(NB : billet prêt à poster depuis quelques jours que je publie aujourd’hui en écho à une autre démolition).
Ceinture rajustée, mains essuyées au torchon trop court pour être jamais sec tournant en rond autour du support en bois haut perché, ressortant des toilettes où il s’est un peu trop attardé le dernier client du café bar restaurant Le Terminus sur la place de la gare de ma ville de banlieue aura une très mauvaise surprise. Tout comme le cuisinier qui, dans les arrières, s’affaire encore à ranger ses casseroles. Car personne ne les a attendus et les portes qu’ils pousseront (relevant le passe-plat dans le cas du cuisinier) donneront sur le vide.

Occasion de constater que les Toilettes Téléphone et la cuisine par delà le passe-plat avaient été creusées dans la maison d’à côté et qu’aux murs des deux chambres à l’étage, en des jours meilleurs, le papier peint avait figuré des palmiers. Encore collés à la cloison, les miroirs qui peinaient à agrandir une salle minuscule ne renvoient plus l’image des piliers du bar Le Terminus (disponibles, à certaines heures pâles de la nuit, accoudés, avec des problèmes d’homme, des problèmes de mélancolie, comme dans la chanson) mais celles des voitures prenant le tournant pour suivre les rails filant plein Ouest. Et tous les quarts d’heure un train. Toujours solidaire des murs, aussi le revêtement de frisette auquel on avait confié, du moins jusqu’à une certaine hauteur, la création d’une ambiance chalet.

Place de la gare, pour boire nos cafés matinaux, nous restent d’un côté L’Arrivée, de l’autre Le Départ. Peter Handke, voisin des lieux le temps de son année dans la baie de personne, y évoque leur face à face. Il parle d’une rencontre faite dans l’un des cafés situés près de la gare [...], le “Bar de l’Arrivée”, tandis que l’autre s’appelait “Bar du Départ”. J’y attendais la fin de la leçon de piano que prenait mon fils… (p.89-90) – dans l’immeuble de L’Arrivée habite toujours le professeur de piano bien connu du quartier.
Une chance, mes photos sont suffisamment classées pour que je retrouve sans trop de peine une image du Terminus dans son intégrité. Même si ce n’était pas le débit de boissons, mais la girafe végétale plantée au beau milieu du parking par les jardiniers municipaux au printemps 2009, que j’avais voulu immortaliser. Une bête qui avait mal fini, obèse et hirsute à l’automne.





D’



Je les avais toujours vus ronds, en terre cuite, exacte réplique agrandie (tout au plus vernissés et peints de couleurs vives) des modèles de format adapté à leur usage ancien : y faire pousser dans des conditions raisonnables d’enracinnement une plante verte d’intérieur ou une fleur sur un rebord de fenêtre, comme je le fais chaque printemps pour égayer de l’extérieur ma cuisine. Mais 






















