L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

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Habiter Paris (aperçu 17)

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La série Habiter Paris (aperçus), fait de sporadiques apparitions sur le blog, si vous souhaitez l’explorer, rien de plus simple, il suffit de reculer d’une case et ainsi de suite.

En octobre 2017, je parfais mon emprise sur la ville : j’en deviens co-propriétaire grâce aux 12,67 m2 selon Carrez que j’achète, autant dire un confetti, dans un arrondissement limitrophe de celui dans lequel je vis locativement. Une poignée de mètres carrés qui ne tombent pas juste sauf pour engloutir toutes mes économies et le fruit de la vente de ma maisonnette de campagne que je ne regrette pas pour deux sous. Je m’achète une pièce pas pour habiter mais pour soigner ma culpabilité de pièce rapportée dans la ville. Sans droit de cité immémorial. Sans eau de la Seine coulant dans mes veines. Avec mon attestation de propriété je soigne le versant résidentiel de mon syndrome de l’imposteur. J’ai pris tout de même quelques précautions si jamais je devais y vivre mes extrêmes vieux jours. J’achète à deux pas d’une station de ligne de métro desservant en dix minutes la Cinémathèque et avec ascenseur pour me hisser jusqu’à mon sixième étage au cas où, sur la fin, la tête cinéphile marcherait mieux que les jambes. Le confetti parisien me coûte les yeux de la tête et toutes mes économies mais je ne suis pas volée : mon sixième a vue sur Le Monde (du moins avant que celui-ci ne transporte ses clics et ses claques sur la dalle couvrant les voies de la gare d’Austerlitz).

Avant de visiter, le bien précieux qui serait mien deux mois plus tard, affaire rondement menée – vice caché sous le lino, débusqué, réparé par le vendeur, compris -, j’avais successivement visité des biens situés

1°) cité du Wauxhall, Paris 10earrondissement

2°) rue des Cordelières, Paris 13earrondissement

3°) rue Brézin, Paris 14earrondissement

4°) rue Buffon, Paris 5earrondissement

5°) rue de l’Aude, Paris 14earrondissement.

Des appartements réduits eux-aussi à portion congrue de studettes mais présentant divers autres inconvénients dont celui déniché était exempt. Soit, respectivement dans l’ordre des adresses citées : 1°) des parties communes au bord de l’effondrement, 2°) un prix encore plus excessif que l’excessif attendu au mètre carré et un propriétaire ne voulant rien entendre, 3°) des visiteurs passés juste avant moi raflant la mise, 4°) une surface si mal fichue qu’il fallait y choisir entre déplier son canapé et ouvrir sa porte – gros regret pour celui-là : du pur XVIIIe siècle, probable dépendance du Jardin du Roy, imaginez dans quel état d’excitation la perspective de sa visite m’avait mise et mon effondrement sur le canapé plié une fois la porte, difficilement ouverte par la négociatrice, refermée, 4°) la promiscuité imposée par une fausse entrée précédent l’entrée véritable résultant du fait qu’un appartement de déjà petite taille avait été partagé en deux encore plus petits par effet de scissiparité immobilière spéculative. Je liste ceci pour donner une idée du marché parisien, à l’été 2017,  des très petites surfaces en précisant que j’éliminais d’emblée de ma prospection les rez-de-chaussée sur cour avec poubelles sous le nez, les mansardes, les plus de troisième étage sans ascenseur, les erzats de WC ou, encore plus gênant, leur absence, tout ce qui était pudiquement à « rafraîchir » (je ne suis pas cool) et, passé ma première déconvenue, tous les arrondissements de la rive droite. Ceci explique mon petit nombre de visites par rapport aux offres en circulation en une période d’incertitude sur ce qu’il adviendrait de la fiscalité des pieds à terre dans la capitale.

sept 6, 2020

Poétique de la voirie (47)

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Emprunter

l’empreinte.

août 22, 2020

Poétique de la voirie (46)

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Sur le pavé

CIEL BLEU

(juste une miette)

août 16, 2020

Des hôtels parisiens fermés

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S’il voulait aujourd’hui prendre pour point de départ, comme en 1927 aux premières lignes de Nadja, l’Hôtel des grands hommes place du Panthéon, André Breton serait bien en peine : celui-ci reste fermé depuis le confinement. Fermé, barricadé, comme beaucoup d’hôtels parisiens, la ville s’étant durablement délestée de sa haute fréquentation touristique et d’affaires habituelle, pour les raisons que l’on sait et pour l’heure sans perspective de retour à la normale. C’est quelque chose qui me tracasse tous ces hôtels fermés lorsque je passe devant leurs entrées et vitrines condamnées, laissés à la garde de sociétés de surveillance.  Je pense aux chambres vides, aux lis faits non défaits, aux piles de linge de toilette resté plié, aux couloirs déserts, aux salles de petits déjeuners sans effluves de café ni de pain grillé. Je me souviens qu’au temps où j’arrivais chaque matin dans Paris par la gare Montparnasse et en rejoignais le boulevard en coupant par la rue Delambre, j’avais toujours cette curiosité pour les salles de petits déjeuners et leurs occupants offerts à la vue des passants en rez-de-chaussée des hôtels se succédant dans cette rue. Touristes – à l’heure qui était celle de mon passage ceux pour affaires déjà à leurs affaires – pas forcément bien réveillés, mal remis de leur Paris by night de la veille, non encore tout à fait habillés pour sortir, indécis sur l’emploi de leur journée, dans un entre deux donnant à voir des miettes de leur intimité. Que des hôtels parisiens restent portes closes et paillassons plus ou moins étoilés remisés ne devrait pas me troubler plus que cela maintenant que j’habite à l’intérieur du périphérique, j’ai où dormir, peu de risque que j’aie besoin de leurs services et room services, au demeurant mes moyens ne me permettraient pas de me loger de la sorte bien longtemps, mais néanmoins je le ressens comme un empêchement de vivre la ville dans sa plénitude, comme une atteinte à son hospitalité*.

