L’employée aux écritures qui dans sa vie réelle vient de franchir aussi allègrement que ses vieux os friables le lui permettent le cap des 55 ans a, en conséquence, illico reçu de la Direction Générale des Finances Publiques, Services des Retraites de l’Etat, un récapitulatif de sa longue mais assez impressionniste carrière. Dans une enveloppe bleu azur, d’abord prise pour une pub essayant de se faire passer pour un document officiel, comme font parfois les officines de VPC et les loteries.
L’enveloppe ouverte et son contenu authentifié, tout y était, depuis mon premier mois de travail d’été, pile 16 ans et encore lycéenne. Sans une lacune, la suite continue de mes jobs sous des statuts plus improbables les uns que les autres, parfois se chevauchant, un tiers temps par ci, des vacations par là et encore des vacations ou des cours par ci, dans des bibliothèques puis dans des institutions de recherche ou d’enseignement supérieur avec détour par quelques emplois dans le privé, avant mon recrutement au CNRS de 1995.
Donc entre 1972 et 1995, j’ai été successivement employée par la Bibliothèque La joie par les livres (agent saisonnier) la Bibliothèque Sainte-Geneviève (déléguée dans les fonctions), la Bibliothèque nationale (collaboratrice occasionnelle à mi-temps), le CNRS (vacataire), l’université François Rabelais de Tours (vacataire), l’Ecole des hautes études en sciences sociales (vacataire), l’Ecole normale supérieure de Fontenay/Saint-Cloud (vacataire), l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne (vacataire), l’Institut nationale de recherche pédagogique (maîtresse auxiliaire), les éditions du Cerf (rédactrice), Malesherbes publications (documentaliste à mi-temps), la Compagnie générale des eaux (rédactrice à mi-temps), le Collège de France (vacataire), l’Institut catholique (chargée de cours) puis enfin le CNRS, à temps plein, ingénieure de recherche.
Dans cette liste d’employeurs il y en a que j’avais complètement oubliés. Et compter, tous ces emplois mis bout à bout, déjà 38 ans de travail salarié derrière moi (mais je ne les fais pas).




























Lundi 22, j’ai besoin de deux fois 140 signes pour expliquer mon fait marquant et printanier du jour
