L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

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Histoire de B. : épilogue et fenêtre

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Voilà que dans cette rue, depuis l’été et la démolition des maisons du 29 et du 27, la fenêtre de l’appartement de B. au rez-de-chaussée de l’immeuble sur cour du 25 est devenue visible. Du trottoir le regard rase son volet fermé. Bientôt l’immeuble qui commence à  s’élever comblera la brèche et le bâtiment discret dans lequel a vécu B. redisparaîtra. Elle n’avait qu’une fenêtre B., ayant acheté et fait aménager en studio une ancienne petite loge inoccupée depuis des lustres, partie commune dont la copropriété ne voulait plus faire les frais.

Dans la toute première ébauche des textes qui deviendraient Atelier 62, un “décrochement-digression”, comme il en existait quelques uns débordant du cadre chronologique du temps des forges, évoquait B. qui venait de disparaître de notre vie. J’écrivais en décembre 2005, elle nous avait quittés le 3 octobre, sans explication. J’évoquais son arrivée chez nous et comme je m’étais emberlificotée dans ma conscience féministe quand, trop occupée de mes travaux et du soin des enfants, alors jeunes, faire appel à l’aide d’une femme de ménage s’était imposé. Finalement, c’est B., si différente de celle que j’avais imaginée, qui était venue – je retrouve mon petit bout de texte -

“deux fois par semaine, et on la reçoit respectueusement et affectueusement, comme si c’était sa propre mère. Et puis au bout de seize ans – c’est arrivé chez nous il y a quelques mois – elle s’en va, sans rien dire, juste les clefs dans une enveloppe lâchée dans la boite aux lettres en partant. Ecrit dessus : bon courage. Se souvenir comme elle a accompagné les enfants ; ses cadeaux encore dans leurs chambres. Ne rien comprendre. Constater que la chatte aussi tourne en rond depuis ; les deux jours de grand retournement des choses rythmaient ses semaines solitaires. La bête savait dans quel ordre les événements se produiraient, avait mis au point son parcours de cachettes successives. Maintenant, quand l’un de nous sort l’aspirateur du placard, la chatte s’affole, sans refuge sûr face à nos façons de faire, imprévisibles et désordonnées.”

B., jamais remplacée à la maison, n’avait pas donné suite au courrier que je lui avais adressé pour la remercier de toute l’aide qu’elle nous avait si longtemps apportée, m’inquiéter des soucis de santé ou autres qu’elle pouvait avoir. Son numéro de téléphone n’était plus attribué – elle en avait changé une fois de plus – et par deux fois l’hiver qui avait suivi son départ, la croisant sur un trottoir, la saluant, m’arrêtant pour tenter de lui parler, celle-ci avait continué son chemin sans répondre.

En septembre 2006, rubrique “Etat civil – décès”, du bulletin municipal, j’apprenais que B. était morte en juin. Je saurai un peu plus tard, du notaire provincial qui, devant régler sa succession et manquant d’informations à son sujet, nous avait écrit ayant trouvé notre adresse dans ses papiers, que c’était de mort naturelle et qu’on l’avait retrouvée 15 jours après son décès, quand ses voisins, à qui elle ne parlait pas, n’en pouvaient plus de se pincer le nez en pénétrant dans l’immeuble sur cour.

Je ne sais rien de plus de la fin solitaire de B., ni de son enterrement que personne probablement n’a suivi. Je sais quelques moments de sa vie toute de ruptures, confiés le temps des nombreux cafés bus ensemble. Son volet fermé, de moins en moins visible ces derniers jours derrière palissades et algecos.

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oct 16, 2009

Cinq jours ouvrables, façon Libé du samedi

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Lundi. Toute la journée au bureau avec visites récurrentes de guêpes par le vélux et ponctuelle d’un informaticien (par la porte) qui réinitialise mon imprimante qui ne répondait plus depuis le retour des vacances.  J’attaque la semaine par l’écriture de l’article “Geneviève Randon de Malboissière”  destiné au Dictionnaire des femmes d’Ancien Régime à paraître chez Champion. Je complète ma documentation livresque par quelques interrogations internet (je m’intéressais au sujet bien avant Google) et m’aperçois que le livre de Dena Goodman est paru. Verdict des statistiques Word quand je boucle : 9000 signes  pour  7500 TTC alloués ; j’élagaguerai demain. Déjeuner d’un sandwich au délicieux soleil de 14 h dans le jardin de l’Ecole – va et vient des nouveaux élèves qui prennent possession de leurs chambres ; parents de province qui accompagnent – origines dévoilées par les plaques minéralogiques des voitures dont les coffres se vident de cartons de livres, bouilloires électriques et un peu de  linge. Je regarde les mères. Remontée au labo sous les toits, je découvre qu’une main providentielle – je ne sais à qui elle appartient -a disposé une assiette de mirabelles mûres à point  près de la machine à café : riche idée. Echange de mails avec mes compagnes et compagnon de la fête des livres à La Ferté-Vidame hier pour nous réjouir de cette agréable journée champêtre et nous promettre de bientôt travailler ensemble. Je m’apercevrai plus tard qu’elles et il ont tout raconté sur leurs blogs. Rien à ajouter. J’aime l’idée qu’une semaine après cette insertion sur les terres du duc de Saint-Simon je foulerai les pelouses de la fête de l’Huma.

