L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Archives for par monts et par vaux

100 ans et une semaine en Bretagne

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La semaine dernière mon père Amand Charles Sonnet né le 13 avril 1911 dans la ferme de la Broutière, au bord de la Varenne, sur la commune de Céaucé dans l’Orne, aurait eu 100 ans. Un siècle qu’il n’a vécu qu’aux trois-quarts et dont je n’ai partagé que 30 années avec lui.

Le jour du centenaire virtuel du forgeron normand, je me trouvais justement à parler de lui à des apprentis horticulteurs du CFA d’Hennebont dans le Morbihan, haut-lieu métallurgique puisque les forges d’Hennebont (implantées sur la commune limitrophe d’Inzinzac-Lochrist) ont produit pendant plus d’un siècle notamment du fer blanc, de celui dont les conserveries locales de poissons étaient grandes consommatrices.

Mais la production de boîtes en fer des forges d’Hennebont s’est aussi diversifiée, du fait que celles-ci abritaient également la première imprimerie sur métal française. Les dessinateurs des forges créaient donc aussi bien les motifs appelés à décorer des boîtes destinées aux sardines locales que ceux des boîtes commandées par les confiseurs nancéens pour leurs bergamottes.

Je passais ma deuxième semaine à Hennebont, après celle de janvier, à l’invitation de la ville, de la médiathèque, de la DRAC, de l’écomusée des anciennes forges, et de l’EPLEFPA St-Jean-Brévelay/Hennebont. Merci aux équipes enseignantes mobilisées, aux personnels de l’Ecomusée et de la médiathèque pour leur accueil, à Pascale libraire venue de Lorient et, bien sûr, à Bernard Molins, initiateur et maître d’oeuvre du projet hennebontais inscrit dans un ensemble plus largement breton.

En janvier, j’avais passé tout mon temps dans deux établissements publics d’enseignement horticole, avec de futures fleuristes et des apprentis en travaux paysagers dont j’ai la grande tristesse d’apprendre que l’un d’eux, Kevin, participant à l’atelier d’écriture qui nous avait réunis, a depuis perdu la vie dans un accident de la route.

Cette semaine d’avril, je l’ai pour partie consacrée à l’Ecomusée des anciennes forges, où, après une rencontre le jour de mon arrivée avec d’anciens travailleurs et enfants de travailleurs des forges, j’ai pu  au cours de la semaine, revenir travailler sur le registre du personnel conservé par le musée.

Magnifique registre comme j’en ai rarement vus, moi pourtant familière du vieux papier. Celui là a été fabriqué à Nantes, par les frères Guéneux, imprimeurs papetiers spécialistes en fournitures de bureau. J’en ai soigneusement recopié la liste des ouvrières et tout ce qui les concernait, avec l’intention d’écrire d’une part (en historienne) sur la main d’oeuvre féminine des forges, d’autre part (en non-historienne) sur le registre lui même (ou plus exactement à propos du registre, sur je ne me le permettrais pas !), extraordinaire support d’écritures passé en plusieurs mains.

Quand je n’étais pas à l’Ecomusée d’Inzinzac-Lochrist, on me trouvait à la médiathèque Eugène Guillevic d’Hennebont, où avaient lieu des rencontres avec classes de bac pro horticoles et de collégiens, à propos du monde ouvrier et d’Atelier 62, et une dernière, publique, vendredi soir au cours de laquelle étaient évoqués à la fois Atelier 62 et Montparnasse monde. Occasion rêvée pour parler d’écritures au pluriel.

avr 17, 2011

Archéologie aquatique industrielle et commerciale

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Dans Lochrist, la cheminée des anciennes forges est omniprésente

jusqu’au creux des eaux du Blavet

cheminée de briques

alors je pense à Lucien Suel et à son livre briqué

(j’y pense d’autant plus que, comme lui à Fives, ici je réside mais plus brièvement)

de briques aussi à Lochrist les murs du Shopi

majestueux Shopi.

Si vous passez par là, rendez-vous vendredi soir 15 avril à la médiathèque Eugène Guillevic d’Hennebont qui m’accueille pour une rencontre, à 20 heures,  autour des livres Atelier 62 et Montparnasse monde.

avr 12, 2011

Chez mélico, pour finir, je m’endors chambre 62

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Voilà, nous y sommes, en juin sixième et dernière livraison de mes Notes de voyages avec livre sur le site mélico (pour MEmoire de la LIbrairie COntemporaine, je rappelle).

Il y a eu en janvier des départs, en février des villes, en mars des hôtels, en avril des rencontres, en mai des retours et pour finir cette petite fantaisie chambre 62 qui nous ramène donc dans un hôtel.

C’est dans la ville où se trouvait cet hôtel un peu étrange qu’on pouvait voir, sur le chemin de la gare au centre, la vitrine aux trois robes entre lesquelles j’aurais été bien en peine d’en choisir une. C’est dans cette ville aussi que le chef de gare n’aimait pas que l’on photographie sa gare.

