L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

RSS Feed

"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Métro Muette (et presque sans parole)

Comments Off

Les noms sur les affiches de spectacles auxquels se raccrocher, qui disent encore quelque chose, comme Gaby Morlay ou Maurice Baquet,

et puis un peu plus loin sur le même quai, l’affichette qui permet de dater la peau sous la peau du métro, retourner en été 1963.

Blog d’été, blog imagé.

D’une page 48 de Bergounioux, et tout son monde est là

Comments Off

L’autre soir, comme s’organisait, sur Twitter, entre Pierre Ménard, instigateur/animateur, du blog Page 48, notamment, et Joachim Séné, auteur, entre autre, de Roman bien connu, la lecture de la page 48 de Montparnasse monde, désormais en ligne - et même deux pour une puisque selon le support de lecture, dans les livres numériques il peut y avoir deux pages 48 différentes -, je me suis mêlée de la discussion en me portant candidate à la lecture de la page 48 du Carnet de notes tome 2 de Pierre Bergounioux.

Parce que son nom manquait dans la liste des auteurs dont l’écoute d’une page 48 est proposée sur ce blog, anthologie audio de pages 48, en une judicieuse mise en application/amplification d’un remember de Joe Brainard : Je me souviens d’avoir projeté de déchirer la page 48 de tous les livres que j’emprunterais à la bibliothèque publique de Boston mais de m’en être vite lassé. Pierre Ménard, lui, ne se lasse pas de recueillir et offrir en partage des pages 48 lues par des voix amies de leurs textes.

Et amie de l’oeuvre de Bergounioux, je n’en fais pas mystère, je le suis, depuis la première fois que j’ai ouvert un de ses livres, il n’y a pas si longtemps mais tout de même dans une vie antérieure. C’était La Toussaint, logiquement choisi pour des vacances de Toussaint en Normandie, en 2005.

Que la seule page 48 d’un livre se prête à extraction et garde tout son sens, ou mieux encore porte du sens de toutes les autres, n’est jamais évident. Mais il me semble que celle du tome 2 (1991-2000) du Carnet de notes de Pierre Bergounioux s’y prête merveilleusement, en ce qu’elle reflète (presque) tout l’univers du quotidien de l’auteur, trame de ses Carnets, dont j’attends avec impatience la parution du tome 3.

La famille (nucléaire) est là, par ordre d’entrée en page : Pierre, Paul (fils cadet), Jean (fils aîné), Cathy (épouse de Pierre, mère de Paul et Jean). La scène se passe à Gif-sur-Yvette, mais des photos récupérées nous transportent aux Bordes et à Brive. On est dans la cuisine dont Pierre vide le lave-vaisselle – tâches domestiques bien partagées chez les Bergounioux – mais aussi au collège, et dans la voiture pour emmener un enfant à sa leçon de musique. Pierre corrige des copies, fait travailler ses fils, lit, écrit, s’active à nettoyer le terrain entourant la maison, trouve un oeuf d’oiseau (à défaut de Grand Sylvain) qui retient son attention. Pierre est fatigué, touche le fond, mais goûte aussi la lumière de cette fin mai 1991. Il fait chaud à Gif, mais sur les photos Les Bordes sont sous la neige…

Tout cela en une seule page, au bas de laquelle Pierre va se coucher. Mon seul petit regret : qu’il ne trouve pas le temps de tordre et façonner en figure humaine un rebut de métal qu’il aurait glané dans une casse corrézienne aux dernières vacances et rapporté dans le coffre de la R21 qui aurait fait entendre un bruit bizarre à partir d’Orléans, mauvais signe. (On notera aussi qu’il n’a pas le temps d’aller à la pêche).

Que ma lecture de cette page 48 de Bergounioux ne vous empêche surtout pas de lire celles qui la précèdent, celles qui la suivent et toutes les autres dans tous ses autres livres – j’aurais alors été contre-productive et ne m’en remettrais jamais. Il y a tellement de choses de nos vies à tous qui s’y lisent formulées au plus juste.