Mardi. Dans la cuisine, premier geste au matin : France Info. Je prends en marche une énumération des villes dans lesquelles des classes de collèges ou lycées sont fermées qui me laisse perplexe. Une classe de collège ou de lycée ça circule dans l’établissement pour rejoindre des salles spécialisées et ça se recompose au fil des heures au gré des options et des langues, quant aux profs, ils n’en ont pas qu’une de classe… Fermer une crèche je comprends, une classe de lycée nettement moins, surtout compte tenu de la virulence qu’on nous dit somme toute banale du virus dans l’état actuel des choses. La chaleur de retour ces jours-ci me semble bonne à prendre et je marche sur le large trottoir, côté numéros impair, du boulevard du Montparnasse, pile dans l’axe du soleil, entre la ligne droite grise de l’ombre des toits et celle, moutonnante, de l’ombre des frondaisons. On me dit toujours que je devrais couper par le Luxembourg pour aller de la gare à l’Ecole, mais je ne suis pas du tout fanatique de ce jardin, précisément parce qu’il est impossible à traverser en droite ligne. A l’approche du bassin, pas moyen de ne pas se dérouter. Assez mauvais souvenirs aussi de la fréquentation – les rares fois où c’est arrivé – des aires de jeux, balançoires, toboggans, poneys, petits bateaux, guignol et marchands de glaces ou gaufres quand les enfants étaient petits. Prénoms extravagants qu’on y entendait et parents insupportables qui allaient avec. Mon article sur Geneviève Randon de Malboissière, respectueux cette fois des normes typographiques, est parti, après que par un dernier acquis de conscience j’ai saisi sur Google le titre de son seul écrit publié. Une courte pièce Ilphys et Zulie que son maître d’allemand Michaël Huber a  intégrée anonymement à un Choix de poésies allemandes publié en 1766. L’ouvrage que je n’ai jamais réussi à voir à la BnF, existe numérisé par Google  : j’en suis toute retournée – mais je ne le retrouve pas au moment d’insérer, j’y reviendrai quand j’aurai le temps .

Mercredi. Un peu en creux, pile au milieu de mes cinq jours ouvrables et troisième consécutif entièrement passé au bureau. Au vélux, outre les apparitions des guêpes qui continuent à entrer pour ressortir illico, visite du chat qui se promène sur les toits de l’Ecole, je le dissuade d’entrer malgré ma profonde sympathie pour la gente féline ; pas trop content d’être éconduit, il aurait tôt fait de mordre. La BnF fermée pour son grand ménage annuel, les historiens se replient dans leurs quartiers, s’occupent d’affaires organisationnelles, de programmes, de calendriers, de réservation de salles, de demandes de moyens pour 2010. Autant de choses dévorant de plus en plus de temps. La satisfaction tout de même, et profonde, de voir si bien reçue ma proposition d’écriture en réponse à une sollicitation reçue hier soir et qui m’a fait particulièrement plaisir. Affaire rondement menée et deadline au 28 septembre, soit bien proche pour quelque chose d’aussi nouveau… Tous ces jours à venir, donc, avancer de deux heures mon réveil. Notre bachelier de l’année, travailleur saisonnier dans une librairie-papèterie du quartier latin, pas fâché d’arriver samedi au terme de son contrat, rentre à 20h50 claironnant : “Plus que deux jours !”. Rude premier contact avec le monde du travail que d’éprouver à 17 ans la fatigue de journées longues de sept heures passées impérativement debout dans un sous-sol non climatisé, en août-septembre, à recharger des piles de paquets de copies, doubles, simples, perforées, non perforées, à petits carreaux, à grands carreaux, et j’en passe, 21X29,7 ou 29X32.