* Quand bien même les tarifs hôteliers pratiqués dans la capitale ne sont pas vraiment hospitaliers.

août 7, 2020

Prises d’air (cinq autres)

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Pour compléter une typologie amorcée ici puis

Elégant doublé art nouveau

géométrie circulaire sans fioritures

graphie échappée d’un étrange alphabet

enguirlandée  de fleurs de lys

sobre mais pratique : tient lieu de petite porte avec charnières et serrure.

juil 6, 2020

Poétique de la voirie (45 – de jardin)

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Tant de fauteuils à tendre leurs bras

en pure perte

et sans talent

Christo n’en saura rien (et c’est tant mieux)

juin 6, 2020

Notes confinées (semaine 8)

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Du mardi 5 mai au dimanche 10 mai 2020, avec vues sur rue, sur cour ou sur intérieur.

Mardi sur la rue

la grande soif des jardinières aux fenêtres de ceux qui sont partis fait peine à voir.

Mercredi sur l’intérieur

vérifier quand même que dans cette histoire de 2,5kg/personne on compte pour du beurre.

Jeudi sur la rue

si les mardis, jeudis, samedis,  autour des étals du marché, se dansera un bal masqué ?

Vendredi sur la cour

rêve éveillé : imaginer nos enfants mêlés à ceux d’en bas (mais ils ont bien passé l’âge).

Samedi sur la rue

rideaux de fer à demi levés : états des stocks, serpillères et balais, et dérouiller les tiroirs-caisses.

Dimanche sur l’intérieur

clore ici la dernière livraison hebdomadaire de notes confinées quoi qu’il advienne du déconfinement.

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mai 10, 2020

Notes confinées (semaine 7)

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Du mardi 28 avril au lundi 4 mai 2020, avec vues sur rue, sur cour ou sur intérieur.

Mardi sur la rue

toute averse venant reverdir les platanes est source d’espoir.

Mercredi sur la cour

diversification des jeux : apparition d’un croquet et de quilles de bois numérotées.

Jeudi sur l’intérieur

vert, rouge, alerte orange, que chacun voie l’épidémie à sa porte.

Vendredi sur la rue

disparus le fournisseur de muguet communiste français et ses concurrents de sauvette.

Samedi sur l’intérieur

exhumer les pinces à cheveux des vies antérieures qu’on croyait enfouies à jamais.

Dimanche sur la cour

à 17h chaque après-midi, envol des volutes d’un violoncelle voisin.

Lundi sur la rue

un frémissement, comme un frémissement, des prémices, une amorce (et puis rien ?).

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mai 5, 2020

Notes confinées (semaine 6)

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Du mardi 21 avril au lundi 27 avril 2020, avec vues sur rue, sur cour ou sur intérieur.

Mardi sur l’intérieur

compter en semaines (6) plutôt qu’en jours (36) pour tâcher de s’en tenir à un chiffre.

Mercredi sur la cour

ils ont tous bien progressé en badminton sans doute grâce au filet de fortune installé.

Jeudi sur l’intérieur

jusqu’à la nuit même, lourde de rêves confinés, que le jour ne dissipe pas.

Vendredi sur la rue

le joggeur passant sous la fenêtre à 19 heures pile sort de nulle part, forcément.

Samedi sur l’intérieur

les beaux parleurs de chez eux sur nos écrans ont souvent des plafonds moulurés sur la tête.

Dimanche sur la rue

réapprendre à traverser dans les clous comme les chiens réapprendront la laisse, un jour.

Lundi sur l’intérieur

attendre la stratégie du plan (ou le plan de la stratégie) et tourner en bourrique.

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avr 28, 2020

Notes confinées (semaine 5)

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Du mardi 14 avril au lundi 20 avril 2020, avec vues sur rue, sur cour ou sur intérieur.

Mardi sur l’intérieur

la saint glinglin, la Trinité, les dents des poules : aux environs de la mi-mai – à confirmer.

Mercredi sur la cour

les marelles tracées dans les petits cailloux ne sont pas durables.

Jeudi sur la rue

ce frisson à chaque passage de camion frigorifique.

Vendredi sur la rue

statistique personnelle : deux personnes au plus par autobus, même dans les doubles.

Samedi sur la rue sur la cour sur l’intérieur

le geste-barrière n’est pas l’apanage du garde-barrière, heureusement.

Dimanche sur l’intérieur

ce que l’on sait c’est que l’on n’en sait pas beaucoup plus sur la suite.

Lundi sur la rue

tous ces chiens qui habitent la ville dans un rayon de moins d’1 km et que l’on ne connaissait pas.

Filed under la vie tout venant
avr 21, 2020

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