PS : si vous cherchez d’autres articles de ce blog consacrés à Pierre Bergounioux, en voici quelques uns :

Ouvrir l’année à Gif-sur-Yvette avec Pierre Bergounioux

Une jonquille par temps de chrysanthèmes (offerte par Pierre Bergounioux)

Tristesse des mois en -bre (selon Pierre Bergounioux)

Compression d’étés bergouniens

Lui et nous : à propos du Carnet de notes 2011-2015 de Pierre Bergounioux

Jonquilles primeures à Gif-Sur-Yvette : suite des Carnets de Pierre Bergounioux

Enfin visibles à Paris : des ferrailles de Pierre Bergounioux

Mots de la fin (provisoire) du Carnet de notes 2001-2010 de Pierre Bergounioux

Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2001-2010, lecture in progress

Lecture en cours : Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2001-2010

“Un concert baroque de soupapes”, Pierre Bergounioux sculpteur

Dans Les moments littéraires, Bergounioux

Histoire, littérature, sciences sociales – et Bergounioux

Couleurs Bergounioux (au couteau)

PS bis : et si vous ne connaissez pas les études bergouniennes de Jean-Claude Bourdais, “Bergounioux et moi”, courez-y

Filed under coin lecture

Un petit air de vacances (qui n’en étaient pas, en fait)

Comments Off

Un billet aller lundi 5 juillet Paris/Ollioules Sanary, un billet retour Cannes/Paris samedi 11 et entre les deux cinq « soirées-étapes » dans des centres de vacances de bord de mer dont le programme d’activités accueillait en « tournée culturelle auteur » une rencontre/lecture Atelier 62. J’avais vécu la même expérience l’été dernier dans le Jura et en Alsace, ce qui changeait un peu la donne paysagère et météorologique et, par voie de conséquence, la réceptivité des vacanciers…On a beau parler chaque mois de juin de lectures de vacances et de livres pour la plage, quand on y est, dans ces villégiatures pieds dans l’eau, l’alliance des livres et du sable n’est plus si évidente.

Néanmoins, soir après soir, avant ou après le dîner, il se trouvait quelques estivants à qui les affichettes péalablement apposées sur les arbres du camping ou sur les panneaux à la réception des maisons familiales avaient donné envie d’en savoir un peu plus. Un mot du bref résumé du livre, un nom de lieu, de métier ou d’usine, résonnant en écho à un parcours personnel ou familial.

Alors à quelques uns on conversait autour de cette histoire partagée du milieu du XXe siècle, de ces années dites glorieuses nous ayant poussé en si grand nombre des campagnes vers les villes, leurs cités et leurs usines.

J’avais réuni en portfolios des pages imprimées de la rubrique Atelier 62 du site et des photos, qui circulaient pour illustrer et prolonger la lecture d’extraits et la discussion. Pas de wifis dans ces centres et quelle frustration quand on vit avec en permanence, de ne pas pouvoir, parlant d’un livre, rebondir sur tel ou tel site familier ayant à voir avec.

Ce tout petit cercle d’échanges que nous formions, en dépit de la belle mobilisation de certains responsables et animateurs (comme Pauline, en master pro de médiation culturelle dont le passage par ce type de structures fait partie intégrante de la formation) laisse quelques regrets – avivés par le fait que celles et ceux qui participaient prenaient aussitôt leur tour pour lire l’un des exemplaires d’Atelier 62 disponibles en principe dans la bibliothèque du centre. 

Pose des questions aussi – qu’on partagera à la rentrée entre auteurs ayant ainsi tourné – sur les circuits et les outils à mettre en oeuvre pour faire une place à la littérature dans le sac de plage, au Livre de sable ou à un autre. 

