le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735
"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux
En juin 2011 je consacrais un billet de ce blog au séduisant petit livre de Peter Kropmanns Matisse à Issy : L’atelier dans la verdure paru dans sa traduction française en 2010 aux éditions de L’arche. J’évoquais ma proximité d’alors avec la maison de Matisse à Issy-les-Moulineaux, localisée par Kropmanns au 42 route de Clamart, route devenue depuis l’avenue du Général de Gaulle.
Bonheur des échanges rendus possibles par le blog, j’ai récemment reçu un courriel de l’arrière petit-fils du peintre Georges-Marcel Burgun (1874-1964) contemporain, voisin et ami de Matisse : c’est sa maison et son atelier à lui qui portaient le numéro 42 dans la route de Clamart. Burgun, isséen depuis 1901, s’y était établi en février 1919 et est demeuré là jusqu’à sa mort en août 1964 ; la maison de meulière est toujours habitée par des membres de la famille. Matisse demeurait lui au 92 de la même rue où l’on peut toujours apercevoir, entre les grands arbres du jardin qui l’entourent, sa maison menacée un temps de disparition.
Je corrige donc l’adresse isséenne de Matisse sur mon billet de juin 2011, en profitant au passage pour supprimer tous ses liens déjà obsolètes. Menant une rapide enquête sur les deux adresses, 42 et 92 route de Clamart à Issy-les-Moulineaux, grâce à la précieuse bibliothèque numérique Gallica de la BnF, je remonte peut-être à l’origine de la confusion entre les demeures des deux peintres. Tous deux figurent avec leurs adresses dans des catalogues de Salons de la Société des Artistes Indépendants ou de Salons d’Automne, Burgun effectivement situé au 42 route de Clamart
(Gallica/BnF. Société des artistes indépendants. Catalogue de la 35e exposition, 1924 au Grand Palais des Champs-Elysées)
et Matisse au 92, sauf dans le catalogue des Indépendants de 1911, logeant à tort Matisse au 42…
(Gallica/BnF. Société des artistes indépendants. Catalogue de la 27e exposition, 1911 au Quai d’ Orsay, Pont de l’Alma)
Il est possible que la malheureuse coquille typographique faite en 1911 soit à l’origine de la fausse adresse attribuée à Matisse par Peter Kropmanns comme par d’autres auteurs.
Merci à François-Dominique Fournier d’avoir attiré mon attention sur cette erreur et ainsi permis de faire connaissance avec son arrière grand-père à qui l’on doit cette vue de l’atelier de son voisin et ami Matisse, reproduite dans la biographie de son aÏeul qu’il m’a aimablement communiquée.