L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Encombrants ?

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La fin du monde miniature avait frappé d’abord les footballeurs, les indiens, les cow-boys, leurs montures et des guerriers de tous poils, sans oublier un cycliste et un cochon de ferme qui passaient par là. Fond de caisse à jouets renversée, secouée, qu’ils s’extirpent tous de leurs derniers liens de caoutchoucs fondus. Chus tous ensemble, pêle-mêle couchés les ennemis d’hier, sur le trottoir, sans ménagement. Premier mercredi du mois – les sirènes de la ville couvraient la rumeur de leurs exercices –  à la bonne grâce des coureurs d’aubaines précédant le camion dévoreur (qui en croque d’autrement plus costauds des reliefs de mondes finis, canapé fauteuils assortis table basse : engloutis, ronds des verres et des bouteilles d’apéros qui collaient encore). Des enfants dans une maison avaient fini d’en être. Saisir l’image, au pied de l’arbre, en passant, sans les relever ni ramasser. Sans m’en encombrer.

Filed under variétés

Questions qui se posent de temps en temps

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Séance de questions-réponses, comme à l’Assemblée nationale (mais avec la collaboration de nos moteurs de recherches favoris)

Martine Sonnet date de naissance : un dimanche d’octobre 1955, au petit matin ; selon l’état civil, mais je pourrais aussi proposer quelques autres dates tant il est vrai qu’on n’en finit pas de finir de se mettre soi même au monde avec plus ou moins de douleur.

Je ne tiens donc pas encore un blog de septuagénaires et en suis navrée pour l’internaute égaré qui en cherchait un. En revanche la quête d’une employée réceptive a touché son but : je me reconnais, bonne pioche.

En ce qui concerne les souvenirs du fonctionnement d’une maison, j’en ai, mais toutes les maisons ne fonctionnent pas de la même façon (par exemple au niveau des compteurs eau, gaz, électricité, des robinets, des chaudières etc.), et toutes les maisons ne laissent pas les mêmes souvenirs. Dans le cas particulier de la maison des morts, je transmets la question à Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski.

Je n’ai jamais goûté au gibier mangé sous torchon et si j’ai bien entendu parler d’ortolans qui se croqueraient ainsi assez goulument, à l’abri des regards, avec des petits craquements d’os, je n’en sais rien de plus que ce que j’ai lu dans la presse à propos de leurs amateurs.

Aux renseignements demandés sur un cimetière potager je répondrai que tous les cimetières le sont puisqu’on n’y mange les pissenlits par la racine.

Pour ce qui est des vies antérieures captées par photos l’historienne dix-huitiémiste, jamais très loin, fait remarquer que l’invention de la photographie étant somme toute récente, la part de nos vies antérieures captées par ce procédé ne saurait remonter au-delà de la Monarchie de Juillet, ce qui en réduit grandement l’intérêt.

Enfin, même si vous me le demandez très poliment, ne comptez pas sur moi pour vous montrer le saut de la mort au trapèze. Je n’ai pas envie, là juste maintenant, d’ajouter un opus à ma collection de vies antérieures ni, par conséquent, d’aller tout de suite mastiquer des pissenlits dans un cimetière, même potager.

Quant au problème du chat noir rue Edgar Quinet Béziers : moi je ne réponds que des chats noirs du Boulevard Edgar Quinet Paris XIVe arrondissement, qui longe le cimetière du Montparnasse monde.

Solidaire avec les Bibliothèques en Seine-Saint-Denis

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Je relaie bien volontiers le communiqué de l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis publié à l’issue de son assemblée générale extraordinaire du lundi 22 mars. Je partage son inquiétude : des bibliothèques en Seine-Saint-Denis, ces derniers temps, j’en ai fréquenté plusieurs et mesuré combien l’action de leurs équipes engagées pour la lecture, au service de tous, dans leurs murs et rayonnant bien au-delà, est une nécessité plus vitale que jamais.

« LECTURE PUBLIQUE EN DANGER DANS LE 93 »

Le Conseil Général de Seine-Saint-Denis doit voter son budget 2010 le 8 avril prochain.

De premiers arbitrages budgétaires ont été annoncés, particulièrement catastrophiques pour les acteurs et associations culturels du département notamment pour deux structures qui oeœuvrent quotidiennement pour la promotion de la littérature jeunesse auprès des enfants, des professionnels de la lecture publique… :

* Le Centre de Promotion du Livre de Jeunesse (CPLJ) organisateur du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil, verrait sa subvention baisser jusqu’’à 80%, ce qui met en péril la qualité artistique et culturelle du Salon ainsi que toutes les actions et rencontres culturelles ayant lieu autour tout au long de l’année, notamment dans le champ de la lecture publique.

* Livres au Trésor centre de ressources en Seine-Saint-Denis sur le livre de jeunesse et acteur culturel chargé de l’animation du réseau des bibliothèques de Seine-Saint-Denis, verrait sa subvention tout simplement supprimée, ce qui représente 2/3 de son budget et entraînerait donc la disparition de cette “institution” pionnière, militante, et singulière qui a soufflé sa vingtième bougie cette année.

