L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Grande distribution

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Posted by ms on 10 septembre 2008 at 23:20

A traverser deux fois par jour successivement (mais pas dans le même ordre matin et soir) une gare et un supermarché qui lui sert de raccourci, L’employée aux écritures se demande ce qui est actuellement le plus immonde, de la foire aux livres dans la gare ou de la foire aux vins dans le supermarché.

Au moins, les livres qu’on préfère ne ni voir ni sentir se taisent et restent sur leurs tables de Relays qu’on peut encore contourner, tandis que les injonctions à déguster cassent les oreilles et se mettent en travers du chemin. Toutes les peines du monde hier soir à échapper au champagne, qu’on était en outre sommé de renifler pour voir comme “il sentait bon le beurre” (sic) avant d’en siroter trois gouttes.  J’ignorais que c’était une qualité du champagne de sentir le beurre et moi qui n’aime -malgré mes origines – pas plus le beurre que le lait ou la crème, rien de tel pour m’en dégoûter.

J’avais déjà pensé, en faisant quelques courses obligées samedi matin, que la grande distribution poussait le bouchon un peu loin. Constatant la présence de nombreux enfants escortant les chariots agglutinés aux caisses, et connaissant la propension de ce petit monde à faire monter le niveau de remplissage des dits chariots, j’étais allée jusqu’à me demander si les épiciers en gros, n’avaient pas un peu poussé à la roue de l’aberrante suppression de l’école le samedi matin. 

Parce que les instits, du moins ceux aux côtés de qui on a pu s’asseoir à la table de conseils d’écoles au cours desquels la question venait sur le tapis, avaient plutôt l’air d’y tenir. Avec pour arguments principaux que la classe du samedi matin était l’occasion du seul contact “physique” de nombreux parents avec l’école, en même temps qu’elle bénéficiait d’une disponibilité spécifique de l’attention des enfants, du fait qu’elle n’était engagée que sur la demi-journée.

Les parents amenaient leurs enfants, venaient les rechercher et entretemps allaient faire leurs courses au supermarché. Sans eux.

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5 Comments

  • On 11 septembre 2008 at 10:25 Dominique Hasselmann said

    La suppression du samedi matin à l’école est une mesure purement démagogique, qui casse les rythmes scolaires, et les contacts, effectivement, avec les enseignants.

    C’est un gage donné à ceux (les électeurs partisans du pouvoir actuel) qui peuvent partir en week-end le vendredi soir dans leur résidence secondaire ou prendre l’avion pour une petite escapade sans souci.

    Les autres ont l’hypermarché comme horizon à roulettes et dégusteront alors une goutte de champagne à 10 euros en achetant le dernier Amélie Nothomb (blues) !

  • On 11 septembre 2008 at 10:45 ms said

    et Dominique, ce matin-même, buté dans la pancarte informant que si on en prend pour 120 euros, de vins et champagnes, Cofinoga nous fait des conditions ; c’est donc surendettés et cirrhotiques qu’ils nous veulent !

  • On 11 septembre 2008 at 14:14 PdB said

    Tiens, je ne savais pas qu’il y avait un passage de la rue de l’arrivée vers Edgar Quinet par l’ex inno (c’est ça au fait ?)… Je me suis d’ailleurs découvert une sorte de tendresse pour les passages traversant (pas tant ceux de Walter Benjamin, ça va comme ça mais j’aime bien, mais ceux qui, par exemple relient la rue du Roi de Sicile à la rue de Rivoli, ou le boulevard des filles du Calvaire ou Beaumarchais à ces rues parallèles Amelot et Tournelles et autres aussi, ou du boulevard Saiont Martin à la rue Meslay : ils sont, plus ou moins, privés mais ont quelque chose comme du charme – pas certain de celui du supermarché (il y a un supermarché qui fait aussi “la passe” entre l’avenue Ledru Rollin et la rue Godegfroy Cavaignac (général de sinistre mémoire, et d’ailleurs il y a là le centre des impôts…) et je crois bien aussi un autre entre la rue Picpus et l’avenue Daumesnil – où vous fûtes, il y a quelques mois…

  • On 11 septembre 2008 at 20:38 Phileon92 said

    Bonsoir,

    Et oui… l’ex-INNO, plutôt populaire et assez désuet, devenu un MONOPRIX (MONOP’ pour les intimes ! ) pour bobos friqués !

  • On 11 septembre 2008 at 21:04 ms said

    oui c’est bien par là que je passe (avec assez souvent arrêt à la cafét), clientèle relativement composite, selon les créneaux horaires, très urbaine et DINK (double income no kids) juste avant la fermeture, plus ménagère le matin, bosseuse du quartier le midi et de passagers et étrangers un peu tout le temps. Pratique avant de prendre le train
    Inno était l’abréviation de Innovation si je me souviens bien, Monop’ est plus tendance, mais le paradis des bobos reste sur la même rive “La Grande épicerie” du Bon Marché (qui ne manque pas de charmes il faut bien le dire)

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