Tolstoï, de Montparnasse à Vaugirard

Comments Off

Je rentrais de ce déplacement d’une semaine (dont je reparlerai avec quelques images bientôt) et dans mon métro ligne 12 – j’avais pris la 14 jusqu’à Madeleine, échappée de la gare de Lyon dès le milieu du quai par un escalier à hauteur de mon wagon m’évitant la traversée des halls encombrés – à Montparnasse Bienvenüe est montée une vieille dame élégante et bossue à la fois, joliment chignonnée, appuyée sur une canne en bambou.

Vêtue d’hiver encore, veste chamarrée sur longue jupe épaisse et sombre, gants noirs à étonnants revers motifs panthère : la main gauche, gantée, tenant serré le deuxième gant et les anses de trois petits sacs, deux en papier, le troisième en toile, posés sur ses genoux. L’autre main, nue donc, portait haut et droit, bien face à ses yeux, un mince folio à 2 euros. C’était Le réveillon du jeune tsar de Tolstoï, un texte que je ne connais pas.

Elle s’était assise en face de moi et je pensais qu’à ma place Cécile Portier lui aurait certainement demandé l’autorisation de photographier ses mains et Philippe Didion aurait été heureux de ne pas avoir à se contorsionner pour décrypter le titre du livre, généreusement offert à la vue.

Moi, infidèle à ma gare en ce samedi, j’aimais bien que cette lectrice un peu étrange ait surgi du Monde Montparnasse. Elle est descendue quatre stations et quatre pages plus loin, à Vaugirard, quand je continuais jusqu’à Corentin Celton.

 

Montparnasse Monde, réminiscence 1

Comments Off

En guise d’épilogue (au moins momentané) : ce que je voyais du premier étage du train direct de 15h34 qui m’emmenait à Rambouillet écouter Philippe Annocque lire et parler Liquide, le samedi 23 mai dernier, juste le temps de retrouver le grand jour. Ce devait être un TER. (Ceci est un exercice de blog – première mise en ligne de vidéo perso – au moins autant qu’un exercice de gare : merci de votre compréhension, comme ils disent !)

Quant à la lecture d’extraits de Montparnasse Monde au 104 dimanche dernier, heureux moment partagé, on pourrait bien en avoir des échos sonores, chez Anne Savelli qui nous invitait, sans trop tarder : on fera lien bien sûr

- et pour tout vous dire, j’avais d’abord écrit “inventait” au lieu d’”invitait”, lapsus ayant à voir avec une conversation menée en parallèle à la préparation de ce billet sur twitter (parce que je twitte depuis quelques temps, alors que je ne facebouquine toujours pas : pas la peine, j’ai déjà deux homonymes dans la place…).

Filed under Montparnasse monde

Des livres noyés

Comments Off

Dans l’exercice de ses fonctions, L’employée aux écritures lit en ce moment l’année 1773 du journal, joliment titré Mes Loisirs ou Journal d’événemens tels qu’ils parviennent à ma connoissance que le libraire parisien Prosper Siméon Hardy a tenu de 1753 à 1789. Son manuscrit conservé par la Bibliothèque historique de la ville de Paris est en cours d’édition ; le volume 1 couvrant les années 1753-1770 est paru, le 2, 1771-1772 est sous presse, et nous (une équipe de l’IHMC sous la direction de Daniel Roche et une équipe de l’UQAM sous la direction de Pascal Bastien) préparons la suite. A terme, il y en aura 12.