* L’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis verrait sa subvention baisser de près de 20% alors qu’elle se voit confier, en plus de ses missions premières d’animateurs de réseau  désormais célèbres dans la profession comme le festival littéraire Hors Limites et l’animation de groupes de travail  (Internet et multimédia, FLE/LVE, comité de lecture des Revues contemporaines, Images et cinéma, comité de lecture adolescentes…), des missions supplémentaires et d’’une autre ampleur : formation ; prestation de services aux bibliothèques du département ; aides diverses…

La mobilisation est en cours : des rendez-vous ont été pris avec les responsables à la fois administratifs et politiques du Conseil Général ; des courriers ont été adressés au Président ; des Assemblées générales extraordinaires organisées ; les élus du département ont été sollicités…

A l’heure actuelle nous ne savons pas ce qu’il ressortira exactement de tout cela.

Filed under à chaud

Montparnasse monde avec feuilles

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J’ai pensé que les toutes premières qui osaient se montrer

boulevard Edgar Quinet d’un côté

de Vaugirard de l’autre

avaient bien du courage

air de Paris : encore glacial

Filed under Montparnasse monde

Aussitôt dit aussitôt fait

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L’employée aux écritures est une copieuse et l’assume : ce sont les twitter amusements du toujours bien inspiré Tiers Livre qui m’ont donné l’idée de cette retrospective d’une semaine de micro-messages, parfois illustrés, que j’ai lancés depuis dimanche dernier sur la plate-forme twitter (où j’ai ouvert mon compte il y a un peu moins d’un an).

Je remonte au dimanche 21 mars pour avoir le plaisir d’écrire une fois de plus sur ce blog le nom de Pierre Bergounioux, Bergounioux que je ne pouvais manquer d’aller écouter alors qu’il parlait dans les murs-mêmes de mon lieu de travail et que mes heures supp du dimanche étaient donc bénévoles et exquises (à noter que dans la salle je n’étais pas la seule blogueuse attentive). Donc de retour je lançais

Bergounioux (chemise bleue, pull gris, costume velours noir) nous a fait le coup du crétin rural – de terres de petit rendement qui plus est

j’ajoute au passage qu’il est toujours temps d’aller voir Le temps des grâces de Dominique Marchais, beau film de réflexion engagée sur l’exploitation des terres, dans lequel Bergounioux intervient sur ces questions de rendement, justement, dans la Corrèze de 1950.

Lundi 22, j’ai besoin de deux fois 140 signes pour expliquer mon fait marquant et printanier du jour

@msonnet s’aperçoit que n’a pas twitté de la journée, tellement attentionnée envers le petit pot de pensées offert ce matin en signe de printemps 1/2 aux bons clients par le café où s’arrête ts les jours, promené tout le jour avec elle – espère que les fleurs replantées s’en remettront 2/2

et chose promise @brigetoun chose due : photo de la pensée repiquée dans un pot sur le rebord de la fenêtre de la cuisine.

Mardi 23, je twitte utile : un conseil de lecture personnalisé dont j’espère qu’il ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd (mais j’ai des craintes)

@msonnet conseille très vivement à Eric Woerth nouveau ministre du travail de lire le livre de Florence Aubenas Le quai de Ouistreham

Mercredi 24, direction Ambérieu-en-Bugey, où je passe la journée à la bibliothèque de la Grenette, qui conserve le fond de l’Association pour l’autobiographie (APA). Je viens là lire quelques textes d’ouvrières. Je suis accueillie par Christine Coutard, en charge du fond, qui me fait visiter les lieux, ce qui me permet de twitter, spécialement pour @cgenin à qui je l’ai promise, cette photo où l’on voit

des boîtes pleines de vies

et j’en profite pour adhérer à l’association.

Jeudi 25 je twitte une réflexion profonde, technologique, urbaine et sociétale

@msonnet s’aperçoit qu’elle ne demande plus jamais son chemin dans la rue depuis qu’elle a un iPhone (et ça lui donne bien à penser)

Vendredi 26 je fais profiter mes followers d’une information arrivée dans ma boîte mail, et je la répercute encore ici

médiathèque Issy les Moulineaux mardi 30 mars à 20h30, soirée littéraire Antonin Artaud par Christophe Claro

Enfin aujourd’hui, après une matinée studieuse, je fais le tour des blogs amis et c’est comme ça que

@msonnet se ferait bien aussi sa twittretrospective de la semaine sur son blog comme @fbon http://tinyurl.com/yaxqgbr -va même y penser sérieusement

et aussitôt dit aussitôt fait.

