le début allez donc faire un tour par ici. Suite des événements sous ma fenêtre : après avoir un temps laissé libre cours à la sève vigoureuse du platane, ils sont revenus, ont élagué les pousses vertes désordonnées puis ont changé d’outil

ont pilonné la souche pour en faire du petit bois

ont rechangé d’outil et ramassé le petit bois

ont arasé la surface terreuse avec le dos de la cuillère

et puis s’en sont allés.

D’autres sont venus (un jour que je n’étais pas chez moi : je ne les ai pas vus à l’oeuvre)

ont posé savamment des petits pavés, en partant de l’angle S/W du carré bien arasé

ont continué

mais ont respecté des limites.

Le carré de terre au milieu du carré de pavés laisse un peu d’espoir. Ils reviendront.

Mais qu’ils ne tardent pas :

le bel ordonnancement concentrique du carré de terre et du carré de pavés

ce n’est déjà plus tout à fait cela.

sept 28, 2014

Bouche encore cousue

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J’ai aussi mon mot à dire seulement je ne suis pas tout à fait prête

pas qu’il soit bien gros, juste peur du mot en trop

ou que ce soit mon dernier

(soupir)

alors je le mâche encore un peu

histoire qu’il passe mieux.

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sept 23, 2014

Sans façon, merci

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Vendez-moi la peau de l’ours

si si

j’insiste

votre prix sera le mien

Le tuer

il sera toujours temps

je vous prêterai mon fusil

Sans façon, merci.

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sept 12, 2014

Ponts & chaussées (& échassiers)

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Il y avait un ruisseau, il fallait le franchir. Construire un pont tombait sous le sens.

La chance, c’est qu’au village, pas loin, ils avaient enterré les fils électriques et sur les bras leur restaient des poteaux.

Alors d’une pierre deux coups : faire le pont et s’en débarrasser. C’est du solide.

Ni vu ni connu, les gravillons bouchent les trous, à moins qu’un jour le ravinement rende les alvéoles à la lumière, à la pluie et aux entorses. Dans ces jours de juillet où se construisait le pont, de bric de broc de bois et de béton, deux grands oiseaux blancs étaient apparus aux abords du ruisseau et du plan d’eau qui s’en gorge,

DES GRANDES AIGRETTES

Des cousines éloignées de mon héron de bureau. Elles étaient seulement de passage. La semaine dernière j’y suis retournée mais je ne les ai pas revues. Le pont est toujours là.

sept 1, 2014

Force de la nature en ville

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Ajout du 28 septembre 2014 : ce billet a une suite, ici.

Toute ressemblance avec des événements et des personnages réels ne saurait être fortuite

j’ai tout vu de ma fenêtre.

jusqu’à la nature reprenant ses droits contre les usages ludiques, conviviaux ou marchands de la souche.

(Sous ma fenêtre les mardi, jeudi, samedi se tient le marché.)

Ajout du 28 septembre 2014 : ce billet a une suite, ici.

août 17, 2014

Autre mystère dans la rue des Feuillantines

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C’était mercredi dernier et, si je comptais bien venir l’écrire ici, le trouble causé restait un peu trop prégnant pour que je m’y risque avant ce soir.