Jeudi. “Retour de la grouse” proclame la pancarte du restaurant au coin de la rue de la République à Vanves vue du bus 189. Je sais peu de choses de la grouse, que je classe néanmoins parmi les volatiles. L’annonce tend à me faire penser que celui-ci est saisonnier, mais j’ignore absolument où la grouse peut bien se nicher quand elle n’est pas dans une casserole à Vanves. Reçue de 12 à 14 heures par la bibliothèque d’un Comité d’établissement banquier pour y parler d’Atelier 62 avec des lecteurs, dans le cadre du prix littéraire inter-CE, j’y suis fort bien accueillie et en ressors avec un chouette bouquet de fleurs. Merci à tous. Sur le chemin du retour, je tente par deux fois de me procurer – enfin, depuis le temps que j’y pense – un iphone : rupture de stock. Je recharge donc une fois de plus mon compte mobicarte en attendant des jours meilleurs. Le iphone est appelé à résoudre d’une pierre deux coups mon problème de ipod (35 minutes, montre en main, d’autonomie de batterie, pourtant changée déjà une fois) et d’appareil photo qui a rendu l’âme. Il y a donc relative urgence (surtout pour les saisissements images du réel). Depuis peu, les gens des monuments nationaux m’invitent volontiers quand ils inaugurent quelque chose : aujourd’hui le carton est pour une expo “Splendeur de l’enluminure : le roi René et ses livres”, qui se tiendra bientôt à Angers, RSVP avant le 18 septembre. Mais désolée, ce sera non : un petit peu trop loin Angers, un petit peu trop à faire ici.

Vendredi. Journée au bureau, c’est ma “journée Hardy”, je travaille sur l’index des lieux du Journal de ce libraire parisien du XVIIIe siècle : un vrai bonheur la promenade “virtuelle” dans les rues du Paris de l’époque et tout ce qu’on y rencontre. L’école qui abrite mon bureau (mais dans laquelle je n’enseigne pas) s’anime chaque jour un peu plus. Rentrée pédagogique la semaine prochaine. N’étant pas ancienne élève du lieu, son monde et ses conditions protégées d’étudier me restent un peu étrangers. La fermeture de la BnF (encore une semaine) commence à me peser, parce que je voudrais jeter un oeil sur des journaux de mode des années 1950/60, un peu trop futiles pour l’érudite bibliothèque de l’Ecole. Je programme pour la semaine prochaine des expéditions à Marguerite-Durand et Forney (Forney je ne n’y suis jamais allée, ça m’en fera une de plus). La lettre des impôts, trouvée à mon retour à la maison, m’épate par sa parfaite bonne conscience. Alors que leurs services rectifient une erreur en ma défaveur qui leur est imputable à 100 % – oubli de saisie d’un chiffre  - ils ont le culot de m’écrire IL VOUS A ETE ACCORDE UN DEGREVEMENT DE 448 EUROS. En capitales et pas question d’erreur ni encore moins d’excuses… Et encore heureux que je les avais calculés de mon côté mes impôts, parce qu’autrement j’étais bonne pour les payer les 448 € que je ne leur dois pas et DONT JE LES REMERCIE DE ME FAIRE GRACE DANS LEUR GRANDE BONTE… Je me couche tôt pour être en forme à la fête de l’Huma demain.

PS : je rassure tout de suite les fidèles du blog : ceci n’est pas un nouveau feuilleton du samedi (c’est juste parce que Libé ne me le demande pas)

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sept 12, 2009

Face à cet arrêt de bus “Salle Polyvalente”

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où nous attendons, sur un banc à l’ombre, la navette des Escartons qui relie entre eux les villages du Queyras, une mince vieille dame solidement permanentée, vêtue bien repassé et chaussée ville, portant sac à main et valise (qui pourrait rouler mais qu’elle tient par la poignée en la soulevant bien), descendue du car en provenance de la gare de Montdauphin, se précipite sur nous.

“Je cherche un hôtel, mon docteur m’a prescrit des anti-dépresseurs, mais vous comprenez je ne veux pas les prendre et je viens ici, je préfère, dites-moi où est l’hôtel”. Nous lui répondons que l’air léger de ces montagnes lui profitera certainement et lui indiquons l’office de tourisme du village, ouvert heureusement en ce dimanche après midi.

La regardant s’éloigner, sa mise inhabituelle dans ce décor et sa valise toujours haut soutenue, comme si elle ne voulait surtout pas risquer de l’abîmer, nous restons assez interloqués par sa confidence, qui semblait lui être impérieuse, à propos de la raison de sa villégiature. Un peu perplexes aussi, à nous demander si elle ne confondrait pas un établissement local aux pensionnaires parfois un peu décalés de la vie ordinaire avec un hôtel.