En prime : la gare d’Ambérieu-en-Bugey, au décor de pensées étagées (plus fournies que mon rebord de fenêtre de cuisine)

Filed under la vie tout venant

Erratum Montparnasse Monde 44

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C’était mercredi matin. J’allais prendre le TGV de 10h40 pour La Rochelle mais en descendre à Poitiers à 12h10 où je retrouverai Georges Monti du Temps qu’il fait avec qui j’étais invitée par Françoise Auboin à évoquer pour ses étudiants du master “Compétences documentaires avancées”, dans la salle des Actes du très bel hôtel Fumé, l’histoire d’écriture et d’édition d’Atelier 62. Je buvais tranquillement un café au Philéas Café (j’alterne avec le Enzo Café) – enfin pas tout à fait tranquillement parce que j’étais contrariée par l’apparition, à la terrasse du Philéas, de panneaux opaques bouchant la vue sur le parvis et  je me demandais bien pourquoi cette brimade. Je m’étais assise en signe de protestation le dos tourné à ces panneaux trouble-fête, quand tout à coup elles m’ont crevé les yeux : deux prises électriques au bas du pilier qui me faisait face. Du moins probablement deux puisque l’une était franchement visible quand l’autre seulement supposée derrière un clapet que je n’ai pas eu le coeur d’aller soulever pour confirmation. Contrairement à ce que je laissais entendre le 19 décembre 2009, il y aurait donc non pas une seule, mais deux, voire trois prises électriques dans la gare.

Filed under Montparnasse monde

Très grande vitesse d’une gare

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Il ne sera pas dit que

L’employée aux écritures

n’aime qu’une gare ou deux

parce que ce matin j’ai aimé beaucoup celle d’Avignon TGV

dehors, dedans, la vitesse très grande déjà si sensible en ses murs

et le paysage autour

Chez mélico, je dors à l’hôtel

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Suite de la mise en ligne de mes Notes de voyages avec livre en rubrique création contemporaine chez mélico.

Après 1. des départs, 2. des villes, nous en sommes à 3. des hôtels.

Le mois prochain nous en arriverons à 4. des rencontres, parce que tous ces voyages, avec procuration des 1200 forgerons de l’Atelier 62 de Billancourt, c’était autant de rencontres autour du livre.

Et justement, demain, je remets mon sac sur mon dos et repars rencontrer de jeunes lectrices et lecteurs (et d’autres peut-être moins jeunes aussi), à Aix-en-Provence et à Avignon. Et je dormirai à l’hôtel.

Montparnasse Monde 48

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Un matin, une porte, dont vous n’aviez jamais même simplement soupçonné l’existence, est ouverte et il vous semble devoir tout reprendre à zéro avec  la gare. Au sol, ce carrelage de couloir, unique, incompréhensible : un hapax tardif dans le Montparnasse monde qui remettrait en cause toutes vos constructions, vos échafaudages savants. Pourquoi, ici précisément, dans l’invisible, s’être soucié de disposer des carreaux et demis carreaux bleus (ces derniers formant triangles en frise) ? Pour rompre la monotonie d’un pavage blanc terne sale ? Mais le goulot conduit à une aire de service interne à laquelle accèdent des camions. L’image n’est pas nette – je n’ai plus de zoom et n’ai pas eu l’audace de m’avancer ni même de prendre le temps de faire le point -, mais à l’arrière plan, croyez-moi, un poids lourd stationne. Approvisionnant sans doute par son arrière-boutique l’un des commerces séparés par l’étrange couloir. Le camion : arrivé là comment ?

Dans la gare je furète, du verbe fureter, par tous les temps, à tous les modes et sur toutes les voies. Certaines choses m’échappent néanmoins et de plus spectaculaires, même, que la porte d’accès au fameux couloir. Pour être tout à fait honnête, je dois préciser maintenant que l’un des deux magasins achalandés par le camion n’est autre que celui de vêtements d’enfants dont j’avais signalé la disparition*. L’enseigne a en effet réouvert une succursale à côté de la parapharmacie qui lui a succédé. Et comme lors de la transformation du local en parapharmacie, je n’ai pas senti le coup venir, rien anticipé. Le tour de passe passe se joue sans que je m’en mêle. Je n’ai pas surveillé les travaux. La graphie de la marque seule a changé, l’ancien Tout compte fait en trois mots est devenu Toutcomptefait en un seul – façon adresse internet. Plus moderne. Rajeuni. Ce qui me froisse dans l’histoire, c’est le démenti cinglant infligé à mon explication rationnelle du départ des marchandes d’habits pour enfants de l’espace banlieue de la gare. La mansuétude extrême dont je fais preuve à l’égard du Montparnasse monde n’est pas forcément payée de retour. Je continuerai néanmoins.

*Voir Montparnasse monde 38

Filed under Montparnasse monde

Des vélos, des bureaux, c’est beau

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Aujourd’hui juste une sur le chemin du matin

(j’aurais voulu féliciter les 4 cyclistes pour leur sens de la composition et des couleurs, mais peut-être qu’ils ne se connaissaient pas et ne l’avaient pas fait exprès)

et une sur le chemin du soir

(j’aurais voulu entendre ce que disait l’homme dans son téléphone

- je ne suis pas sûre qu’il parlait de son travail)

entre les deux il y avait eu de la vie de bureau et de la vie de bibliothèque

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