Je ne connaissais pas Naples avant d’y être invitée la semaine dernière à parler de l’éducation musicale des filles au XVIIIe siècle au Congresso della Società Italiana delle Storiche, dans une session particulièrement sympathique et féconde, mêlant musiciennes, musicologues et historiennes, organisée par Caroline Giron-Panel.
Sortie de nos travaux académiques abrités par l’università degli Studi di Napoli Federico II j’ai aimé me mêler au grand fouillis bruyant de la ville, bien plus étendue que je ne l’imaginais et régulièrement arrosée d’averses drues dont les premières gouttes faisaient aussitôt surgir sur tous les trottoirs leur nuée de vendeurs de parapluies.

Loger à la foresteria du Centre Jean Bérard, on ne saurait plus au coeur de la vieille ville, vico S. Maria Ad Agnone, débouchant dans la via dei Tribunali, c’était éprouver la ville dans toutes ses géométries improbables. Ville à fascination agissante aussi irrésistible sur moi que celle de Venise.

Une introduction fortuite, mais évidente à sa façon, à la rencontre de l’oeuvre de William Kentridge Streets of the city, mêlant “tapisseries cartographiques”, collages et bronzes, dans son exposition au Musée de Capodimonte quand je me fixais sur ces hauteurs un rendez-vous plutôt caravagesque.

Redescendant du musée par le bus R4 sous la pluie battante et dans l’embouteillage du samedi après-midi via Toledo, à hauteur de la Piazza Dante, j’ai activé l’enregistreur du iphone et saisi quelques voix (et klaxons et tambourinement des gouttes) de Naples.
Et quittant dimanche matin la foresteria pour rejoindre l’aéroport, j’ai compris découvrant ce squelette à ma porte, la cause de la gigantesque pétarade, amplifiée par l’étroitesse du vico, entendue tard la veille au soir et dont j’avais préféré ne pas m’aventurer au dehors pour en identifier l’origine…

Merci à PCH qui m’a envoyé le lien vers le Naples d’Ernest Pignon Ernest.
