Ne soyez pas dupes : les « Point Rencontre » et « Point Groupe N° » dont j’ai personnellement suivi la numérotation jusqu’à 5 – mais en ai-je vraiment fait le tour ? -, inscription trilingue français/anglais/espagnol illustrée d’un pictogramme éloquent avec petites flèches convergentes, sont autant de leurres. Au Meeting Point pas plus qu’au Puento de Encuentro vous ne ferez le point avec qui que ce soit, ni en colloque singulier ni en nombre. Gare manigancée pour vous faire filer doux, vite et droit ; gare sans espoir d’assemblage d’aucune sorte ; gare plus avare que d’autres, même, en grands embrassements (je pense à de belles effusions sur les quais de la gare de Lyon auxquelles j’ai pu, étant jeune, m’adonner). Quant à faire le point avec la gare elle-même, comme je m’y évertue : quelle entreprise ! Quinze semaines que nous y sommes et sentiment d’avoir juste effleuré quelques points.

Souvenir de gare. L’expression était « libération du contingent » : chaque fin de trimestre, la gare traversée par des hordes de jeunes types suintant la bière, cheveux ras, brandissant des quilles gigantesques enjolivées de rubans. Qui n’avaient qu’un mot à la bouche : Zéro, Zéro, Zéro, hurlé plus que chanté, sur tous les tons, faux. Ils avaient fait leur temps, à l’Est, et rentraient chez eux, à l’Ouest. Et tous les vendredis soirs dans un sens, les dimanches soirs dans l’autre, transhumances du même désordre entre les gares Montparnasse et de l’Est ; entre les deux le métro, la ligne 4. Tracé convenu des cheminements brouillé pour attraper le dernier train en correspondance. Ne pas se trouver sur leur chemin. J’ignore si les autres gares parisiennes étaient sujettes à ces mêmes flux brutaux de jeunes hommes tous pareils, à gros sacs suspendus à l’épaule, traînés, poussés, portés comme ils pouvaient – c’était avant la quasi généralisation des bagages à roulettes. Misère à quoi on les réduisait.




le ciel est pareil.




