L'employée aux écritures

le blog de Martine Sonnet – ISSN : 2267-8735

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"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?" Henri Michaux

Habiter Paris (aperçus 17)

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Posted by ms on 16 mars 2020 at 18:49

Si vous découvrez la série Habiter Paris (aperçus), et souhaitez l’explorer, rien de plus simple, il suffit de reculer d’une case et ainsi de suite.

(Comme une édition spéciale avant confinement : un dernier petit tour de pâté de maison et pour s’en souvenir)

Dans la capitale, je dispose enfin d’un pâté de maison dont je peux faire le tour si cela me chante. Quand j’habitais en cul de sac au bout de l’allée, le pâté ne risquait pas de tourner rond. A mon adresse antépénultième, moins enclavée, le pâté était triangulaire à angle très aigu, ce qui ne faisait pas vraiment l’affaire non plus. Couper la pointe en traversant la station service ne résolvait pas la question, rien d’agréable à slalomer entre voitures en attente de la station de lavage et voitures en attente d’une pompe libre, sans compter le risque d’hydrocarbure renversé au sol par un maladroit. Via la station service le triangle ne devenait jamais qu’un trapèze encore trop pointu (et de trapèze je ne connais que celui de Billancourt) et le tour était fait en moins de cinq minutes. Mon pâté de maison parisien, enfin digne de ce nom, se prête merveilleusement à être entouré, cerné par mes pas, bordé, le soir de préférence. Franchir le porche de l’immeuble, tourner à gauche – je ne le pratique que dans le sens contraire des aiguilles d’une montre : la légère déclivité du boulevard dans cette direction m’y invite – , puis tourner encore à gauche à la première occasion, puis tourner de nouveau à gauche à la prochaine première occasion et tourner enfin une dernière fois à gauche à l’ultime première occasion, et se retrouver à son point de départ devant le porche de l’immeuble sans avoir traversé une seule chaussée. Un tour rectangulaire, net et sans bavures, offrant quatre haltes intéressante, une par côté. Passé rapidement, puisque la pente vous pousse, l’enclave militaire et ses barbelés (qui s’y frotterait s’y piquerait salement), premier arrêt à la brocante qui offre toujours de quoi surprendre le regard, en vitrine, ou directement sur le trottoir, ma préférence allant aux rangées de sièges de cinéma, qui en ont déjà beaucoup vu, ou de boeings, usés de trop d’heures de vols, régulièrement mis en vente. Suivent trois pauses lèche-vitrine d’agences immobilières, l’état du marché parisien, locatif comme à le vente, demeurant l’une de mes préoccupations constantes.

Chose vue aussi dans la vitrine de la brocante
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