J’arrivais à mon bureau, donc mercredi matin le 6 août, par la rue des Feuillantines, peu de voitures étaient garées en son long parce que ces deux semaines le quartier s’est vraiment vidé (le pub angle Ulm/Gay-Lussac est désormais fermé, c’est tout dire) ; je suivais des yeux le caniveau. Il pleuvait ce qui n’avait rien d’original. Je ne sais pas pourquoi – enfin si un peu tout de même – j’ai ouvert du bout de ma sandale (inappropriée au temps qu’il faisait) une lettre sans enveloppe format A4 plié en 3 mais en l’occurrence replié d’un seul tiers, détrempée. Je l’ai dépliée du bout du pied parce que j’ai reconnu l’en-tête du papier à lettre, celle d’un grand éditeur parisien, et que je m’étonnais que cette correspondance visiblement personnelle traîne dans le caniveau. Je ne l’ai pas ramassée mais me suis penchée et ai lu le nom du destinataire : c’était celui d’un historien – je n’oserais dire un collègue. Un historien mort en 2013 à qui il m’est arrivé d’avoir affaire dans des jurys d’audition (lui, entouré de ses pairs, moi l’examinée seule face à eux) en vue d’un éventuel recrutement. Il faut dire que j’en ai passé de ces auditions, pendant huit ans et plusieurs par an – comme une année où je m’étais propulsée du jour au lendemain de Lille à Bordeaux, enceinte et à mes frais, pour des prunes et beaucoup de fatigue.  Donc les historiens (toujours plus nombreux que les historiennes dans ces jurys) que j’ai tenté d’impressionner par mes projets et mes éventuelles qualités compensatoires de  la tâche originelle consistant à ne pas être agrégée, sont légion. Fin de digression et retour rue des Feuillantines (dont j’ai évoqué ici même  il n’y a pas si longtemps un autre mystère de caniveau), et à mon ébahissement lisant le nom de cet historien que je sais bien n’être plus de ce monde et son adresse parisienne, que je connaissais pour n’être pas dans ce quartier. Je n’étais pas encore au bout de cet ébahissement puisque, d’une part, la lettre était datée du mois d’avril 2014 et s’adressait à lui comme à un bien vivant – ce grand éditeur parisien ne tiendrait pas ses fichiers à jour ? – et qu’il s’agissait de son relevé annuel de droits d’auteur pour,  je dirais, une bonne douzaine de livres publiés chez lui. J’ai eu la discrétion de ne pas lire plus avant les sommes qui s’additionnaient ligne après ligne mais dont la résultante m’a semblé ne pas compter plus de trois chiffres entiers, donc rester relativement modique eu égard à l’oeuvre plus que respectable.

Je n’en écrirai pas plus sur l’expéditeur ni sur le destinataire de ce courrier mais, tout de même, la présence de cette lettre, adressée par un éditeur à son auteur mort et enterré depuis l’an passé comme s’il se portait au mieux, et abandonnée – mais par qui diable ? -comme un vulgaire dépliant publicitaire ou un tract dans un caniveau où elle n’aurait jamais dû s’échouer m’a donné, et me donne encore, beaucoup à penser.

août 11, 2014

Nature morte aux sandales d’enfant

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Oubli, abandon, arrachement ?

juil 31, 2014

Cinéma dans la grange (ou presque)

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Evidemment je pense à Henri Thomas et au titre de l’un de ses romans : Le cinéma dans la grange. Parce qu’on y est presque. Mais les films sont rangés dans leurs boîtes rondes, retournés à leurs distributeurs depuis longtemps. Je crois même qu’une fois de plus la salle est à vendre.

J’ai oublié quels films j’ai vus dans cette salle, parce qu’il y en a eu, pendant toutes ces années, quand les vacances scolaires, l’été, n’avaient d’autres lieux que cette campagne. Vacances trop longues, années trop nombreuses, je l’ai déjà écrit. Mais ce qui reste intact de ces séances, c’est l’euphorie du retour à pied, dans la nuit, marchant au milieu de la grand-route, nous signalant par une lampe de poche (boîtier métal rectangulaire, pile plate) agitée à bout de bras face aux deux ronds jaunes des phares quand d’aventure il se trouve quelque Aronde ou Dauphine pour circuler encore. Nous tous sautant alors sur la berme, agripés les uns aux autres qu’on ne bascule pas dans le fossé. Sitôt l’auto passée reprenant possession du milieu de la route et les deux kilomètres et demi, la côte de Bel-Air même, avalés comme cela dans les rires, en bande. Aller entre soi au cinéma ne viendrait pas à l’idée : la sortie serait moins gaie, la marche obligée du retour éreintante, alors on entraîne les plus proches voisins (jamais vraiment proches dans ce bocage) qu’on sèmera en chemin en s’en retournant. Sous les étoiles.

Filed under variétés
juil 22, 2014

Dire merci à Alain Veinstein

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Nouvel additif et rebondissement : le “jour sans lendemain” censuré le 4 juillet dernier s’écoute désormais sur le site de l’émission. A propos de cette dernière, aussi un billet à lire sur le site de Télérama.

Additif au billet initial : encore plus triste après la censure ayant frappé vendredi 4 juillet la diffusion de la dernière émission d’Alain Veinstein, les lendemains chantent décidément de moins en moins. Lire notamment sur Télérama, Le Monde, Mediapart.

