Héroïnes

L’employée aux écritures, à qui ses histoires de marquise ont légèrement monté à la tête,  peut bien rêver à de somptueux atours

dans lesquels elle finirait l’année en beauté, il n’en demeure pas moins qu’arrivée trop tard pour être

celle qui distribue les tartines dans l’encoignure de la porte et le jeune homme, gilet bleu culotte jaune la regarde,

celle dans la ronde devant le château, le sang des Valois coulait dans ses veines,

celle admirable quand elle choisissait ses colliers,

celle le soir sous le grand tilleul, sa main dans la main du précepteur,

celle enjointe par son mari de dormir maintenant, il le veut, la comédie est finie,

celle qui fait naufrage, et pourtant l’île et son amoureux si proches,

celle dont les yeux de fougère se sont ouverts quand tant d’autres se fermaient,

celle qui a lu trop de romans, alors dans la calèche,

celle que l’homme magnifique de l’autre côté de la baie n’a jamais pu oublier,

celle qu’Aurélien trouva laide, la première fois qu’il la vit,

celle qui manigance tout dans ses lettres avec son amant,

celle pour qui le vice consul de France à Lahore ruina sa carrière,

celle tremblante au côté de son mari sur le champ de courses,

celle de la petite bande au bout de la plage, en polo avec une bicyclette,

et même celle qui était, comme vous le savez déjà sans rien en savoir encore…

que vais-je bien pouvoir trouver à faire pour m’occuper en 2010 ?

7 commentaires pour “Héroïnes”

  1. elise dit :

    celle qui poursuit et étend ses investigations.

  2. PhA dit :

    Une belle année, belle marquise !

  3. ms dit :

    merci @PhA et très belle année à vous également et tout autour de vos hublots !

  4. maryse hache dit :

    oui aux héroïnes en compagnie de la marquise de Verdelin

    oui à l’employée aux écritures, sur les bords, historienne, montparnasse monde, atelier 62, héroïne à sa manière
    et gratitude donc à vous martine sonnet

    et
    oui à toutes celles qui ont dirigé la cité monastique de Fontevrault fondée en 1101, dixit le papier distribué sur place

    celle qui s’appelle pétronille de chemillé
    celle qui s’appelle mathilde d’anjou
    celle qui s’appelle audeburge de haute-bruyère
    celle qui s’appelle gilles ou gilette
    celle qui s’appelle mathilde II de flandre
    celle qui s’appelle mathilde II de boème
    celle qui s’appelle marie de champagne (marie de bourgogne)
    celle qui s’appelle ala ou alix de bourbon
    celle qui s’appelle alix de champagne
    celle qui s’appelle berthe
    celle qui s’appelle adèle de bretagne (alix de bretagne)
    celle qui s’appelle mobile de la ferté (ou de blois)
    celle qui s’appelle jeanne de dreux (de brenne)
    celle qui s’appelle isabeau davoir
    celle qui s’appelle marguerite de pocey
    celle qui s’appelle aliénor de bretagne
    celle qui s’appelle isabeau de valois
    celle qui s’appelle théophanie de chambon
    celle qui s’appelle jeanne demangey
    celle qui s’appelle adélaïde de ventadour
    celle qui s’appelle éléonore de parthenay (aliénor)
    celle qui s’appelle blanche d’harcourt
    celle qui s’appelle marie d’harcourt
    celle qui s’appelle marguerite de beaufort de montmorency
    celle qui s’appelle marie de montmorency
    celle qui s’appelle marie de bretagne
    celle qui s’appelle anne d’orléans
    celle qui s’appelle renée de bourbon
    celle qui s’appelle louise de bourbon
    celle qui s’appelle éléonore de bourbon
    celle qui s’appelle louise de bourbon de lavedon
    celle qui s’appelle jeanne-baptiste de bourbon
    celle qui s’appelle marie-madeleine-gabrielle de rochechouart mortemart
    celle qui s’appelle louis-françoise de rochechouart
    celle qui s’appelle louise-claire de montmorin de saint-hérem
    celle qui s’appelle marie-louise de timbrone de valence (de thimbrune de valence)
    celle qui s’appelle julie-gilette de pardaillan d’antin (julie-sophie-gillette de gondrin de pardaillan d’antin)

    là au moins il y a des femmes!!!

  5. ms dit :

    merci de leur part Maryse, et si j’en choisissais une pour lui emprunter son nom, je crois bien que ma préférence irait à Audeburge de Haute-Bruyère…

  6. PdB dit :

    Vous vous souvenez de :
    “Marquise si mon visage a quelques traits un peu vieux, souvenez-vous qu’à mon âge, vous n’en vaudrez guère mieux” ? Ouais ça continuait par : “Peut-être que je serai vieille, répond Marquise, mais cependant j’ai 26 ans, mon vieux Corneille et je t’emmerde en attendant”…
    Bonne Année Employée, qu’elle vous apporte histoire et littérature dans les proportions que vous souhaitez. Avec vous.

  7. ms dit :

    Merci cher @PdB et très bonne année à vous également : que votre petit cocktail perso 2010 vous régale – quant aux proportions on les garde secrètes évidemment…