L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

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Du nom des choses écrit sur les choses

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Interloquée hier, dans les toilettes du TGV Est qui m’emmenait visiter le Centre Pompidou de Metz et ses expositions du moment – que je conseille : ce fut une belle journée – , par une précision que la SNCF, son chef de bord, son personnel d’accompagnement et les membres de l’Alliance Rail-Team, ont cru nécessaire d’accoler à un accessoire qui jusque-là, dans les toilettes ferroviaires, s’en passait très bien. Etonnée d’abord qu’un logisticien/signalétiqueur de trains en ait conçu l’idée et que du n+1 de cet employé créatif au Président de la Société Nationale celle-ci ait semblé suffisamment pertinente pour être mise en oeuvre avec attribution du budget idoine. A moins que ledit employé, amateur de littérature sud-américaine, ne l’ait emprunté à ce passage de Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez au cours duquel les habitants de Macondo frappés d’un mal étrange leur faisant perdre la mémoire des choses et de leurs usages collent des étiquettes partout pour y remédier. Déconcertée aussi par le vocabulaire choisi, parce que le “papier hygiénique” me semble avoir été détrôné par le “papier toilette” des gondoles de supermarchés et par le “PQ” du langage courant des ménages. Sans compter que si l’on voulait s’en tenir au registre de l’hygiène et user de l’adjectif qui s’y rapporte, il convenait d’inverser le sens de l’accent sur le E. Bref une innovation qui ne m’a pas convaincue et pourtant j’aime les trains.

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août 20, 2015

De la qualité du sommeil selon son éternité ou pas

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Ces temps-ci un homme, pas jeune, vient souvent dormir sur un banc entre contre-allée et boulevard. Il glisse un semblant d’oreiller sous sa tête et pose sur lui une large couverture de laine rose format lit pour deux personnes  dont les pans flottent de chaque côté du banc. Il ne s’enveloppe pas et personne pour le border. Au pied du banc, posés, deux grands sacs plastiques dans lesquels il rangera son attirail une fois son somme fait, avant de disparaître du quartier aussi discrètement qu’il y est apparu. A certaines heures du jour et en fonction de l’ensoleillement, l’homme qui n’est pas remarquable sauf quand il dort sous sa couverture rose, se reflète dans la vitrine de l’une des nombreuses officines de pompes funèbres – j’en compte sept dans un rayon de moins de 5 minutes à pied – ceinturant les deux hôpitaux du quartier. (Profusion d’offre de services qui laisserait à penser quant à la confiance relative accordée à ces établissements). Sous un certain angle l’homme couché se reflète en surimpression des panneaux muraux latéraux de la boutique exposant au choix du client la gamme des cercueils et de leurs habillages. Du satin, de la soie qui sait ? Du doux et du moelleux dans une débauche de coussinets et de petits volants. Fugitive mais troublante surimpression du dormeur du banc au sommeil dépouillé de tout égard et des petits soins garantis au sommeil éternel par la Maison R*** qui sait y faire depuis le temps qu’elle bichonne chèrement les chers disparus. Paradoxe de ce confort, aussi vain que dispendieux, offert au repos des morts quand tant de vivants dorment aujourd’hui à la rue, la nuit le jour, comme et où ils peuvent, dans la ville.

août 2, 2015

Façades ne vous y fiez pas

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tout n’est qu’apparences.

juil 21, 2015

Banalisation du ruban d’alerte

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J’appelle “ruban d’alerte” ces rubans plastifiés striés rouge/blanc – mais j’en découvre une variante jaune/noir – dont je constate qu’ils sont de plus en plus présents dans notre décor, déployés sans avarice, au kilomètre. Je les avais toujours considérés comme signifiant des espaces lourds de danger, espaces dont l’idéal-type serait le périmètre de sécurité tracé autour de la valise abandonnée en gare du Montparmasse monde en attente des démineurs. J’ignore où s’achètent les rouleaux de ces rubans et ce qu’il en coûte, mais ce que je tenais jusqu’alors pour un accessoire de panoplie hautement sécuritaire, semble avoir été mis ces derniers temps à la portée de tous. Lors de mon prochain passage au supermarché je ferai un détour par le rayon bricolage pour voir si ceux-ci auraient fait leur apparition aux côtés des rouleaux de large scotch marron pour carton de déménagement – à moins qu’ils ne voisinent avec l’extra-fort au rayon passementerie ? Je les chercherai par pure curiosité car je ne m’en suis pas encore trouvée l’usage, contrairement aux responsables du rangement rationnel (RRR en langage DRH) de ces lieux où j’ai récemment repéré leur présence en me demandant quelle mystérieuse danse de Saint-Guy avait saisi, ces jours-ci, dans la ville, les chaises, pour qu’on leur inflige pareille contention ?

juil 16, 2015

Pas sur la route du Tour

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N’ont pris place sur la ligne de départ

celui à qui l’on peut écrire

celui qui se hausse du col

celui qui préfère prendre le métro avec sa provision de Metrocards

celui qui ne peut s’absenter : il vous livre en 24h chrono

celui qui se passe de commentaire

ni celui qui est allé droit dans le mur

rue des Boulangers, Paris, Ve arrondissement, et ne lâchera rien.

juil 5, 2015

Abandon sur voie publique

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Certes il fait chaud dans la ville et dans nos maisons dans la ville ces jours-ci, mais, de là à abandonner lâchement ses radiateurs au pied d’un arbre comme de beaux salauds leurs chiens au moment de partir en vacances, il y a encore de la marge. L’hiver tout en froidure reviendra, c’est sûr, et les propriétaires indélicats de ces calorifères regretteront leur mouvement d’humeur estival. Bien fait pour eux.

Filed under la vie tout venant
juil 3, 2015

Poétique de la voirie (2)

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C’est bouclé

C’est branché

Mais je ne sais pas ce que cela va donner.

Poétique de la voirie (1)

mai 17, 2015

Consignes typographiques

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(Le dernier qui sort

ferme la parenthèse derrière lui

Et les guillemets ?

– Entrouverts

le temps de faire le point

merci).

Filed under variétés
mai 10, 2015

Deux épées pour n’en faire qu’une

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Dans le quartier, deux rues pleines de bonne volonté économique sont prêtes à n’en faire qu’une. On l’appellerait la rue de L’abbé de l’Epée de Bois. J’y pense toujours quand j’emprunte l’une ou l’autre des épées, d’ailleurs orientées grosso modo dans le prolongement l’une de l’autre. J’emprunte plus souvent l’épée de l’abbé que celle de bois et c’est heureux parce que ce n’est pas très solide une épée de bois. Juste bon pour faire semblant : souvenir d’une, bien imitée, avec son baudrier en toile de jute, achetée aux enfants dans un musée consacré aux vikings, à York je crois. Dans la fusion topo-nymi-graphique suggérée, l’Abbé de l’épée gagne un bureau de poste, ce qui n’est pas rien, et l’Epée de Bois, un accès au boulevard Saint-Michel, autant dire à la mer, dans un sens comme dans l’autre. Le jour où Ferdinand Lop sera enfin pris au sérieux.

mai 3, 2015

Coeurs de pierre

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Les voisins espérés ne sont jamais venus

l’architecte croyait pourtant

tendait la main

rêvait d’imbrication

Ils avaient toute la place

suffisait de vouloir

On avait compté large

fait le premier pas

et amorcé

En vain

N’en parlons plus.

Filed under utopiques
avr 29, 2015

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