Au fil d’échanges passés par twitter ces derniers jours, j’ai appris qu’Alain Veinstein venait d’enregistrer sa dernière émission Du jour au lendemain pour France Culture et cru comprendre que cet arrêt ne relevait pas de son choix. Alors partager ici l’amertume et exprimer à la fois tristesse et gratitude.

Tristesse de perdre ce repère dans la suite des jours, cette émission très régulièrement suivie (ou écoutée après coup grâce aux précieux podcasts de France Culture) porteuse de découvertes d’auteurs inconnus comme de rendez-vous réguliers avec certains dont on guette le passage chez Veinstein après chaque nouvelle parution, assurés qu’on les y entendra.

Dans tous les cas, livres que je me promets de lire dès le lendemain ou seulement de feuilleter sur une table de librairie un de ces jours, rester tout ouïe, même à pas d’heure, parce que l’on parle d’écriture et que l’auteur invité fait part de ses doutes, plus souvent que de ses certitudes, réfléchit à ses façons de faire. Parole lancée par la lecture d’une phrase ou deux choisies par l’intervieweur, voix raccord sur l’air jazzy du générique : exergue prometteuse. Ecoutant Du jour au lendemain ce que je cherchais à savoir c’était : comment font les autres ? Même si j’y récoltais autant de silences que de réponses.

Gratitude donc de lectrice/auditrice mais aussi gratitude d’auteure reçue les deux fois où je me suis risquée à publier un ouvrage dont il m’importait qu’il connaisse un destin autre que celui de mes écrits “professionnels“. Nous nous sommes entretenus d’Atelier 62 en mars 2008 et de Montparnasse monde en mai 2011. Et j’ai été d’autant plus sensible à l’invitation qui m’était faite à venir parler de Montparnasse monde que le service de presse de ce livre n’a suscité aucun autre écho.

Immense merci pour tout cela à Alain Veinstein – et à Didier Pinaud pour l’escorte amicale et attentionnée entre ascenseur et studio les deux fois car il faut dire qu’arrivés là on n’en mène pas large…

Filed under coin lecture, à chaud
juin 28, 2014

Un beau samedi au Havre avec Nicolas de Staël

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J’aime la ville du Havre depuis ce jour d’enfance où le facteur avait déposé dans la boîte à lettres familiale une carte postale (envoyée par ?) sur laquelle une belle géométrie d’immeubles s’égayait de massifs de rosiers rouges à l’acmé de leur floraison. Un rêve de ville moderne en fleur. J’aimais déjà les villes. Je n’y suis allée que beaucoup plus tard, dans les années 1970, les roses étaient moins rouges que dans mon souvenir mais la ville bougeait, c’était sensible.

Ce dernier samedi j’y étais attirée par l’exposition qui commence juste, au musée d’art moderne André Malraux (encore dit MuMa, mais je n’aime pas trop l’appeler comme ça), des derniers paysages peints, Lumières du Nord – Lumières du Sud, entre 1952 et 1955 par Nicolas de Staël.

Un musée en heureuse harmonie de décor, côté mer comme côté ville.

Les toiles de de Staël, beaucoup de petits formats et pour la plupart extraites de collections particulières (lire Collection particulière sur un cartel me laisse toujours songeuse) sont là parfaitement montrées ; je n’en photographie que des ensembles parce que leurs résonances sont pour beaucoup dans l’émotion suscitée par ces derniers paysages peints par Nicolas de Staël. L’exposition du Havre et son pendant Staël la figure à nu qui se tient au musée Picasso d’Antibes célèbrent ensemble le centenaire de la naissance du peintre en 1914.

A la sortie du musée, pas loin la plage, en profiter puisqu’on est là,

enfin retraverser la ville et croiser son tout jeune tramway bien assorti, couleur et design, à la ville de Perret.

PS : un conseil si vous allez là-bas, ne misez pas tout comme je l’avais imprudemment fait sur la “cafétéria” du Musée qui, ce jour-là au moins, fonctionnait en fait comme un vrai restaurant, entièrement réservé qui plus est. Adieu petit en-cas et café sur place… et il n’y en pas autour.

PS bis : un autre conseil, de lecture cette fois : lire l’enfance havraise d’Emmanuel Delabranche, le livre s’appelle Une ville (13 boucles) et existe en papier et sous forme numérique aux éditions publie.net.

juin 18, 2014

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