Parvenue à la date du mercredi cinq mai 1773, je me suis bien amusée en y lisant cet événement ayant frappé, à juste titre, le libraire

Un particulier auteur fait jetter quatre crochetées de livres en feuilles dans la rivière. Ce jour vers trois heures après midi un particulier qu’on disoit se nommer Gibert vêtu d’un habit gris, étant arrivé à l’entrée du Quay de Conty suivi de quatre crocheteurs portant chacun leur charge de livres en feuilles, ordonne à ces crocheteurs de les jetter dans la rivière pardessus le parapet, ce qui s’exécute sur le champ au grand étonnement de tous ceux qui en sont témoins. Plusieurs personnes courent en battelet pour avoir des exemplaires du livre qui venoit d’être proscrit si singulièrement, et l’on apprend qu’il portoit pour titre ; Histoire de deux amans françois en prose et en vers La Haye – Paris chez Fétil l’un des douze libraires non jurés de l’Université, 1770. On prétendoit que le susdit particulier étoit auteur de cet ouvrage, et que comme il avoit eu quelque difficulté avec le libraire par rapport à son peu de débit, il avoit pris par une espèce de dépit le parti de l’anéantir totalement, de combien d’autres ouvrages n’étoit-il pas à désirer que les auteurs pussent se déterminer à débarrasser le public de la même manière ?

Quand on pense, 236 ans plus tard, à la somme des livres qui ne se vendent pas parce que leurs lecteurs potentiels n’ont pas le temps de les rencontrer sur les tables des librairies qu’ils ont déjà poussés par d’autres, on se dit que si leurs auteurs se dépitaient de la sorte le Zouave du pont de l’Alma n’aurait qu’à bien se tenir pour arriver à donner encore signe de vie.

Et lisant cela, je me souviens aussi d’un autre livre noyé, mais c’est une toute autre histoire.

Filed under du XVIIIe siècle

Montparnasse Monde 40

Comments Off

La gare nous tient à l’oeil, mais c’est bien réciproque. Du moins en ce qui me concerne, même si je crains toujours, usant de mon appareil photographique, que l’on repère en haut lieu sécuritaire mon manège et se méprenne sur mes intentions toutes pacifiques – pour ne pas dire affectueuses. Toujours est-il que mon acuité visuelle n’est nulle part aussi fine et que mon point aveugle m’en fait voir-là de toutes les couleurs (dans les limites du spectre de la gare). Plongée au coeur du monde Montparnasse j’atteins, à très peu de choses près, la vision panoramique qui confère à la mouche son caractère insaisissable. La seule qui permette de suivre cette roulette échappée de son essieu de valise, et tous à shooter dedans, sans la sentir, pieds insensibles, absorbés qu’ils sont par l’affichage tardif de leur TGV, partis comme un seul homme et la roulette, entre eux, de l’un à l’autre, et sur elle-même comme une toupie. La gare, pour un peu, je n’en croirais pas mes yeux.

Dans la gare, mes autres sens ne sont pas au repos, si l’on en excepte le goût* – sauf, cas peu probable, à me trouver là mâchonnant un chewing-gum pas trop vieux, mobilisant encore un peu mes papilles gustatives. Pour le reste, j’ai l’ouïe fine, l’odorat développé et la sensibilité au monde Montparnasse à fleur de peau. J’entends celle qui confie à son téléphone “quand je vois Marie-Louise avec son poulet, ça me remet les idées en place” – ce qui stimule en outre mes facultés cognitives puisque je me demande bien comment une conversation peut en arriver là. Je sens bien que la gare ne sent pas partout la rose – je marchais un soir le long d’un quai de banlieue avec P.A. en lui parlant d’écrire la gare et lui : “mais l’odeur, tu la sens, l’odeur ?”.  Et j’ai la chair de poule rien qu’à penser à l’ombre de la personne de l’accident de personne. Qu’on ne me dise pas que je nourris pour ce lieu une passion insensée, même si je cherche encore quel sens donner à mon entreprise : la gare, au fond, j’en attendais quoi quand j’ai commencé ?

*Voir Montparnasse Monde 34

Filed under Montparnasse monde

Montparnasse monde de vive voix (et à refaire)

Comments Off

La ville ne bruit que de cela : Anne Savelli clôt sa résidence au 104 en nous invitant Sereine Berlottier, Pierre Ménard, Sébastien Rongier et moi à lire avec elle là-bas, salle 200, dimanche 28 juin à 17h. Après la lecture, à 18h30, nous nous retrouverons les unes et les autres autour de nos livres dans la librairie du 104, Le merle moqueur.