Au creux de l’après-midi, l’un d’eux, était venu nous exposer ses préoccupations incompréhensibles, juste comme on s’asseyait à une terrasse pour y déjeuner enfin, à 15 h, après une longue marche en forêt, au cours de laquelle nous nous étions un peu perdus : des descentes de bois ayant brouillé les sentiers et leurs bifurcations. Mais la bonne surprise du surgissement, tout près, d’un chevreuil.

Quelques kilomètres plus loin, à un autre arrêt où nous changeons de navette pour continuer à remonter, mon oeil – et l’objectif qui le prolonge et qui tombera en panne le lendemain – irrésistiblement attirés par la trace autocollante  laissée sur le panneau d’affichage par le passage de quelque collègue.

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août 26, 2009

Sortie de ville

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Pas mal pédalé pendant mon séjour normand ; longtemps que je n’avais pas emprunté la petite route d’Olivault qui relie celles de Loré et de Cigné, j’avais oublié comme le paysage dans ces fonds ne ressemble pas à celui qui l’entoure

 

 

regagnant le bourg par celle de Cigné, frappée par cette clôture dont les piquets donnaient l’impression d’être si faciles à assembler pour replanter l’arbre dont ils étaient tous issus,

 

 

sur la petitre transversale (dont j’ignore le nom) entre les routes de Saint-Fraimbault et de Torchamp, je me suis amusée du quadrillage rigoureux d’un potager protégé des oiseaux par des CD-rom obsolètes ou qui n’ont jamais servi à rien au jardinier 

 

 

à l’entrée de Melleray, la paille formait un mur impressionnant au bout du champ

 

 

et toujours sur le bord de la grande route, en allant vers Ambrières, juste avant le départ du chemin du Rouillon, ce tombereau abandonné, dont je me demande s’il est sorti des mains et de la boutique paternelle

 

 

boutique le long de laquelle j’ai, cette année encore, garé plusieurs fois mon vélo.

 

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août 17, 2009

De Molines, 24 décembre 2008, les traces

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Le lièvre blanc est passé

un écureuil aussi

le ciel est pareil.

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déc 24, 2008

De Molines, 23 décembre 2008, le ciel

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Cet incroyable bleu, ce jour à 11h45.

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déc 23, 2008

Bestiaire d’ici, du plus gros au plus petit

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L’employée aux écritures, qui a un peu envoyé valser l’écritoire ces derniers jours, tient juste à dire un grand merci à Lucas de la part des chamois, des moutons, du circaète qui vient tous les soirs tourner au dessus de la maison en quête de vipères, de la grenouille et du papillon. J’assume l’approximation des autres clichés.

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août 26, 2008

Ciel de hamac

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Travail en retard terminé et expédié à qui de droit, L’employée aux écritures se la coulerait bien enfin un peu douce mais songe que les tripes doivent être digérées depuis longtemps et se souvient de sa belle déclaration d’intention quant à la continuité du service.

Aussi, bien qu’un peu flemmarde du blog et du reste ces temps-ci, je me propose de faire partager la vue qui est la mienne entre deux ondées.

Comme la qualité médiocre de la photographie ne permet pas forcément de le constater, les deux arbres se prêtant complaisamment à la paresse sont d’une part, un feuillu, de type érable, déjà implanté au milieu de la pelouse lorsque furent acquis la maison, son jardinet et sa courette, et d’autre part un conifère indéfinissable ayant poussé depuis, de sa propre initiative, à distance idéale de son alter ego pour envisager la suspension d’un hamac.

Je profite de ce billet pour présenter des excuses publiques au notulographe, malheureusement pour lui non natif du pays du camembert, auprès de qui je m’étais engagée à effectuer un reportage dans la caverne d’Ali Baba des Bons Mayennais, chez qui j’avais quelques bons cadeaux à échanger. Je n’ai pas eu le temps de m’y rendre, et j’en suis d’autant plus confuse que lui-même n’a pas hésité à me faire profiter de quelques uns de ses souvenirs photographiques de vacances qui m’intéressaient au plus haut point.

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août 15, 2008

Aller aux tripes (comme d’autres aux mirabelles*)

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C’est une tradition locale dont je ne sais pas si elle se rencontre ailleurs, mais à Céaucé (Orne), deux fois par an, le jour de la Saint-Ernier, célébré arbitrairement le deuxième dimanche d’août, et le dimanche de Pentecôte – soient les deux jours de fêtes au village- les réjouissances commencent par le petit déjeuner aux tripes servi à 9 heures dans les cafés du bourg. Des cafés, il y en a eu pas loin d’une dizaine, il en reste trois (dont un tenu par des sujets de sa Grâcieuse Majesté)  qui s’appellent La Victoire, Le Marché et Le Relais de l’Etape – une appellation que j’ai toujours trouvée redondante.