Toutes les notes de voyages avec livre ont été écrites dans des trains, des TGV le plus souvent, et leur écriture, comme toutes les images saisies, faisait partie du voyage dès lors que le projet a été arrêté il y a un an.

Un très grand merci à l’équipe de mélico pour les six mois d’accueil et les mises en pages/mises en ligne des quatre premiers textes sous formes de livrets calaméo, des deux derniers qui ne fonctionnaient pas sur le même rapport textes/images directement sur le blog création contemporaine du site, sur lequel on suit aussi les séries Oloé d’Anne Savelli et C’est en lisant qu’on devient liseron de Pierre Ménard.

(Je poste ce billet qui est prêt depuis quelques jours pour rassurer les fidèles qui s’inquiètent de mon long arrêt à la 200e station, mais il reste des petites scories à enlever sur le texte mélico, j’espère qu’elles partiront très vite)

juin 18, 2010

Dublin, Dubliners, Dublinesca

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Découvrir Dublin, ce sera pour une autre fois (c’est convenu – consolation), ainsi en ont décidé les cendres…

Préparation pourtant soignée, avec Christine Weld et Fabrice Rozié, et je me réjouissais de parler et entendre parler là-bas de villes et de littérature, puisque la ville était le thème de ce 11e  festival franco-irlandais.

J’aurais parlé de tout ce que je lis de l’histoire et de l’invention littéraire de Paris sur les façades de ses maisons quand je marche quotidiennement dans la ville, de tous ces écrivains qui collent à mes basques.

Je me réjouissais aussi d’avoir l’occasion de tracer en lecture un parcours de découverte dans le cher Montparnasse monde et d’en montrer des images.

Et puis, de vive voix, j’aurais dit à Enrique Vila-Matas l’heureux moment passé à lire son récent Dublinesca, fourmillant de réflexions aussi réjouissantes et référencées que  le “Avoir une mère et ne pas savoir de quoi parler avec elle !” de la page 150 emprunté à la plume de l’écrivain tchèque (qui gagne à être connu) Vilém Vok. Un écrivain publié par le héros du roman, éditeur au catalogue estimé mais à la maison périclitée.

Toujours dans les parages, Joyce et Beckett, bien sûr, puisque la grande affaire c’est d’aller à Dublin LE jour où il faut aller à Dublin, mais jamais très loin non plus, parmi beaucoup d’autres, Paul Auster ou Edward Hopper (et Hammershoi aussi). Les villes autour de l’éditeur Riba grouillent de génies en tous genres, tandis que ses démons à lui le rongent de l’intérieur – sans parler du harcèlement exercé par son épouse et ses vieux parents, des gens qui “s’aiment depuis toujours, voilà précisément pourquoi ils se haïssent”.

Entre Barcelone, qu’habite le héros, Dublin, New York, Londres et Paris, les fils d’écriture se croisent et se recroisent jusqu’à tisser une toile qui n’attend plus qu’un bon moteur de recherche… Parce que l’éditeur retiré des affaires est devenu un peu hikikomori sur les bords.

Dublinesca n’a fait que croître et embellir mon envie d’aller à Dublin, mais au terme d’une journée passée à scruter le nuage, j’ai fini par me résoudre ce soir à défaire mon bagage et ranger ma tenue de voyage.

avr 16, 2010

Chez mélico, en avril, on fait des rencontres

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En résidence virtuelle sur le site mélico de janvier à juin 2010 avec mes Notes de voyages avec livre, ce mois-ci on en est à 4. des rencontres.

C’est la suite logique, après 1. des départs, 2. des villes, 3. des hôtels (et avant 5. des retours).

Le tout, c’est l’histoire des voyages faits en 2008 et 2009, toujours avec Atelier 62 dans mon sac, pour aller en parler, en particulier dans des librairies, des bibliothèques ou des entreprises. La vie qu’on mène dans ces moments-là.

A nouveau un grand merci à toute l’équipe de mélico pour leur accueil et leur travail de mise en forme sur mes textes et photos (ça paye moins de mine quand je leur envoie !) et pour la mise en ligne.

avr 12, 2010

Très grande vitesse d’une gare

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Il ne sera pas dit que

L’employée aux écritures

n’aime qu’une gare ou deux

parce que ce matin j’ai aimé beaucoup celle d’Avignon TGV

dehors, dedans, la vitesse très grande déjà si sensible en ses murs

et le paysage autour

mar 13, 2010

Chez mélico, je dors à l’hôtel

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Suite de la mise en ligne de mes Notes de voyages avec livre en rubrique création contemporaine chez mélico.

Après 1. des départs, 2. des villes, nous en sommes à 3. des hôtels.

Le mois prochain nous en arriverons à 4. des rencontres, parce que tous ces voyages, avec procuration des 1200 forgerons de l’Atelier 62 de Billancourt, c’était autant de rencontres autour du livre.