Anne et moi croiserons nos textes, nos voix et nos gares : Anne lira des extraits de Franck texte inédit dans lequel la gare du Nord joue un rôle de premier plan et moi des extraits de Montparnasse Monde tout entier bâti autour de celle que vous savez.

La veille de cette lecture, le samedi 27 donc, le feuilleton du samedi en sera à son épisode 40, qui fermera cette saison – comme on dit des séries TV. Merci à vous qui avez suivi.

Je me donne un peu de temps pour penser la suite de ce chantier, qui passe successivement par plusieurs états : des notes manuscrites prises sur un carnet de fond de sac depuis 3 ans maintenant, des ébauches de textes en fichier word, des développements et fignolages directement sur le serveur avant publication sur le blog, et enfin la reprise du tout en livre numérique aux éditions publie.net, livre lui même évolutif avec mises à jour… A celà se superpose l’investigation photographique qui a pris un peu le pas sur l’écriture et tiré celle-ci “à flux tendu” ces dernières semaines.

Sans souci de régularité de livraison hebdomadaire et sortie des appariements deux textes/une image, je souhaite chercher de nouveaux agencements, inventer des continuités, sérier les registres, bref refaire le monde. Tout cela dans mon arrière-boutique avant que ce soit un peu présentable (si jamais ça doit le devenir un jour) sous une forme ou sous une autre.

Filed under Montparnasse monde

Montparnasse Monde 39

Comments Off

Les salles d’attente de la gare je ne les fréquente pas puisque la (dé)raison d’être de ma présence en ce lieu ne se réduit jamais à la perspective d’un train. Mais, à supposer que je rentre un jour dans le rang des usagères ordinaires, ma carte escapade ne m’ouvrira pas leur saint des saints : le salon « Grands Voyageurs » qui dispense à ceux-là, exclusivement, ses honneurs et aménités. Avec obséquiosité, du moins vu, au dérobé, de l’extérieur : le salon ne s’ouvre sur l’accès latéral Commandant Mouchotte qu’au moyen de meurtrières horizontales vitrées sécurité. Pour la tranquillité et l’entre soi de ceux à l’intérieur. Je respecte la distance de courtoisie (comme au guichet de la Poste) et ne colle pas l’objectif de l’appareil photo sur un rai ajouré. Sans faire de paranoïa excessive, escapade et Grand Voyageur, c’est un peu torchon et serviette. Je me demande pourtant si mon entreprise d’écriture ne justifierait pas l’obtention d’un mot de passe dérogatoire, au moins à usage anthropologique. Je ne cherche pas à me faire plaindre, mais dans la gare, je n’ai pas forcément tous les atouts dans mon jeu.

Dans mon bureau au dessus des voies, je ne voyais pas le temps passer. Tout d’un coup, il pouvait être 7 heures du soir, voire plus tard encore, et je devais me sauver : les courses, la cuisine. Je n’étais jamais restée aussi tardivement dans aucun des bureaux par lesquels j’étais passée. Et je n’en rentrais pas fatiguée. La gare, le bureau, le jardin et moi, nous formions un écosystème. J’étais bien et je n’étais pas la seule : nous étions tous bien ensemble au dessus de la gare Pasteur, tous angles arrondis, sur les voies 1 à 9 ; nos fenêtres côté jardin. Même les chargés de mission que leur archéologie familiale ne scotchait pas, comme la mienne, à la gare, vivaient avec elle en parfaite harmonie, recourant à ses nombreux services – intrinsèquement ferroviaires ou adventices – autant que de besoin. Qui descendait acheter le journal ; qui des cigarettes ; qui un billet de train ; qui un sandwich si vraiment pas le temps d’aller plus loin ; qui y garait sa voiture un jour exceptionnel nécessitant une voiture (par exemple pour y transporter du matériel et des provisions de pique-nique). Et toujours proposer aux autres d’en profiter : se rendre mutuellement service et avec la gare. J’ai beaucoup aimé cette vie-là, mon petit éco-système dans notre symbiose générale.

