L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Montparnasse Monde 37

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Posted by ms on 6 juin 2009 at 19:18

Souvenir du Jardin Atlantique et du temps de la pièce 2071. Nous prenions souvent le café d’après déjeuner, tous ensemble, à la terrasse discrète (à l’enseigne renversée) de la cafétéria des tennis, du moins dès que le temps permettait au tenancier de dresser dehors tables et chaises. Une terrasse peu visible des simples traverseurs du jardin et fréquentée par les seuls connaisseurs qui savent que le port d’une raquette n’est pas du tout requis pour y accéder. Nous arrivions à six ou huit – nous formions un vrai collectif de travail – et commencions par glaner poliment des chaises en nombre suffisant autour des quelques tables occupées par des tablées incomplètes. Se posait ensuite la question de l’ombre et du soleil : qui voulait quoi ? La terrasse n’est pas très ombragée (seulement par des haies peu élevées qui la séparent un peu du reste, en particulier des poubelles) et comme sur tout je jardin le soleil donne fort et réverbère d’une façade l’autre. Qui avait dans sa poche ou son sac une paire de lunettes de soleil ? et moi toujours arrangeante : ça ne me dérange pas, les verres de mes lunettes se teintent. Et pour ce qui était de se prémunir des insolations, aux beaux jours, notre chef portait élégamment le panama.

Autre souvenir du Jardin Atlantique et du temps de la pièce 2071. Vers  six heures du soir, à la belle saison, quittant mon bureau pour rejoindre l’omnibus Sèvres Rive Gauche par le hall Pasteur, je croisais des grappes d’enfants accrochées aux poussettes (doubles ou triples parfois) de nourrices – comme on dirait en famille, mais assistantes maternelles agréées en langage CAF ou URSSAF -, quittant le jardin en remontant l’allée de la Deuxième D.B. (pour appeler ces lieux par leurs noms que personne ne connaît et y remédier). Des femmes sombres et des enfants clairs, si bien que je me demandais un peu où étaient leurs enfants à elles pendant ce temps-là, si elles en avaient. Il y avait des écoliers d’après la classe, qui marchaient à leurs côtés, et des bébés gardés tout le jour. Elles quittaient le Jardin Atlantique, marche posée, souvent quatre ou cinq de front derrière leurs poussettes lestées aussi de cabas contenant les couvertures repliées sur lesquels les plus petits avaient fait la sieste à l’ombre – elles s’installaient toujours en rond sous les arbres – et de sacs isothermes. Piques-niques et goûters, jus d’orange, biberons, rouleaux d’essuie-tout. Tout le nécessaire.  Le front des poussettes et ses grappes se défaisaient sitôt passé la place des Cinq Martyrs du Lycée Buffon ; chacune de son côté et les enfants égrainés en chemin, et oui, ça a bien été aujourd’hui.

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4 Comments

  • On 6 juin 2009 at 19:59 PhA said

    Je ne sais pas si c’est l’influence des cerises, mais je lui trouve un petit air de cinéma, aujourd’hui, à ce Jardin Atlantique.

  • On 6 juin 2009 at 21:43 ms said

    PhA, n’hésitez pas à en parler à vous amis producteurs à Hollywood…

  • On 7 juin 2009 at 22:14 PdB said

    Jouxtant ce jardin, vous savez qu’il y avait un analyste (recalé) et aussi ce médecin qui me désensibilisa aux pollens (piqûre tous les vendredis, quatre ou cinq ans durant, dans la cuisse), plus loin, le vendeur de fruits de mer etc etc… et je me dis tout à coup que cette gare qui , d’un sens (qui disait “d’un sens” déjà…? Francis Blanche ? je ne sais plus), constitue le centre du monde (au sens , pour Salvador D. de celle de Perpignan) pour l’employée à ces écritures, cette gare qui tient les fils et de l’Orne et de la Rochelle ou Royan (par la grâce du TGV, car il me semble que cette destination -sud ouest après tout dixit Chaix- était du ressort d’Austerlitz), cette gare fait bien des efforts pour convenir à ladite employée (j’ai, d’ailleurs et d’autre part mais pas tant que ça, remarqué que le départ pour Lisbonne s’effectue aussi d’ici, et de Lisbonne à ces îles, là, pour l’ami (car collègue) C. qu’y a-t-il de plus qu’un pas -comme à Calais- ?)

  • On 12 août 2009 at 10:22 gilda said

    Bon sang comme c’est ça, comme on y est. La question de leurs enfants, je me la pose presque à chaque fois quand je croise des femmes et des petits sous cette configuration-là.

    Un chef à panama, quelle classe !

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