L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Maisonnées 1911 : à La Chatonnière

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Posted by ms on 21 avril 2017 at 17:03

Les recenseurs de 1911 ont commencé par visiter les maisons du bourg et puis s’en sont allés battre la campagne ; la commune est vaste. Le mont Margantin, 262 mètre d’altitude, correspond à la section C de leur découpage qui va de A – le bourg – à L. Le village de la Chatonnière, proche du sommet du mont, où vivent mes grands-parents maternels s’atteint par une chalière, partant de la route dite de Montgaucher, elle même s’embranchant sur l’axe Domfront-Céaucé.

A la Chatonnière où j’ai connu trois maisons habitées (dont deux mitoyennes, même corps de bâtiment coupé en deux) les recenseurs n’en comptabilisent alors que deux : la n°323 du ménage n°336 des Morin – c’est à dire nous – et la n°324 du ménage n°337. Germaine Louise Désirée, ma mère, ne naîtra là qu’en février 1913 mais la maisonnée Morin est déjà bien peuplée en 1911 ; tellement de monde que le plus simple c’est encore d’en passer par un tableau. Je reprends les colonnes du bordereau pré-imprimé : n° des individus, nom de famille, prénom, année de naissance, lieu de naissance, nationalité, situation par rapport au chef de ménage, profession, et une dernière colonne qui, elle, ne concerne pas tout le monde mais Pour les patrons, chefs d’entreprise, ouvriers à domicile : écrire Patron ; Pour les employés ou ouvriers indiquer le nom du patron ou de l’entreprise qui les emploie.

1 Morin Auguste 1872 Céaucé Fr Chef Cultivateur propriétaire Patron
2 Friloux Marie 1885 femme néant
3 Morin Maria 1906 fille
4 Morin Maurice 1907 fils
5 Morin Auguste 1910
7 Colin Anne 1850 mère
8 Leray Eugène 1893 Avrilly domestique Morin
9 Casse Pierre 1900 Paris nourrisson néant

De toute cette maisonnée je n’ai connu que mon oncle Maurice, pas Maria qui meurt encore dans l’enfance en 1917 ni Auguste qui meurt je ne sais quand ; quant à leur soeur Léa, née en 1911, que je n’ai pas connue non plus, pourquoi n’est elle pas là ? Une négligence des agents recenseurs ? Mais au Pont Perrin, François qui n’a qu’un an est bien inscrit sur le bordereau. La famille compte donc déjà, selon moi, quatre enfants et cinq sont encore à naître : Germaine et Madeleine chez les filles, André, Prudent et Constant chez les garçons.

A la Chatonnière, mon arrière-grand-mère Anne Colin cohabite avec le ménage de son fils Auguste. Si sa santé le lui permet elle doit bien donner un coup de main à sa belle-fille qui ne manque pas d’ouvrage avec la ferme et déjà quatre enfants en bas âge. Dans la deuxième maison visitée, sans doute la deuxième moitié de la bâtisse (n°324, ménage 337) vivent aussi des Colin : François Colin né en 1852 à Céaucé chef de famille cultivateur fermier patron et Sidonie Seigneur née en 1848 à Saint-Fraimbault son épouse. Parenté entre les deux ménages sans doute, mais pas si évidente à établir, je creuserai la question plus tard, en toute première instance je me heurte à un excès de “François Colin” dans les registres d’Etat civil.

Ce que je tente d’éclaircir dès maintenant, c’est l’identité du “nourrisson” Pierre Casse – 11 ans tout de même, voire 12 parce que de Pierre Casse né en 1900 à Paris, je suis formelle (après avoir défilé deux fois les tables décennales des naissances des vingt arrondissements parisiens) : il n’y en a pas, le seul rencontré est né en 1899. Et je ne voudrais pas trop m’avancer mais je pense que c’est bien de lui qu’il s’agit. Deux indices : enfant d’une fille-mère (comme Paul Dumas au Pont Perrin) et une suite de parcours de vie resté normand.

J’incline donc à penser que Pierre Casse serait Pierre Marius Casse né le 15 août 1899 à Paris 6e arrondissement, 89 rue d’Assas, c’est à dire à l’hôpital Tarnier, fils de Fanny Casse, 25 ans, couturière, domiciliée 13 rue Breda (de nos jours rue Henri-Monnier), dans le 9e, et de père non dénommé. Ce qu’ajoutent à notre connaissance les mentions marginales : reconnu à la mairie du 9e le 28 août 1899 (j’ai vu l’acte : uniquement par sa mère), marié à Villiers le Sec (Calvados) le 15 octobre 1927 avec Louise Fernande Resina Sevestre (dont il divorce le 27 juin 1957) à Caen, ville où il décède le 1er décembre 1975.

Mais alors, d’où vient l’erreur sur l’année de naissance du petit Parisien placé à la campagne ? Quant au qualificatif de “nourrisson”, le désignant certes comme extérieur à la famille, il étonne un peu pour un enfant “déjà grandet” aurait dit ma mère (dont je n’ai pas souvenir qu’elle ait jamais évoqué la présence d’enfants mis en nourrice chez ses parents à la Chatonnière).

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