Filed under Montparnasse monde

Troisième voyage à Cognac (et retour en pays mellois)

Comments Off

La première fois que je suis allée voir Le temps qu’il fait à Cognac, à l’automne 2007, c’était pour faire connaissance et reporter les premières épreuves corrigées d’Atelier 62 (et j’en revenais ayant appris magistralement de Georges Monti que les virgules, quoi qu’on fasse, vont par deux). La deuxième fois, en janvier 2008 j’y étais allée pour préparer l’envoi du service de presse du livre (mais nous étions tristes ensemble, Georges, Marie Claude Rossard et moi, parce que le lendemain je portais ma mère en terre).

La troisième fois, jeudi dernier, j’étais invitée par Le texte libre, librairie associative bien engagée, pour y parler du livre – qui cette fois encore suscitera facilement les paroles des uns et des autres, et les croisements d’itinéraires. Et la règle qui veut qu’à chaque rencontre un fils ou une fille de forgeron soit présent est une fois de plus respectée : je n’aurais jamais imaginé que nous étions aussi nombreux.

Arrivée à Cognac, flânerie à pied avec Marie Claude de la gare à l’ancien chais qu’occupe la maison d’édition où nous nous arrêtons avant de rejoindre la librairie. Le temps d’une discussion sur les écritures en cours, ce qui les porte et les supporte, les manuscrits empilés, et de faire une petite provision de livres à rapporter. Deux tous récents, Zozo chômeur éperdu de Bertrand Redonnet et A l’immortelle Bien-aimée de Virginie Reisz, deux plus anciens, Couteau suisse de Denis Montebello et Ouailles de Jean-Loup Trassard. De Trassard je rapporte aussi le très beau petit Coutumes incertaines, avec photographies, hors commerce. Avec Marie Claude, nous nous faisons la réflexion que Montebello, Redonnet et moi figurons à la fois au catalogue du Temps qu’il fait et à celui de Publie.net et que c’est une heureuse interférence.

Après une nuit dans le très beau moulin de Prézier – je m’y sens un peu en vacances – direction les Deux-Sèvres, pour une lecture apéritive d’extraits d’Atelier 62 sur fond d’outillage en provenance de la boutique paternelle, remis en état et en service pour certains à Verrines-sous-Celles dans l’entreprise Poget. Il y a même semble-t-il dans l’équipe des vocations rentrées de forgerons qui se sont révélées à l’occasion de l’arrivée des machines et outils.

Lecture de l’atelier in situ faite, déjeuner quelques kilomètres plus loin au très ambiant Café du Boulevard à Melle, petite ville retrouvée avec plaisir et dans laquelle je me demande toujours comment la densité en habitants sympathiques peut être aussi élevée.

En chemin, arrêt églises romanes à Aulnay et Verrines, entourées l’une comme l’autre de magnifiques cimetières, et retour TGV par Saint-Maixent (pas de changement contrairement à l’aller, donc pas de café Au buffet de la gare d’Angoulême, lieu mythique : j’y retournerai.)

Rubriques du blog

Recherche

Archives du blog depuis avril 2008

Sur Twitter

tous textes et photos copyright Martine Sonnet, sauf mention spéciale
var _gaq = _gaq || []; _gaq.push(['_setAccount', 'UA-25117361-1']); _gaq.push(['_trackPageview']); (function() { var ga = document.createElement('script'); ga.type = 'text/javascript'; ga.async = true; ga.src = ('https:' == document.location.protocol ? 'https://ssl' : 'http://www') + '.google-analytics.com/ga.js'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(ga, s); })();