Et justement, demain, je remets mon sac sur mon dos et repars rencontrer de jeunes lectrices et lecteurs (et d’autres peut-être moins jeunes aussi), à Aix-en-Provence et à Avignon. Et je dormirai à l’hôtel.

mar 10, 2010

Chez mélico, récapitulons : 2. des villes

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Dans la rubrique création contemporaine du site mélico (qui veut dire Mémoire de la librairie contemporaine), mise en ligne de la suite de mes Notes de voyages avec livre.

Cette fois, après les départs du mois dernier, on arrive dans les villes. Comment en aborder 36 avec un livre (toujours le même) dont on vient parler dans son sac, quand on n’est pas franchement une globe-trotteuse … (et puisque ça m’y fait penser : les Les globe-trotters du dimanche soir sur la première chaîne quand la télé est arrivée chez nous – voir Atelier 62 p. 81 de l’édition de poche pour en savoir plus sur l’arrivée de la télé chez nous et sur quoi on la pose – j’en garde un bon souvenir, lointain, mais bon – le charme des acteurs ?)

Merci à toute l’équipe mélico pour l’accueil et je me réjouis de voisiner là bas avec Anne Savelli et ses Oloé.

fév 11, 2010

Naples, aperçu images et son

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Je ne connaissais pas Naples avant d’y être invitée la semaine dernière à parler de l’éducation musicale des filles au XVIIIe siècle au Congresso della Società Italiana delle Storiche, dans une session particulièrement sympathique et féconde, mêlant musiciennes, musicologues et historiennes, organisée par Caroline Giron-Panel.

Sortie  de nos travaux académiques abrités par l’università degli Studi di Napoli Federico II j’ai aimé me mêler au grand fouillis bruyant de la ville, bien plus étendue que je ne l’imaginais et régulièrement arrosée d’averses drues dont les premières gouttes faisaient aussitôt surgir sur tous les trottoirs leur nuée de vendeurs de parapluies.

Loger à la foresteria du Centre Jean Bérard, on ne saurait plus au coeur de la vieille ville, vico S. Maria Ad Agnone, débouchant dans la via dei Tribunali, c’était éprouver la ville dans toutes ses géométries improbables. Ville à fascination agissante aussi irrésistible sur moi que celle de Venise.

Une introduction fortuite, mais évidente à sa façon, à la rencontre de l’oeuvre de William Kentridge Streets of the city, mêlant “tapisseries cartographiques”, collages et bronzes, dans son exposition au Musée de Capodimonte quand je me fixais sur ces hauteurs un rendez-vous plutôt caravagesque.

Redescendant du musée par le bus R4 sous la pluie battante et dans l’embouteillage du samedi après-midi via Toledo, à hauteur de la Piazza Dante, j’ai activé l’enregistreur du iphone et saisi quelques voix (et klaxons et tambourinement des gouttes) de Naples.

Naples.m4a

Et quittant dimanche matin la foresteria pour rejoindre l’aéroport, j’ai compris découvrant ce squelette à ma porte, la cause de la gigantesque pétarade, amplifiée par l’étroitesse du vico, entendue tard la veille au soir et dont j’avais préféré ne pas m’aventurer au dehors pour en identifier l’origine…

Merci à PCH qui m’a envoyé le lien vers le Naples d’Ernest Pignon Ernest.

fév 1, 2010

“Notes de voyages avec livre” 1ère livraison chez mélico

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De janvier à juin 2010, chaque mois, vers le 10, je posterai une de mes Notes de voyages avec livre chez mélico (un acronyme qui veut dire mémoire de la librairie contemporaine), rubrique “Création contemporaine“, où je serai accueillie ainsi en résidence virtuelle, au côté d’Anne Savelli qui, elle, continue à poster ses Oloé.

J’avais carte banche, le tout étant qu’il soit, d’une façon ou d’une autre, question dans mes textes de livres, ou de lectures, ou de lecteurs, ou de bibliothèques, ou de libraires… J’ai mélangé le tout et choisi de revenir sur tous ces déplacements pour des rencontres autour de mon livre Atelier 62 sorti en librairie il y a pile deux ans aujourd’hui, et ma manière de les vivre. Ces rencontres que j’annonçais sur mon site, quand elles étaient tout public, et sur lesquelles je revenais parfois sur le blog.

Je ne m’attendais pas du tout à toutes ces invitations : quand un manuscrit essuie 18 refus avant de trouver son éditeur, on n’imagine pas que le livre rencontrera autant d’écho… J’ai vécu tous ces voyages avec beaucoup d’émotion, tant par leur étrangeté à l’aune de ma routine casanière, que par la chaleur des réceptions qui nous étaient faites, au livre, à ceux dans le livre, et à moi.

A lire chez mélico aujourd’hui la première de ces Notes de voyages avec livre : “Des départs“.

Bon voyage ! (et un grand merci à l’équipe mélico pour la mise en forme soignée de mes textes et photos)

jan 10, 2010

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