Donc dimanche 10 août à 9 heures, on verra converger de toutes parts vers les troquets des grappes de bonshommes allant ensemble aux tripes. La pratique n’est pas très féminisée, bien que rien ne s’y oppose et qu’on puisse toujours se faire servir un bifteak comme alternative – donc aller aux tripes sans manger de tripes, mais “le charme n’est pas le même” dixit les amateurs. Personnellement, si à midi je n’ai rien, par principe, contre les abats (encore que certaines cervelles crues…), au saut du lit j’aime mieux plus léger.

Quand il séjournait là-bas ces jours de fêtes, Amand Sonnet ne manquait pas de sacrifier à la coutume de la portion de tripes au matin, complétée d’un huitième de camembert, d’un fruit au choix et d’une bouteille de muscadet, à moins que l’on préfère du rouge. Il s’y rendait avec voisins, amis et éventuellement un gendre téméraire de l’estomac, ou deux**, de quoi composer une sympathique tablée – mais de toutes façons aux tripes, toutes les tablées parlent ensemble. Les hommes qui vont aux tripes ne font pas grand chose d’autre de la journée, c’est assez fatigant.

Après la mort du forgeron, donc depuis 1986, les gendres, accompagnés éventuellement de quelques petits-fils ont, le plus souvent pour la Saint-Ernier, maintenu la tradition, pour 10 euros, café compris en 2007. Mais cette année, le coeur n’y est pas trop, aucun n’a vraiment envie et j’ai bien peur même d’être la seule partante pour le feu d’artifice du soir, au plan d’eau, quand la nuit sera tombée. Moi j’aime bien les feux d’artifice, c’est comme ça, même si les fistons ont passé l’âge de parader portant lampions dans la retraite aux flambeaux.

* on ne peut pas faire de liens dans les titres, donc je place en note de bas de page celui qui se cacherait derrière les mirabelles.

** puisque j’ai commencé les notes en bas de page, je continue : je ne crois pas que mon frère soit amateur de tripes, mais je vérifierai (et corrigerai éventuellement) lundi quand je le verrai.

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août 7, 2008

Pendant l’été, la maison reste ouverte

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L’employée aux écritures se souvient des temps, pas si lointains, où elle était seulement lectrice de blogs et de son dépit quand l’août venu, les rideaux se baissaient les uns après les autres.

J’ai donc décidé de ne pas fermer ma petite surface toute neuve cette année, au risque de devenir un peu plus sporadique, ralentie dans mes élans créatifs par le débit réduit à un mince filet de 56 K le temps passé dans la campagne normande (qui m’a vue naître et la quitter six mois plus tard).

Comme juillet a été le troisième mois complet d’existence de ce blog et du site qui l’accompagne, j’ai regardé d’un peu près les statistiques de sa fréquentation et constaté avec satisfaction que le nombre moyen de visiteurs par jour était passé de 105 en mai à 118 en juin pour culminer à 148 en juillet. Je ne pavoise pas pour autant, bien consciente qu’un certain nombre d’entre eux, dévoyés par le manque de jugeote des moteurs de recherche, se trompent de porte. Je le disais encore justement l’autre jour.

Mais ça me fait quand même plaisir, surtout quand on vient depuis la Nouvelle-Calédonie ou les Seychelles, qui ne sont pas desservies par la gare Montparnasse et ont donc peu de chances de me voir, moi, venir à elles. Merci à tous. 

Ce que je souhaiterais améliorer, mais il me faudrait plus de temps à consacrer au site, c’est le nombre de pages vues, je trouve le rapport visites/pages visitées un peu faiblard. J’ai déjà tenté de fluidifier la circulation entre les pages du site, mais c’est encore insuffisant et j’essaierai de faire mieux.

Pour la rentrée, je mûris aussi un projet de feuilleton du samedi, mais c’est une surprise et je ne sais même pas si ce sera prêt compte tenu du fait que les jours ont beau passer, je suis toujours dans le ficelage du rapport quadriennal du labo qui pérégrine avec moi.

(J’ai tenté d’inclure ici la photo des deux arbres du jardin entre lesquels le hamac aurait été trempé comme une soupe aujourd’hui vu qu’il a plu toute la journée, mais coup bas du bas débit, c’est un échec : on peut toujours imaginer.)

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août 3, 2008

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