Je me couds une robe (point par point)

Je fais nettoyer mon manteau

et vous m’emmenez danser

à Chinatown, NYC.
Photos faites dans ce quartier en avril 2014 : bientôt un an, il serait temps d’y retourner dans la ville des villes.
le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735
Je me couds une robe (point par point)

Je fais nettoyer mon manteau

et vous m’emmenez danser

à Chinatown, NYC.
Photos faites dans ce quartier en avril 2014 : bientôt un an, il serait temps d’y retourner dans la ville des villes.
L’employée aux écritures a déjà fait part ici de la satisfaction éprouvée à disposer depuis son dernier déménagement d’un marché sous sa fenêtre les mardis, jeudis et samedis matin ; celui du samedi dépassant en ampleur ceux des deux autres jours. Un marché, qui plus est, aux commerçants plus sympathiques et pour certains moins chers que ceux auxquels elle s’approvisionnait dans sa vie antérieure banlieusarde.
Et voici que ce matin, ma marchande de fruits favorite, composant des corbeilles bien garnies à 1,50 € dont le contenu varie au fil des saisons, me fait part de son absence la semaine prochaine : elle part en vacances. Destination : la fête des citrons à Menton. Ce qui est somme toute parfaitement cohérent avec la grande conscience professionnelle dont elle fait preuve. Donc, bonnes vacances et bonne fête à elle et aux citrons !
Je lui en ai quand même acheté six pour ne pas risquer la rupture de stock s’ils se sont tous donnés rendez-vous à Menton la semaine prochaine, les citrons et leurs marchandes.
Photo ci-contre : les six citrons achetés pour parer à toute éventualité de pénurie rangés, comme toujours, dans les petits cases à oeufs de la porte du frigo. Ma cuisine étant assez insipide je la relève volontiers avec du citron.
Post scriptum : A propos de citrons, cet heureux souvenir du cahier de CP ou de CE1 de notre fils aîné qu’il nous revenait de signer chaque samedi et sur lequel dans un exercice de reconnaissance des fruits et légumes, à la question : “quel fruit jaune et acide accompagne souvent le poisson ?” il avait poétiquement répondu : la cerise.
Comme tous les ans en février – depuis que – chez L’employée aux écritures les jonquilles reviennent sur le tapis. Pas toutes seules mais propulsées par des moteurs de recherche favorables à l’extension du domaine de votre expertise pourvu que vous les débarrassiez de questions délicates. Délicates comme l’éclosion desdites jonquilles. Ces jours-ci on me demande donc avec insistance la date d’apparition de la jonquille, si elles éclosent le jour ou la nuit, et quels sont leurs principaux problèmes de floraison.
Franchement, les moeurs et coutumes des jonquilles, je n’y connais rien. Je puis juste répondre qu’hier, des obligations archivistiques m’ayant conduite à Gif-sur-Yvette terrain d’observation privilégié de la date de floraison desdites fleurs sur lequel veille un rigoureux compilateur de statistiques décennales fort attendues, j’ai scruté, comme lui, les talus (dans mon cas entre la gare et le campus du CNRS) : pas l’ombre d’une jonquille. Pas même après dissipation d’un brouillard matinal et dense.
Patience, donc. Pour les jonquilles c’est sans doute une question de quelques jours mais pour les précieux Carnets de notes qui complèteront la série statistique ce sera un peu plus long (même si en 2015 on se dit qu’on passe la moitié du prochain volume : on tient le bon bout !).
Et, comme par hasard, fouillant plus profond dans la boîte noire des questions posées à L’employée aux écritures, je tombe sur Pierre Bergounioux fan club. Enfin une requête bien aiguillée. Merci.
Il y a quelques autres interrogations d’internautes qui me réjouissent, à défaut de pouvoir y répondre : on cherche ici en vain le bois dont on fait les vélos, une coquille vide à vendre, une chasse d’eau ancienne à vendre, une poubelle qui chante ou encore une robe sans tête et le boulon h 7/16-20×4-1/4.
Mais il y a aussi des questions qui me font tout bonnement peur, quand on s’inquiète du plaquo qui s’affaisse, de comment tuer rapidement un furet, des poulets en batterie openspace, d’une cage thoracique qui ressort et de ses causes ou des conséquences d’un trou dans le palais. J’aimerais mieux ne pas, dirait qui vous savez, et surtout pas les recherchées citations de Marc Levy.
A tout prendre, j’aime encore mieux me décarcasser pour vous trouver le boulon rare.

On comprend pourquoi.

Au moins il restera un billet de janvier 2015 dans les archives de L’employée aux écritures : il était temps que je m’aperçoive que le dernier datait du 29 décembre de l’année dernière. Une éternité. Mais il faut dire que ce janvier le coeur n’y était pas et qu’on en a passé du temps à lire les journaux, à essayer de comprendre.
Je crois que j’ai prévu des sièges pour tout le monde.



Collection de chaises, XVIIe-XIXe siècles, Museu de artes decorativas portuguesas, Lisbonne, 22 décembre 2014
Je ne trouve ma place nulle part
sauf au cinéma
J’achète un billet
je trouve une place
facilement
même dans le noir
corbeille ou balcon
pas question de m’en déloger.
Les frères Lumière, qui auraient pu tout aussi bien s’appeler Abat-jour remarque pertinement Jean-Luc Godard,
pas question non plus de les déloger du balcon.
est néanmoins semé d’embûches.
Je les regarde, triste quatuor échoué sur mon pallier, lamentable, plus aucun ressort, roulettes qui ne tournent plus rond, et leur seule vision me tord les vertèbres, des lombaires aux cervicales. J’ai mal au dos pour elles. La grande surtout, accotée au mur, qui ne se soutient plus du tout. Rompue.
C’est comme avec la signalétique des sorties de stations du métro parisien réduite à des numéros dont la légende n’est explicitée qu’à un seul endroit, sur le quai, et si vous avez eu l’imprudence de ne pas vous en soucier quand vous avez été jeté hors du wagon, ou si vous l’avez lue quand il était temps mais l’avez oubliée dans le labyrinthique enchaînement des escaliers couloirs escaliers qui vous conduisent vers l’air libre, tant pis pour vous. Vous émergerez au petit bonheur la chance, souvent à l’exact opposé de là où vous l’espériez.

C’est un peu le même principe sauf qu’ici c’est pire puisque aucune station du métro parisien n’est dotée d’autant de sorties. Heureusement la petite croix blanche sur fond vert vous offre une lueur d’espoir : si vous êtes assommé par les nombres, ou si vous vous êtes épuisé à chercher le 15, prenez à droite, on vous soignera quand même.
à défaut d’être maintenant ?