L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

RSS Feed

"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Des centrales, en littérature et en photographie

Comments Off
Posted by ms on 19 janvier 2010 at 23:22

L’employée aux écritures voit des centrales nucléaires partout.

D’abord il y a La centrale, celle d’Elisabeth Filhol (chez P.O.L.), à lire pour se glisser dans leurs enceintes interdites avec les équipes itinérantes de travailleurs intérimaires qui interviennent pour la maintenance des réacteurs pendant les arrêts de production. Bossent jusqu’à avoir leur dose. S’arrêtent. Roulent et vont s’embaucher dans une autre. 19 centrales, 19 stations possibles, distances à la ville toujours maintenues. Des hommes qui partagent voitures pour les trajets et caravanes fixes sur des campings pour se loger, comme rouler, plus économiquement, sinon à quoi bon ? Dans le roman d’Elisabeth Filhol il y a les centrales, le travail, les hommes, et tout est également important et justement posé et exposé par l’écriture.

Et puis il y a les centrales dans les paysages, photographiées par Jürgen Nefzger, qu’on a pu voir sur Arte dans le dernier numéro de Metropolis. La série s’appelle Fluffy Clouds, et est exposée à Toulouse au  Château d’eau jusqu’au 7 février. Quand on vient de lire celle d’Elisabeth Filhol, on réagit forcément à ces images étonnantes, grand angle, souvent avec personnages comme si de rien n’était – l’étonnant pêcheur à la ligne au repos dans son transat !. Seulement quoi qu’il se passe au premier plan, à l’arrière toujours des tours et des fumées. Une constante photographique (on pense, parce qu’on l’aime, mais c’est très différent comme regard, au beau travail des Becher, bien sûr).

Enfin qui dit constance + centrale, appelle Philippe de Jonckheere qui note semaine après semaine, en allant au travail en train de Paris à Clermont-Ferrand, ses pensées au moment où son téoz passe au droit de la centrale de Neuvy-sur-Loire qu’il prend alors systématiquement en photo, sauf incident qui l’en détourne, comme trop de fatigue parfois. C’est à lire (avec milles autre choses graves, tendres, et parfois colères) dans le bloc-notes de son Désordre. Mais pour en rattraper 424 pages d’un coup, si on ne le suit pas, c’est plus pratique de passer par publie.net – parce que son Désordre, on s’y perd et tant mieux, c’est fait pour.

Et quand on est fidèle au bloc-notes et qu’on se retrouve dans un TGV qui longe au loin une centrale, c’est plus fort que soi…

Filed under coin lecture
Both comments and pings are currently closed.

4 Comments

  • On 20 janvier 2010 at 4:31 pv said

    Bonjour chère employée,
    je me permets aussi de signaler la centrale du photographe JF Devillers, une certaine Tchernobyl :
    http://www.jf-devillers.com/tcherno/index.html

  • On 20 janvier 2010 at 12:56 ms said

    Merci Pierre pour ce complément, la centrale et autour, après…

  • On 20 janvier 2010 at 16:24 jérôme W said

    A propos des centrales et leur quotidienneté, une amie originaire de Dieppe me raconté le caractère perturbateur de ces objets. Elle, sa famille, ses amis ont toujours fait des rêves à répétition lié à la centrale. A la vision des photographies de Jürgen Nefzger, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à elle et à tout ces “personnages” qui peuple les alentours.

    Une autre pensée va pour Philippe Fernandez et son film : Léger tremblement du paysage. http://philfern.free.fr/Leger_tremblement_du_paysage.htm

  • On 20 janvier 2010 at 23:28 PdB said

    je vais le lire, ce livre, Employée, merci du conseil et j’espère qu’il va me plaire (entre l’amiante, les “travailler plus pour gagner moins”, les TMS des caissières et les management par le stress, pardon “par objectifs”, le monde que nous avons quand même contribué à mettre sur pied ne donne qu’une envie : s’en échapper… brrr)

Rubriques du blog

Recherche

Archives du blog depuis avril 2008

Sur Twitter

tous textes et photos copyright Martine Sonnet, sauf mention spéciale