A votre droite, sens de la marche quittant Paris, un arbre s’inscrit si parfaitement dans une encoche faite aux immeubles qu’on en arriverait presque à croire que le maître d’oeuvre a élevé son bâtis autour de lui déjà là. Respectueux pour son antériorité dans le Montparnasse monde et prévoyant pour l’expansion encore à venir de sa ramure. L’ensemble immobilier, on l’imagine plutôt locatif – est-ce qu’on achèterait si près des voies ? – et plutôt social – la si grande proximité des rails minore sans doute le prix du loyer au m2 et peut-être la convoitise des bailleurs privés. J’imagine la frustration qui serait la mienne si je me trouvais, habitant là, à occuper l’un de ces deux ou trois appartements dont la vue sur les voies est occultée à la belle saison par les feuilles de l’arbre, quand les bourgeons ont livré tous leurs possibles. Mon intranquillité à l’approche de chaque printemps avec l’espoir anxieux que celui-ci sera tardif et mon soulagement à l’approche de l’automne.

Que l’on prenne la peine de soulever la gare et de la déplacer jusqu’à pouvoir la déposer sur un sol horizontal et le caractère bancal de l’édifice sautera aux yeux. Pas besoin de s’encombrer d’un niveau à bulle pour le confirmer. Elle penchera, prête à tomber, et de plusieurs côtés à la fois, un peu à la façon d’une toupie instable. Les chances que l’expérience se réalise in vivo restent des plus ténues alors pour prendre toute la mesure du différentiel des dénivelés, entre accès latéraux Mouchotte et Vaugirard d’une part, ras de parvis et rez de Jardin Atlantique d’autre part, je compte des marches d’escaliers à l’ancienne ; le nombre de celles des escalators ne prouvera jamais rien. Donc, pour accéder latéralement au niveau quais selon que l’on pratique le côté Vaugirard ou le côté Mouchotte, 15 ou 36 marches sont à gravir ; quant au Jardin Atlantique auquel on accède sans effort, de plein pied, par la place des Cinq martyrs du lycée buffon et l’allée de la Deuxième D.B., le rejoindre depuis le parvis contraint à grimper les 40 marches qui mènent au niveau quais, puis les 65 de l’escalier qui le dessert partant de là. C’est dire si la gare déplacée du mont Parnasse à la plaine des Sablons aurait l’air de guingois. Mais inutile de rêver : je ne redresserai jamais la situation à moi toute seule.









