En juin, l’employée aux écritures aime beaucoup respirer le parfum des tilleuls en fleur, le soir, en traversant la place du marché, ou encore être invitée à dîner dans des jardins de banlieue, autour de maisons en meulière, avec cerisiers qu’il n’y a qu’à tendre le bras, et y rester jusqu’à la nuit noire et fraîche.
En juin, l’employée aux écritures aime moins remplir son dossier annuel d’activités (DAA), même si le formulaire est de mieux en mieux préparé : il est passé de 5 pages en juin 2007 à 12 en juin 2008, et ses rédacteurs ne sont pas avares de consignes à suivre pour aider à le remplir.
Néanmoins, l’exercice consistant à faire rentrer dans les cases toutes ses activités de l’année écoulée et ses aspirations profondes pour celle à venir, relève toujours un peu de l’art de la contorsionniste. Cette année, malgré sa grande souplesse naturelle et même si on lui tient si bien la main, l’employée aux écritures trouve que ça craque un peu par tous les bouts.
Pas sûr, d’ailleurs, que la multiplication des cases à l’infini aurait raison de tous ses faits et gestes.
