C’est, dans la ville de Porto, au bout d’une courte rue qui porte bien son nom et le portait mieux encore avant, quand elle s’appelait Rua do Cemiterio, mais sans doute que ceux de l’hôtel, seul édifice un peu conséquent dans cette rue sans façons, n’appréciaient guère cette adresse à tête d’enterrement.
Alors on a débaptisé la rue, préféré comme enseigne la Méditation qui laisse entendre qu’on y dort
bien. Ce que les occupants du bout ne démentiront pas, eux qui ne font pas qu’y passer et au service desquels fleurit l’inévitable petit commerce de la dernière heure.

Manoel de Oliveira (1908-2015) repose là, à quelques pas de l’entrée du cimetière d’Agramonte, auprès de quatre des siens, à l’abri d’un toit qui pourrait en abriter un de plus. A moins que Manoel ne soit le dernier : les autres sont là depuis si longtemps. Un homme sans plus de contemporains à force de vivre.








J’appelle “ruban d’alerte” ces rubans plastifiés striés rouge/blanc – mais j’en découvre une variante jaune/noir – dont je constate qu’ils sont de plus en plus présents dans notre décor, déployés sans avarice, au kilomètre. Je les avais toujours considérés comme signifiant des espaces lourds de danger, espaces dont l’idéal-type serait le périmètre de sécurité tracé autour de la valise abandonnée en gare du Montparmasse monde en attente des démineurs. J’ignore où s’achètent les rouleaux de ces rubans et ce qu’il en coûte, mais ce que je tenais jusqu’alors pour un accessoire de panoplie hautement sécuritaire, semble avoir été mis ces derniers temps à la portée de tous. Lors de mon prochain passage au supermarché je ferai un détour par le rayon bricolage pour voir si ceux-ci auraient fait leur apparition aux côtés des rouleaux de large scotch marron pour carton de déménagement – à moins qu’ils ne voisinent avec l’extra-fort au rayon passementerie ? Je les chercherai par pure curiosité car je ne m’en suis pas encore trouvée l’usage, contrairement aux responsables du rangement rationnel (RRR en langage DRH) de ces lieux où j’ai récemment repéré leur présence en me demandant









